SCENE VU
LE ROI
Qu'ai-je à te dire? N'ai-je pas perdu assez de temps aux commérages de ta boutique?
SIMON FOURNIEZ, suffoqué.
Ma boutique!
LE ROI
A ton aune, bonhomme, à ton aune!
SIMON FOUBNIEZ, ne sacbaot plus ce qu'il dit.
J'y vais, Sire. Elle est en bas!
OLIVIER-LE-DAIU.
Mais Gringoire...
LE ROI, comme dans un rfre.
Gringoire! qu'est cela, Gringoire?
OLIVIER-LE-DAIM
Le factieux qui raille la justice de Votre Majesté.
LE ROI
11 la raille? Qu'on le pende!
NICOLE
Sire, Votre Majesté oublie qu'elle lui a pardonné.
LE ROI, revenant à lui.
C'est vrai. J'ai eu tort. J'ai suivi le premier mouvement, qui ne vaut rien. Pour un roi justicier l'indulgence est un crime. . La bonté, le pardon, font des ingrats.
NICOLE
Oh! Sirel
LE ROI, à Nicole.
Laissez-moi. |a Gringoire avec dureté.) Pour raclietcr ta vie, je l'avais ir./posé une condiiion.
NICOLE
S'il ne peut la remplir!
Tant mieux : Dieu ne veut pas que je pardonne, (i Gringoire.ï
50 GHINGOIRE.
Au surplus, cela te regarde. Dans une heure, tu auras décidé de ta vie. Ce n'est pas assez des princes et des seigneurs? Soit : j'irai encore, s'il le faut, chercher des rebelles à châtier
ju-^que dans la boue! (Nicole veut parier; le Roi, du geste, lui impôt* s-ilence.) AsSCz! aSSCzl (Il sort.)
LOTSE, à S;mon Fournlei.
Qu'est-ce donc, mon père? qu'y a-t-il? (Regardant le roi avec terreur.) Quel changementl
SIMON TOURNIEZ, et montrant le poing à Gringoire,
A ton aune! Et c'est pour ce misérable-là que le Roi nie traite de la sorte! Un gueux sans coiffe et sans semelle!
OLIVIER-LE-DAIM
Maître Simon Fourniez, et vous dame Nicole Andry, reti rez-vous, et que mademoiselle Loyse (Montrant Gringoire) res seule avec cet homme.
SIMON FOUUNIEZ.
Ce va-nu-pieds avec ma fille 1
NICOLE, entraînant Simoa.
Le Roi le veut.
SIMON FOURNIEZ, à Gringoire.
Bouffon! baladin! (S'arrachant de l'étreinte de Nicole et revenant sur fcs pas. — Areo fureur. ) Coœédien I
LOTSE.
Au revoir, mon père.
Simon Fourniez et Nicole Andry sortent.
OLIVIER-LE-DAIM, à Gringoire.
Dans une heure. (Allant à la porte, s'adressant à l'omcier placé en
dehors.) Veillez à ce que vos soldats gardent chaque issue de cette maison et que personne n'en sorte sous peine de la vie.
(U disparaît — La ports se referme.}