LA CRUCHE CASSÉE
Pendant une période de sa vie, Greuze setait bien plutôt enrichi par les gravures faites d’après ses tableaux que par ses tableaux eux-mêmes.
Mme Greuze, qui vendait naguère des livres, ne dédaignait pas de vendre la Cruche cassée, la Belle Pénitente et la Belle Pleureuse , quoique ses mains fussent plus blanches que jamais et qu’elle portât le nom de Madame Greuze avec des airs de femme à la mode.
11 faut dire qu’elle ne daignait vendre que les belles épreuves, ce qui amenait chez elle, rue Thibaut-aux-De's,'les grands amateurs ou les grands seigneurs.
La Cruche cassée, celle-là même que Massard a gravée et qui est en tête de ce numéro de L’Artiste, se vendait par les mains de Mme Greuze un gros louis de quarante-huit livres. 11 est vrai qu’elle donnait un beau sourire par dessus le marché.
Aujourd’hui, d’ailleurs, les bonnes épreuves de la Cruche cassée, avec l’encadrement qu’il a fallu supprimer ici, se vendent beaucoup plus cher.