‹ Grenoble & VienneChapitre 19 sur 26 · CHAPITRE V · texte numérisé non relu

CHAPITRE V

DU XVII- SIÈCLE JUSau;A NOS JOURS

Reliquaires de Saint-Antoine. — Portail de TAmbulance. — Tombeau des Archevêques de Vienne, Armand de Montmorin et Oswald de la Tour d'Auvergne.

L'indépendance de la ville de Vienne sous le gouvernement de ses archevêques avait été une des principales raisons de sa prospérité pendant tout le cours du moyen âge. Le traité de 1449 qui partagea la juridiction et les droits royaux sur Vienne entre Tarchevêque et le dauphin Louis marqua le commencement d'une déchéance qui' se poursuivit jusqu'au jour où les fonctionnaires royaux dépouillèrent les archevêques de toute participation effective au gouvernement et enlevèrent l'administration de la ville aux corps élus par la population.

Le XVI' siècle semble marquer le terme de l'activité artistique de la ville de Vienne. Les arts reçoivent le coup de grâce lors des guerres religieuses qui, à Vienne et à Saint- Antoine, furent aussi néfastes qu'à Grenoble.

A Saint-Antoine, où le Trésor de l'abbaye était d'une particulière richesse, ce fut une longue série de pillages. En 1562, le baron des Adrets s'empare de l'abbaye ; en 1567, c'est une dévastation plus complète encore et ce qui pouvait rester à détruire le fut en 1580, en 1586 et en 1590.

Au XYii**» siècle, pour réparer les pertes que le Trésor avait subies, on commença par faire une nouvelle Châsse pour le corps de saint Antoine. Ce très important spécimen de l'art dans la première moitié du xvii* siècle comprend, dans un ensemble Renaissance, au milieu de pilastres d'une architecture assez froide, une série de bas-reliefs représentant dix scènes de la vie du saint. Les bas-reliefs sont en argent repoussé et les parties architecturales en bois de poirier.

Pour compenser les pertes faites par leur abbaye, les Antonins obtinrent de Rome un grand nombre d'importantes reliques, et l'on fit pour les renfermer, vers la fin du siècle, de nombreMy. Reliquaires en argent et en

poirier noirci. De la même époque date un Ciboire en argent doré, qui est une des plus belles pièces d'orfèvrerie que l'on possède du style Louis XIV. Les dix Tapisseries qui représentent des scènes de la vie de saint Joseph, ont été commandées à Aubusson en 1623.

Il faut citer encore les stalles du chœur, sculptées par Hannard de Lyon, et le maître-autel, en marbre et en bronze doré, qui fut fait en 1667 par un artiste de la même ville, Jacques Mimerel.

Le XVIII' siècle, lui aussi, embellit l'Abbaye et y laissa dans les boiseries de la Sacristie (1754), un des plus beaux chefs-d'œuvre de la sculpture en bois. Toujours en Dauphiné on a admirablement sculpté le bois ; et si l'on réunit ces boiseries à celles du Palais de Justice de Grenoble on aura, ce que l'on trouverait difficilement ailleurs, trois œuvres splendides du xvi% du xvii° et du xviir siècle.

A Vienne les œuvres d'art postérieures au xvi' siècle sont peu nombreuses. Il faut se contenter de citer le Portail de l'Ambulance du XVII' siècle et V Eglise de Saint -André -le -Haut, ancienne chapelle du Collège des Jésuites (1725).

A Saint-Maurice on notera, à l'extrémité du latéral sud, un grand vitrail du xvil' siècle représentant V Adoration des bergers, et deux séries de tapisseries que l'on expose â certains jours de fête. Ce sont cinq Tapisseries d'Arras, du XVI* siècle, représentant des scènes de la Vie de saint Maurice, et quatre Tapisseries d'Aubusson, du xvn° siècle, qui représentent les Batailles d'Alexandre, de Lebrun '.

' Parlant ici des tapis; lus possédées par k-s i>

s de Vienne, je dois rappeler que les plus belles tapiss de cette ville itaicnt celles de l'abb.iye de Saint-Pierre.

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