‹ GrisélidisChapitre 8 sur 29 · LE MARQUIS, LE PRIEUR LE MARQUIS · texte numérisé non relu

LE MARQUIS, LE PRIEUR LE MARQUIS

Ah ! d'un regret cruel mon cœur mal se défend. Prieur, je vais quitter ma femme et mon enfant!

LE PRIEUR

Le Seigneur gardera tous les deux sous son aile. Pour mieux nous assurer sa clémence éternelle, Invoquons sainte Agnès.

(Il ouvre les volets du triptyque.)

Puis, je vous le promets, La marquise et son fils ne sortiront jamais Du château.

LE MARQUIS

Que dis-tu? Traiter en prisonnière Grisélidis, la fleur éprise de lumière, Que j'ai cueillie en mon chemin, Du ciel clair buvant la rosée ?

Garder captif l'oiseau dont l'aile s'est posée Si confiante dans ma main ?

Grisélidis esclave ? Oh ! non. Que dès demain Les portes s'ouvrent devant elle.

Et que sa liberté soit telle

Qu'elle aille, s'il lui plaît, écouter dans les bois Aux murmures du vent les adieux de ma voix, Chercher mes yeux le soir dans quelque étoile en flamme

LE PRIEUR

C'est tenter Dieu que tant croire à sa femme.

LE MARQUIS

C'est Dieu qu'elle invoqua dans un serment sacré Et j'en jure aujourd'hui par sa toute puissance ; De deux choses jamais, non! je ne douterai : C'est sa fidélité, c'est son obéissance.

LE PRIEUR

Heu ! le Diable est malin.

LE MARQUIS

Si le Diable était là J'en jurerais encor.

[Dans le triptyque ouvert la figure de pierre du Démon s'anime et d'un hond saute dans COra^ taire.)

LE DIABLE

Monseigneur, me voilà I

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