SCENE XXI
GRIPHON, CITRON (Ils s’asseyent.)
J’ar tous les malheurs cette nuit. On vient de me
voler une somme d’argent considérable.
CITRON
Serait-ce possible ?
GRIPIHON.
Je m’en venais tranquillement, croyant déjà vous avoir à côté de moi, dans ma voiture, lorsque tout-àcoup une douzaine, dans le moins, d’hommes qui semblaient lever leurs têtes par-dessus les maisons, tant ils étaient grands, sont venus fondre sur ma voiture, et, après avoir cassé mes fanaux et arrêté mon cheval, se sont tous saisis de ma personne, et, me menaçant de leurs épées et de leurs pistolets, m’ont demandé la bourse ou la vie. Si j’avais fait la moindre résistance, je suis certain que ces bandits m’envoyaient chez les morts. Je leur ai jeté ma bourse, et ils m’ont permis de continuer mon chemin, non sans avoir donné à coups de bâton une épouvante à mon cheval, qui a été la cause que j'ai versé au coin d’une rue, et cassé un morceau de ma voiture. Pour moi, je crois que mon bon-ange m'a assisté ; car je n’ai attrappé aucun mal. Pourtant je me sens quelques douleurs ici. (Se touchant lea reins.)
CITRON
Ciel ! Et c’est pour moi que vous essuyez tous ces
malheurs,
endrait.
à vous tout-àui semtant ils ire, et, val, se çant de ndé la nce, je 1ez les rmis de vups de à cause orceau n-ange purtant ant lea
Dus ces
GRIPHON.
Ils ne me sont rien ; votre présence m’en ôte le souvenir. Je vous vois, je vous parle, je suis heureux. CITRON.
Après toute la mauvaise fortune que vous venez
d’éprouver, vous prendrez bien un verre de vin. (Se
levant.) GRIPHON.
Non, je n’en prends point.
CITRON
C’est du bon vin. Ah! vous en avez goûté ce matin. C’est du même.
GRIPHON.
Je ne puis en prendre une goutte. Le médecin me
le défend.
CITRON
A la bonne heure. Il ne faut pas aller contre l’ordonnance d’un médecin. (14 se rassied.) Tout est-il prêt ? Ma voiture est à la porte. CITRON.
Il faut attendre que votre habit soit sec.
CRIPHON.
Je crains de voir entrer ce Monsieur Jourdain. Je
n’aime pas ses manières.
CITRON
Rassurez-vous sur ce point. Mon valet est dans l’entrée, l’attendant avec un pistolet chargé de trois jolies balles. Que j’étais chagrine de vous voir maltraiter de la sorte ! J’en ai pleuré jusqu’à ce moment. (JL sou-
pire.) GRIPHON.
Oh! Cher ange de bonté! (Cüitron veut moucher
la chandelle et l’éteint.) CITRON:
Ah!...... Pardonnez donc ma gaucherie, Mon-
sieur Griphon Je m’en vais l’allumer. (14 se lève.) E?
GRIPHON (le retenant.) Non, non, chère mignonne, ne vous donnez pas ce trouble-là. Je me passerai bien de chandelle, CITRON.
Ce n’est ni poli ni décent, Monsieur Griphon, laissez . .....
GRIPHON ( lui baisant la main. )
O Emilie !
CITRON: ‘ Excusez-moi ; je suis à vous dans l'instant. (JL sort.)