LA LIBERTÉ ET LES FAIX LIHÉUAUX
La liberté ne m'a jamais vu dans ses salons, les jours où elle avait des salons; mais Tautorité m'a quelciuclbis vu dans les siens. A la vérité, c'était le plus souvent vers la porte de sortie. Toujours est-il qu'on m'y trouvait.
C'est qu'en France, où la liberté est le fort et l'autorité le faible, les gens de mon humeur, s'il leur faut à toute force faire la cour à quelqu'un, la font plus volontiers au faible qu'au fort.
Voulez-vous savoir ce que sont devenus les libéraux hargneux qui faisaient la vie si dure au gouvernement d'hier? Consultez Y Annuaire d'aujourd'hui. C'est là que, tout ix la fois, vous les trouverez et saurez pourquoi ils y sont.
J'ai un voisin de campagne qui n'aime pas les libéraux et qui ne s'en cache guère. Nous en causions un jour, et je confesse que nous n'en disions pas de bien.
— L'espèce n'en est pas d'hier, dis-je entre autres choses. Le bon roi David les connaissait bien, pour avoir eu affaire à eux. Écoutez plutôt ce qu'il en dit en deux endroits de ses psaumes. Dans l'un, il les définit : Libérales sic vocantur^ quia libérales sunt erga seniet^ ipsos. Dans l'autre, il demande au Seigneur de l'en débarrasser : Domine^ Domine^ libéra nos a liber alibus!
— Que dites-vous là, s'écrie mon voisin? Se peut-il que, dès le temps du roi David, il y ait eu des libéraux, et qu'il ait si bien connu leur politique? Que je vous envie de savoir de si belles choses! De g'râce, indiquez-moi les passages, que j'aie le plaisir de les lire de mes yeux.