ULTIMA
Toi qui me vois languir sur ce lit de torture, De qui vit, de qui meurt. Dieu, Tunique soutien. Aide à monter vers toi ta pauvre créature, Et tiens pour expié par les maux qu'elle endure Ce qu'elle a fait de mal et n'a pas fait de bien î
San Remo, 1887.
Je désire qu'aucune députation des corps
1 . La foi, le caractf^rc de celui que nous pleurons apparaissent avec une si vive clarté dans ces quelques vers, dans cet extrait de ses dernières volontés» que je ne me crois pas permis de ne pas les faire connaître à ceux qui,, en lui, aimaient l'ami ou vénéraient le maître.
OU des compagnies auxquels j'ai eu Thonneur d'appartenir, qu'aucune escorte militaire ne soient appelées à accompagner mon convoi funèbre, qu'aucun discours ne soit prononcé sur ma tombe.
C'est sans doute un usage fort respectable; mais une longue expérience m'ayant appris que les personnes convoquées pour ces sortes de cérémonies en reçoivent plus d'incommodité que le mort n'en reçoit d'honneur durable, je neveux derrière mon cercueil que les parents et les amis (jui voudront bien me suivre à ma dernière demeure, pour m'y dire, non des lèvres, mais du cœur, le suprême adieu.
Chrétien, je ne désire que l'enterrement d'un chrétien, et je ne songe pas sans une certaine douceur mélancolique que FÉglise chantera sur ma dépouille mortelle le Dies
ir(e et le De Profundis, ces chants sublimes, que je n*ai jamais entendus aux messes des funérailles sans que mes yeux ne se mouillassent de pleurs...
A Paris, 15 novembre 1879.
DÉSIRÉ NISARD