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LE COMTE HOY

terrible instant d'une séparation qui doit être éternelle, elle est affaissée sous le poids de ses douleurs ; son âme entière a passé dans son regard suppliant, sur ses lèvres murmurant la prière, dans ses mains placées avec amour et vénération au devant de la poitrine d'un père, pour s'opposer à sa marche et faire un appel à son cœur.

Il y a une simplicité d'expression admirable dans l'ensemble de cette jeune fille vêtue de blanc. Sa belle et gracieuse tète s'abandonne bien; son renversement en arrière développe habilement le col gonflé par la plainte et l'angoisse. Aucune partie du costume ne cache ses bras étendus avec une candeur fémiuine inexprimable.

C'est une des plus heureuses créations du maître. Il en a trouvé les éléments dans son culte à la mémoire de ses parents, dans sa manière vive et respectueuse de comprendre les liens rattachant l'un à l'autre l'enfant et l'auteur de ses jours.

L'effet produit par cette convulsion de la nature est extrêmement poétique. Ces teintes solides, ces ombres portées, s'agraudissant à mesure qu'elles arrivent en avant; une couleur vigoureuse, l'entente du clair-obscur, sont des qualités précieuses dans cette esquisse; mais elle se recommande plus encore par la justesse du sentiment et de la pensée.

Le portrait de M. le comte Roy, exécuté sur une petite toile, est l'un des mieux réussis du maître.

L'ancien ministre des finances sous Louis XVIII se présente en buste, sur une toile d'une petite mesure. La tète, pleine de finesse et d'expression, se détache sur un fond vigoureux. Un habit bleu, boutonné vers le bas, laisse voir la croix de commandeur de la Légion d'honneur, le cordon de l'ordre du Saint-Esprit et le ruban bleu.

Le modelé de cette peinture est ferme, savant et facile. Les cheveux poudrés de blanc rendent plus vivants encore les tons chaleureux des chairs. L'animation de l'œil est reproduite avec une vérité parfaite.

La lumière est distribuée de façon à frapper principalement le visage, pour do là se répandre, en se dégradant, sur la poitrine. Cette disposition donne un relief puissant à l'ensemble. Ce portrait, peint en 1820, est d'une conservation parfaite.

Nous avons dit combien le général Dessolles avait été bienveillant pour Gros, en Italie et dans les premières années du retour du jeune artiste en France. Gros eut la bonne fortune d'avoir une occasion de se montrer reconnaissant envers son ancien protecteur, en peignant sa fille, jeune et gracieuse personne, dans tout l'éclat de la fraîcheur et de la beauté.

M 11 ' Dessolles est assise sur un fauteuil : ses jolis doigts, déliés et roses, sont entrelacés autour du genou droit, élevé. Cette situation imprime une molle et naturelle flexion à son corps, dont la souplesse s'harmonise avec la pose de la tète et du col. La ligne descendante de la jambe gauche étendue, fait un contraste heureux avec le contour de l'autre extrémité inférieure, bornée au-dessous du genou par la bordure du cadre.

Une simple robe blanche avec une ceinture pareille est le vêtement de M" e Dessolles. Un bout de châle, d'un ton jaune, apparaît sur le dossier de son fauteuil. Aucune draperie ne cache le haut de la poitrine. Les bras sont nus.

La tête est un chef-d'œuvre, où la poésie et l'exécution se disputent notre admiration entière. Il est impossible de rêver une plus délicieuse image de la jeune fille à l'âge on, s'ignorant encore, elle ne s'est pas rendu compte des douces émotions dont le germe est dans son cœur. Si, d'un ensemble séduisant, on passe à l'examen détaillé des traits, on voit un front candide; un sourcil dont l'arc élégant atteste le calme d'une âme ingénue; un œil bleu, d'où s'échappe un regard limpide à travers la pénombre de cils noirs et soyeux; un nez droit, d'une finesse et d'une forme exquises ; des lèvres animées d'un vif incarnat par un pinceau chaste et pur; un sourire naïf; un menton délicat, réunissant les contours des joues et complétant, avec elles, un charmant ovale. Joignez à cela des cheveux lustrés, qui glissent en serpentant des

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