‹ Grippe et LipovaccinChapitre 37 sur 39 · VACCINATION PREVENTIVE · texte numérisé non relu

VACCINATION PREVENTIVE

La prophylaxie des infections microbiennes par le lipo vaccin n'a pas été tentée méthodiquement, au cours d’une épidémie de grippe.

Depuis la terrible épidémie de grippe de 1917-1918, la grippe semble,. en effet, ne s'être manifestée que sous des aspects assez bénins — les complications graves et la mortslité restant assez rares. Quelle est Ja cause de cette accalmie ? Sans doute le changement de terrain : la grippe, en 1918, trouva chez les peuples d'Europe, abattus et brisés par les angoisses, les privations et les fatigues de la guerre, un terrain propice à son évolution. Depuis 1918, on ne sait trop comment expliquer la disparition partielle des épidémies de grippes graves : organismes plus vigoureux ? Immunité acquise ? D'innombrables hypothèses peuvent être formulées.

Mais il faut malgré tout prévoir le retour de ces épidémies très rapides, envahissantes, généralisées, qui attaquent successivement, sans en épargner un seul, tous les habitants d'un village, tous les hommes d’un régiment, toutes les salles d’un hôpital, tous les élèves d’un pensionnat — et qui sèment le désarroi favorable à leur libre évolution.

L'action du lipovaccin serait-elle efficace, si, dès l’apparition des premiers cas, la vaccination prophylactique était pratiquée sur tous les individus d’un même groupe ?

Bien que nous n'ayons aucun rapport, aucune statistique, nous n’hésitons pas à répondre par l’affirmative.

LÉpRES

Nous basons notre affirmation sur deux observations qui nous ont conduit à apprécier fortement la valeur prophylactique des autres lipovaccins.

Appartenant à une école militaire, où la vaccination préventive antityphique est pratiquée réglementairement chaque année sur un effectif de 306 à 400 élèves, nous ne relevons, au cours des quatre dernières années, qu'un seul cas de typhoïde. Encore celui de nos camarades qui fut atteint n’avait été vacciné que quatre à cinq jours avant. Nous avons été impressionnés par cette statistique portant sur 1.200 à 4.500 sujets. |

D'autre part, Paul Heilz, dans sa thèse (Paris, 1923) sur « la vaccination préventive et curative de l'infection puerpérale à streptocoque par le lipovaccin », rapporte des statistiques probantes. La vaccination antistreptococcique au lipovaccin ayant été méthodiquement pratiquée pendant neuf mois sur la moitié des malades de la clinique Tarnier a montré que chez les malades vaccinés, les complications graves sont rares, et les décès très rares. «

Les statistiques de Paul Heitz viennent donc confirmer notre opinion au sujet de la valeur prophylactique des vaccins. Et nous sommes conduit à penser que le lipovaccin antigrippal présenterait lui aussi cette même valeur prophylactique. À quoi l’attribuons-nous ? Peut-être à la résorption très lente, provoquant une imprégnation plus profonde, plus durable ? Peut-être à l’hyperleucocytose qui met l'organisme en état d'hyperrésitance ? Nous ne saurions préciser; mais nous pensons qu'il y a une indication nette de vaccination prophylactique antigrippale au Irpovacein.

Dès l'apparition de quelques cas de grippe dans un groupe d'individus vivant en commun (troupes, écoles, salles d’hôpitaux et infirmiers, etc), l'injection de lipovacein préventif nous paraît indiquée chez tous les individus de ce groupe.

Le lipovaccin n'est pas dangereux et il permet de prévenir, de S’armer contre l'inlection. Il trouve dans ces seules qualités la justification de son application.

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