‹ GrisélidisChapitre 14 sur 29 · SCENE III · texte numérisé non relu

SCENE III

GRISÉLIDIS, puis LOYS et BERTRADE

GRISÉLIDIS, seule. Elle vient du château, et pensive s^arrête vers le fond en regardant la mer. La mer! Et sur les flots toujours bleus, toujours calmes Jusqu'au sable roulant l'argent clair de leurs palmes, Des voiles, comme des oiseaux A la fois changeants et fidèles Effleurent d'une blancheur d'ailes La face tremblante des eaux ! Il partit au printemps ! Voici venir l'automne Qui dépouille d'un souffle égal et monotone Le bois de ses rameaux, mon cœur de son espoir. Il partit au printemps ! Voici venir l'automne Et le glas des hivers au loin déjà réiionne, La chanson des adieux tinte dans l'air du soir.

[Tintement de cloche lointaine.) Et voici, s'accordant à ma triste pensée, Qu'une cloche, au ciel encor bleu Balancée,

Vient endormir le monde entre les bras de Dieu. C'est l'ermite voisin qui sonne la prière, L'Angelus !

[Entre Loys.) Mon enfant, viens prier pour ton père!

Joins tes mains, mon fils adoré ;

Et répète tout bas les mots que je dirai :

a 0 Seigneur, je vous prie

» Pour ceux qui sont sans toit, pour ceux qui sont sans pain,

» Protégez le marin sur la vague en furie,

» Le pèlerin sur le chemin,

» Le mourant à l'heure dernière;

» Pour celle qui vous fait, Seigneur, cette prière

» Protégez le père et l'enfant ».

[Dans les villages voisins d'autres cloches se renvoient l'une à l'autre les sonneries de t Angélus. Au deltors les voix des femmes égrènent des rosaires dans la cliapelle seigneuriale.)

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