‹ Grippe et LipovaccinChapitre 31 sur 39 · OBSERVATION X · texte numérisé non relu

OBSERVATION X

A. (F.), commerçant, présente au cours du mois d'octobre 1925, une poussée aiguë d'embarras gastrique fébrile. La langue est saburrale; la température oscille autour de 39 degrés. Les douleurs gastriques sont violentes, non infiuencées par l’ingestion d'aliments, s’irradiant dans tout l'abdomen et dans-la région dorsale avec une hyperesthésie de la région épigastrique. Elles s’accompagnent de vomissements alimentaires très fréquents.

L'intestin lui-même est douloureux : on observe des coliques suivies d’évacuations diarrhéiques fréquemment répétées.

On élimine le diagnostic de paludisme avec réaction gastro-hépatique, celui de fièvre typhoïde, qui n'existe pas dans la région. Reste la grippe à forme digestive, avec laquelle concorde la notion d'épidémicité.

Les purgatifs, les désinfectants du tube digestif, ne donnent aucun résultat appréciable. Au sixième jour de l’évolution de la maladie, l’état reste très grave. |

Le 17 octobre (septië*me: jour de la maladie), on injecte 1 centicube de lipovacein antigrippe intramuseulaire, Cette injection est suivie, trois heures après, d'un frisson assez violent.

Le lendemain, 18 octobre, on note une sédation très marquée de tous les signes gastriques. L'alimentalion redevient rapidement possible, Mais une diarrhée abondante persiste, émise avec de vives coliques.

Le 19 octobre, nouvelle injection intramusculaire de 1 centicube de lipovacein, La température, qui était le 17 octobre de 39 degrés, s'abaisse à 37° 4, après être passée, le {8 octobre, à 38 degrés, La lièvre ne remontera plus désormais, L'amélioration de l’état général «st particulièrement frappante : le facies grippé du malade se détend, l'angoisse disparait, l'asthénie est beaucoup moins prononcée.

Mais l'arrêt des signes intestinaux ne se produit complètement qu'après une troisième injection vaccinale : diarrhées et coliques

disparaissent, pour laisser place à une longue période de constipalion.

Le malade, revu pendant un an, est complètement rétabli après une convalescence assez courte. Il n'a jamais présenté aucune rechute.

OBsERvATION XI.

J... (J.), administrateur, 40 ans. Atteint depuis de longues années d’entéro-colite chronique, J... (4) fait, au mois d'octobre 1924, une poussée suraiguë, succédant à une atteinte de grippe*à forme pulmopaire, qui se manifeste elle-même par de la bronchite fébrile et un foyer de congestion pulmonaire au niveau de la base du poumon aroit.

Assez brutalement, s’installe un état saburral des voies digestives avec intolérance gastrique, douleurs épigastriques très vives, diarrhées et coliques. La température, qui oscillait déjà autour de 38 deurés, remonte à 39°8. L'état général est très affecté et s'aggrave rapidement.

L'examen du sang et des selles est pratiqué à plusieurs reprises. On ne décèle ni paludisme, ni parasitisme intestinal. En particulier, on ne trouve ni amibes, ni bacilles dysentériques.

Au troisième jour -de la maladie, on injecte sous la peau 1 centicube de lipovaccin antigrippe, dont l’action sur l’état général se manifeste d'emblée : la température tombe brusquement à 37°6; le pouls se régularise; l’asthénie extrême s’accentue. Puis, les signes gastro-intestinaux cèdent très rapidement par la continuation des injections vaccinales, à raison d’une par quarante-huit heures. Progressivement, les symptômes s’améliorent et la guérison complète est

obtenue en. une semaine, Aucune rechute postérieure.

C, — Complications grippales localisées.

OBsERvVATION XI.

M... (B.), docteur en médecine, est atteint une première fois, en

novembre 4918, à la Côte d'Ivoire, d’une grippe pulmonaire à forme broncho-pneumonique très grave. Depuis, au début de chaque

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= GÙù —

hiver, poussées de grippe pulmonaire relativement bénignes, Mais qui se compliquent, en 1926 et 1928, d'otite moyenne gauche avec suppuration et perforation du tympan.

