J'écrivais cela en 18C
LA LIBERTÉ ET LES FAUX LIBÉRAUX. 1ir>
tait penser. C'est pour cola que, parmi les politiques, le crédit est surtout aux économistes, et, parmi les économistes, à ceux •qui ouvrent aux peuples les plus belles .perspectives.
Est-ce k dire que les Français sont indifférents à la liberté? Pourrait-on impunément leur enlever le peu qu'il leur plaît d'en pratiquer? Je ne conseillerais à personne de s'y "risquer. Ils y tiennent d'abord comme à l'auxiliaire naturel de l'égalité ; puis, pour la satisfaction de se croire consultés et écoulés dans la conduite de leurs affaires.
De là à s'intéresser à ce que les habiles appellent le jeu des institutions, à ôtre touchés de cette a beauté particulière >> que les artistes de la politique admirent dans les gouvernements de la parole, de li ii prendre parti dans ces tournois où des orateurs se disputent l\ qui prouvera le premier qu'il s^entend mieux à parler qu'à gouverner, il y a loin. Pour mon compte, je ne les blâme pas de goûter médiocrement un genre de jeu où
le moins que gagnent les joueurs c'est de s'y amuser, et où le seul qui perd, c'est le public de la galerie.
Les Français ont une autre raison de préférer l'égalité à la liberté. Ils savent d'instinct et par l'histoire que toujours, en dépit des apparences, leur pays a été un pays de liberté, et que personne n'est de force ni d'humeur à y empêcher le contrôle. Le contrôle, ils l'exercent, directement et en personne, par tant de libres paroles que le vent porte, de tous les points du territoire, aux oreilles des gouvernants. Contrôle plus vrai que celui des assemblées délibérantes, et finalement, le mieux écouté.
Donc, il faut en prendre son parti. Au lieu de chicaner les Français sur ce qu'ils aiment peu, ou n'aiment pas du tout, il faut les éclairer sur ce qu'ils préfèrent, les contenter où ils voient juste, leur résister où ils se trompent, et, par une attention sincère et soutenue à tous les mouvements de l'esprit d'égalité, empêcher qu'il