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ON DEMANDE UN SIGNE

On mande de New-York :

« Dans l'État de New-Jersey, les Chambres législatives viennent de voter une loi qui défère à la justice tout homme marié convaincu de faire^ la 'cour à toute autre femme qu'à la sienne, ainsi qu'à tout homme marié qui aurait tenté de se faire passer pour célibataire. La loi a trouvé aussitôt son application : un certain William Perkins, notable de New-York et marié, a été arrêté sur la dénonciation d'une jeune fille qu'il courtisait; il passera incessamment en jugement.

« Pendant la prochaine session, la législature de New-Jersey aura à se prononcer sur un projet de loi qui prétend imposer aux hommes mariés l'obligation de porter un signe distinctif, probablement une sorte de décoration, qui ne laissera aucun doute sur leur situation légale. »

Ce qui sera bon pour l'Amérique sera excellentchez nous, pour mettre la candeur de nos admirables ingénues à l'abri des Don Juan mariés (les pires des Don Juan).

On propose le brassard, l'écharpe ou la cocarde à flots de rubans, ou encore un beau plumet. Mais tous ces signes ont le désavantage d'avantager les séducteurs ; et puis, comme dit cet autre, ça s'enlève !

L'habit à bigarrures?... N'est-ce pas un peu humiliant, comme l'habit d'Arlequin, du reste, surtout quand on est dans les affaires ?

Certains proposent l'écriteau ou...

... un gros numéro. Mais cela prêterait à des confusions regrettables.

11 est question d'un timbre humide, à l'encre indélébile...

... ou même de caviariser les faces des hommes mariés.

Cruautés !

L'anneau dans le nez avantagerait quelques-uns.

Et les grelots prêteraient à des plaisanteries.

Le plus sûr est encore le tatouage. A droite, le cachet du maire.

A gauche, les portraits de tous les enfants, dans l'ordre de primogéniture.

Dans le creux de l'estomac, l'image de l'épouse, et, dans le dos, la belle-mère !

Certains maris se passeront d'un signe artificiel ; on les reconnaîtra toujours.

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