Lors de la dernière atteinte, en 1528, au sixième jour, des manifestations pulmonaires, alors que la température était déjà revenue‘à la normale, apparaissent, à gauche, des signes de catarrhe Lubaire accompagnés de violentes douleurs et de perte de l'audition. A l'inspection, le tympan est gris terne, indiquant déjà la présence d'une collection de l'oreille moyenne. En même lemps, la fièvre reparaît et remonte à 39°6.

L'évolution grave de la première atteinte, en 1926, fait craindre une récidive sérieuse; et, aussitôt, on injecte sous la peau, 1 centicube de lipovaccin antigrippe.

L'action de ce traitement est tout à fait remarquable : dès le soir de l'injection, les douleurs auriculaires s’atténuent sensiblement; la sensation de tension, si douloureuse, dans toute la région, disparaît en même temps que se manifeste la perméabilité tubaire; l'audition est rendue possible.

Le lendemain de l'injection, la fièvre est à 37 degrés. Le surlendemain, nouvelle injection de 4 ce. 1/2 pour assurer le maintien de l’amélioration obtenue.

Au quatrième jour, aucun des signes n'existe plus. La température se maintient à la normale. L'examen du tympan, pratiqué au dixième jour, montre qu'il ne bombe plus, que son aspect terne s’est atténué, et qu'il y a résorption manifeste de l’épanchement séro-purulent qui avait envahi l'oreille moyenne. L'acuité auditive est redevenue parfaite dès la fin du premier mois,

OBsErvaTION XIII.

A... (T.), mécanicien, atteint, en 1M8, de grippe, ou cours de la pandémie mondiale, a conservé une sensibilité extrême au virus : à chaque passage de grippe saisonnière, il voit réapparaître un COTYZa intense accompagné d’angine, d'amygdalite; puis, après une sensation fort pénible de chaleur rétrosternale avec gêne respiratoire, de la bronchite s'installe et persiste, avec ténacité pendant plusieurs semaines,

En 1924, au cours de l'attaque habituelle, Le coryza fut particulièrement violent, et, au moment où il paraissait se calmer, de vives douleurs apparurent au niveau des sinus frontaux, principalement à gauche. Le malade mouchait du pus. La sensation de tension au niveau de la base du front était très pénible. La tempéralure oscillait aux environs de 38 degrés.

Les lavages chauds, les instillations nasales amenèrent un peu de soulagement, mais l’état local reste le même, On voit, au niveau du soureil gauche, une rougeur diffuse, sans œdème de la peau, ou la pression du doigt ne laisse pas de godet.

Le 7 novembre, on injecte sous la peau 4 centicube de lipovaccin antigrippe. Deux heures après l'injection, le malade éprouve de légers frissons. La sensation de tension augmente au niveau des sinus frontaux. La température s'élève à 40°1. Courbatures violentes.

Mais, dès le lendemain, une délente très appréciable se produit, tant dans les-signes généraux que dans les symptômes locaux : l’apyrexie est complète; les douleurs sont très diminuées. On pratique alors une seconde injection de 1 ce. 1/2 de lipovaccin : dès ce moment, l'écoulement purulent par les fosses nasales se fluidifie, change de couleur. La pression devient indolore, au niveau des sinus frontaux. ;

Cet état de guérison presque complète se maintient, à la faveur d'injections pratiquées loutes les quarante-huit heures. L’asthénie disparaît peu à peu et la convalescence se poursuit sans incident.

Cependant, une légère sécrétion purulente du sinus, mélangée à chaque mouchage au mucus nasal, persiste encore pendant six semaines, malgré les injections hebdomadaires de lipovaccin, qui amènent cependant la disparition de la sécrétion au bout de ce temps-là.

Aucune rechute ne s’est produite pendant l’année suivante, au cours de laquelle le malade a pu être régulièrement observé.

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