‹ Grippe et LipovaccinChapitre 25 sur 39 · OBSERVATION I · texte numérisé non relu

OBSERVATION I

M. de C.., 18 ans, commerçant portugais, présente une atteinte brutale de grippe pulmonaire au mois de novembre 1924 au cours d’une épidémie qui sévit sur les rives du Stanley Pool, au Congo.

Début le 2 novembre, par un frisson violent, qui en impose tout d'abord pour une atteinte de paludisme. La recherche de l’hématozoaire pratiquée en goutte épaisse reste négative. Bientôt se manifestent des signes septicémiques. Fièvre à grandes oscillations, pouls rapide et filant, délire, accompagnés de symptômes pulmonaires, d’abord diffus, dans les deux poumons, sous forme de râles ronflants et vibrants, puis finalement localisés à un gros foyer de râles souscrépitants au niveau de la base droite. |

Les traitements classiques, révulsion, tonicardiaqués, antiseptiques pulmonaires, n’amènent pas la sédation des signes et l’état est le même le 6 novembre, soit quatre jours après le début de la maladie.

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On pratique alors sous la peau de la paroi abdominale une injection de 1/2 centicube de lipovacein antigrippe.

La température, qui était à 40 degrés, monte à 40°6 deux heures après l'injection, mais, dans la soirée, on observe une détente brusque de tous les symptômes. La respiration devient plus aisée; les pulsations, qui oscillaient autour de 140, retombent à 120; la température n'est plus qu'à 38°6.

Le lendemain, l'amélioration de l’état général est encore plus manifeste. On fait une seconde injection de { centicube de lipovaccin les symptômes pulmonaires congestifs disparaissent alors très rapidement.

Mais, huit jours après être entré en convalescence, le malade se plaint à nouveau d’un violent point de côté au niveau du mamelon droit. À la percussion : submatité. A l’auscultation : foyer de râles sous-crépitants.

On pratique aussitôt une troisième injection de 1 centicube de lipovaccin. À la suite de cette injection, les signes s’atténuent et ne sont plus perceptibles au troisième jour.

Après cette rechute, rapidement enrayée, la guérison est définitive.

OBSERVATION Il.

P. R.., missionnaire des Missions africaines, 42 ans. Organisme fatigué par de longs séjours coloniaux.

En. décembre 1924, étant en tournée, P. R... est brusquement atteint de fièvre, céphalalgie, rachialgie, et courbatures. Transporté à la Mission de Brazzaville, on l’examine le 17 décembre. On élinine rapidement, par les examens hématologiques, le paludisme et la fièvre récurrente. D'autre part, l’apparition de signes pulmonaires joints à la notion d’épidémicité grippale orientent le diagnostic.

La forme est grave, chez P. R. Les signes généraux, hyperthermie, délire, tendance hémorragique, épistaxis abondantes, sont très marqués. Les signes locaux sont d’abord atténués; submatité légère et obseurité respiratoire au niveau des deux bases, mais surtout à gauche: expectoration peu abondante de crachats rosés.

Premier traitement. — Révulsion, tonicardiaques, sérum antipneumococeique (100 ce. 3 par jour), huile camphrée, digitaline. Résultat.

Le maade est de plus en plus prostré et sans frisson, sans point de côté accusé, les signes pulmonaires discrets du début se transforment en un foyer de condensation nette qui transmet le souffle glottique avec un timbre tubaire intense.

Deuxième traitement. — Le 21 décembre, on injecte sous la peau de la région antéro-externe de la cuisse 4 centicube de lipovaccin antigrippe. Pas de réaction hyperthermique à la suite de cette injection. Mais, dès le lendemain, les signes généraux sont atténués de façon considérable, le délire cesse, la température descend de 2 degrés, le rythme cardiaque se régularise. La dyspnée persiste ainsi que le foyer pneumonique.

Le 23 décembre, seconde injection de 1 ec. 1/2 de lipovaecin antigrippe. Dès lors, la résolution de la condensation pulmonaire se manifeste rapidement. Le souîflle disparaît. On n'entend plus qu'une couronne de râles sous-crépitants très localisés.

Les 25 et 29 décembre, on fait une nouvelle injection de 4 ce. 1/2 de lipovaccin. Le malade guérit sans aucune rechute et peut reprendre toute son activité, sans aucune séquelle, dès le milieu de janvier.

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