Scène xvii -^ La Saitit-Martin
Noël. Nous partons, mon oncle.
Briqueville descend en scène^ va tomber sur la chaise à droite de la table, Adrienne et Noël reprennent leur mouvement de sortie, madame Lebreton remonte du côté de la porte... Elle 5 dit adieu à Noël et à Adricfine, mais celle-ci, au moment de sortir, s^arrête et, 7'edescendant rapidement, vient se jeter aux genoux de Briqueville.
Adri. Eh bien, oui, nous partirons... nous partirons 10 tout à l'heure... mais avant je tiens à vous dire comment les choses se sont passées... vous verrez alors si nous sommes aussi coupables que vous croyez... C'était lui... oui, lui qui, sans cesse, me répétait que cela le désolait d'être fâché avec 15 vous, que c'était vous qui l'aviez élevé, que vous étiez tout pour lui, et qu'il ne vivrait pas jusqu'au jour où vous lui auriez pardonné.
Noël. C'est vrai, mon oncle ! et j'ajoutais que vous aussi vous deviez être malheureux de ne plus 20 m'avoir près de vous... {^Mouvement de Briqueville.') Si fait ! mon oncle, si fait... car je savais quelle affection vous aviez pour moi, et j'étais bien sûr que votre colère, si violente et si légitime qu'elle pût être, ne devait pas vous empêcher de 25 m'aimer encore et de me regretter... quelquefois. Adrl, toujours à genoux. Nous avons cherché tous les deux, nous avons cherché s'il n'y aurait pas quelque moyen d'amener un rapprochement... [108]
La Saint-Martin B^ Scène xvii
Comme j'étais, moi, l'obstacle et le principal motif de la querelle, la première chose était évidemment de me faire rentrer en grâce et de vous prouver qu'à tout prendre, je n'étais point aussiinacceptable... que vous sembliez le croire... mais 5 comment vous le prouver? puisque vous refusiez de me voir... C'est alors que l'idée nous est venue d'imaginer un petit roman et nous avons arrangé avec madame Lebreton cette histoire de nièce. {^Briqiieville se retourne d'un air furieux 10 vers madame Lebreton^ celle-ci recule de deux ou trois pas comme si elle avait très peur.) Je suis arrivée ici chez vous... et, dût cela vous fâcher encore... il faut que j'en convienne, j'y suis arrivée avec l'intention bien arrêtée de faire 15 votre conquête. {Briqueville la regarde.)- Je n'ai rien épargné pour cela... je m'étais promis d'être bonne, douce, prévenante et je l'ai été... peut-être même ai-je été un peu coquette... c'est bien sans le vouloir, allez... j'avais tant envie de 20 vous plaire. {^E7i souriant^ Je n'ai pas bien calculé la dose... j'en ai trop mis. (^Briqueville la regarde encore et, sur les derniers mots, sourit malgré lui, Adrienne profite de r instant pour se glisser presque dans les bras de Briqueville. 25 Celui-ci prend les deux mains d' Adrienne et V embrasse sur le front.)
Briq., se levant, à Noël. Allons, viens, toi !
Noël. Bien vrai, mon oncle, bien vrai? [ 109 ]