‹ Gringoire (volume 2)Chapitre 20 sur 41 · SCÈNE IV · texte numérisé non relu

SCÈNE IV

ce n'était qu'une enfant, en voyant un sourire empreint d'une inefT;ib'e bonté voltiger dans la lumière de ses lèvres roses. Alors, vou* comprenez, mes pieds étaient cloués au sol et je ne pouvais détacher mes yeux de cette maison, où se trouvait ju?temenc réuni tout ce que j'étais destiné à ne posséder jamais, un bon souper servi dans une riche vaisselle, et une vierge enfant, digne de l'adoration des anges 1

LE ROI , bas à Nicola.

Eh bien I Nicole , voilà un pauvre songeur qui admire comme il faut ma chère filleule ! Que dis-tu de cela?

SIMON FOURNIEZ, à part.

Beau régal pour ma fille, d'être dévisagée par ce fantôme, qui est transparent comme la vitre d'une lanterne 1

Je suis revenu chaque jour, car rien ne nous attire mieux que le sourire décevant des Chimères! Mais, comme l'a dit un sage, à la fin tout arrive, même les choses qu'on désirt . Aujourd'hui enfin, j'ai festiné comme Baltassar, prince de Bi^bylone. Mais je formais un autre souhait, car l'homme est insatiable.

LE ROI, venant s'accouder sur le fauteuil oii Gringoire est assis.

Ce souhait, quel est-il?

GRINGOIRE, s'apercerant de sa méprise, et se levant précipitamment.

J'aurais voulu apercevoir une fois de plus cette belle jeune demoiselle de la fenêtre, —

SIMON FOURNIEZ.

Pour Jcla, non.

OLIVIER-LE-DAIW, impart.

Bien.

GRINGOIRE, qui n'a pas entendu Simon Fourniez. conlin-jant.

Mais je la reverrai , puisque vous me faites partir devant elle, et que vous m'envoyez l'attendre au ciel, où sont tous ies

anges. Donc, rien plus ne me soucie, et si le moment est venu à voire caprice, je puis gaiement et bravement mourir.

LE ROI, à part.

Il y a là un homme !

NICOLE, à part.

Le Roi ne dit pas encore qu'il fait grâce I

LE ROI, bas à Nicole.

Nicole, dis-moi : crois-tu que Loyse... pourrait aimer ce

NICOLE

Comment?

LE ROI

Ne t'étonnepas. Pourrail-elie l'aimer»

NICOLE

Plût à Dieul Mais...

£Ue lui désigae le maigre Tisage de Griagoira. LE ROI.

Je te comprends, (a part.) Elle a peut-être raison. (Après aToir rfvé, ei comaie à lui-même.) G'cst égal, daiis cc petit mondo qui tiendrait au creux de ma main, je vois l'homme et les fils qui le remuent, tout comme en des intrigues plus illustres, et cela m'amusera de voir la fin de notre conte.

OLIVIER-LE-DAIU.

Sire, puis-je à présent emmener d'ici maître Pierre Gringoire?

LE ROI, contrarié de l'obsession d'Olirier-le-Daim,

Non. Qu'il reste. Je veux l'entretenir seul un moment,

OLIVIER-LE-DAIU.

Eh! quoi?

LE ROI, sévèrement.

M'avez-\ous entendu? Sortez, et ne rentrez pas ici queje ne vous rappelle.

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