PLUS DE MOUCHOIR
D'un bond, je courus chez le savant chez qui je me fournis d'habitude :
— Comment, maître, vous décrétez la juppression du mouchoir au nom de l'hygiène! Mais réfléchissez donc...
Du coup vous enlevez leur éclat aux fêtes franco-russes !
Vous raccourcissez la minute des adieux !
Mais, pour les Parisiens de la pelouse et de la revue, le mouchoir est plus qu'un simple carré de toile : c'est presque un toit, un foyer !
Supprimer le mouchoir, c'est supprimer l'invalide! Et tant que... je m'entends.
Vous rejetez sur le pavé toute une classe d'intéressants et adroits « travailleurs en, poches ».
Où donc, s'il vous plaît, mettrons-nous nos armoiries depuis qu'on ne porte plus le costume moyen âge ?
Vous bouleversez le théâtre.
Et puis, il n'y a jpas que la France! Songez qu'un Turc sans le mouchoir est un navigateur sans la boussole!
Et comment feront les Anglais, s'il vous Et puis, malheureux, avez-vous songé plaît ? aux nègres ?
— Ça, c'est des raisons d'un autre âge. Quand je me mouche, comme ceci, je mobilise une armée de vingt-six millions de combattants... Si je me remouche...
Alors, sans attendre l'arrivée du 1 1" corps d'armée, je battis en retraite... Oh! les savants I