SCÈNE VIII
GRINGOIRE, LOYSB.
GRINGOIRE, ï part.
Allons, Gringoire, voilà qui est le plus simple du monde. Couvert, comme tu l'es, de leurs insultes, fais-toi aimer d'elle I En combien de temps, mes bons seigneurs? En un instant, tout de suite! A la bonne heure! Il fallait donc le dire plus tôt: c'est si facile!
L 0 y s E , à part.
Que se passe-t-il donc? Quel est cet homme? Le Roi, qui veut que je l'écoute, l'accable en même temps de sa colère. Que va-t-il me demander? Que puis-je pour lui? (Haut à Gringoire.) Vous avez à me parler?
Moi? Pas du tout,
LOYSE
Ce n'est pourtant pas ce que m'a dit le Roi.
Ahl oui, le Roi m'a chargé de vous faire une proposition facétieuse et bizarre.
LOYSB.
GRINGOIRB.
LOTSB.
Faites-la donc!
Vous la refuserez.
Dites toujours.
GRINGOIRB.
Le Roi m'a chargé de vous demander...
LOYSE
Quoi?
62 GRINGOIUE.
Si vous vouliez... (a part.) Les mots ne passent pas.
LOYSE
Si je voulais...
Non, si, moi, je pouvais... je me trompe! Enfin, mademoiselle, le Roi... veut vous marier.
LOYSE
Je le sois. Le Roi me l'a déjà dit. Mais qui ordonne-t-il que j'épouse?
Il vous laisse libre, mademoiselle. Vous avez toujours le droit de refuser. C'est l'homme que le Roi vous propose qui serait obligé, lui, de se faire aimer de vous.
Mais encore, quel est cet homme?
Que vous importe? ( Levant les épaules.) Vous ne pouvez pas l'aimer.
LOYSE
Que vous importe aussi? Voyons, qu'est-il enQa?
Ce qu'il est? Oh! je vais vous l'expliquer tout de suite Figurez-vous ceci. Vous êtes toute mignonne et enchanteresse, lui, il est laid et souffreteux. Vous êtes riche et bien atlornée, il est pauvre, affamé, presque nu. Vous êtes gaie et joyeuse; et hii, quand il n'a pas besoin de faire rire les passants, il est mélancolique. Vous voyoz bien que vous proposer ce m;illicureux, c'est juslemenl offrir un hibou do nuil à rak'uelie des champs.
LOYSE, à part, avec nn effroi naïf.
£st-ce lui? Oh! noal (uaut.J Vous vous jouez de moi. Lf Roi