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CHARLES X

état-major. A la droite, est l'infanterie présentant les armes ; la cavalerie se déploie à la gauche. Une calèche, soulevant des tourbillons de poussière, roule dans le lointain et contient les princesses assistant à la revue; des rayons lumineux, s'échappant des nuages entr'ou verts, éclaircissent le fond et indiquent la cessation d'un orage. Sur le devant est une borne avec cette inscription : Commune de Reims.

Ce portrait attira de sévères critiques à l'auteur. Sans les admettre toutes, nous devons le reconnaître, cette toile manque de nerf; les tons sont vides, tant ils sont diaphanes ; ils donnent l'idée d'une belle ébauche avancée, et non d'un tableau fini. Pour un simple portrait, il y a trop d'accessoires ; ils n'ont pas assez d'importance, s'il s'agit de montrer le roi passant une revue. La tète est ressemblante: nous lui préférons l'étude faite d'après nature par Gros, et que sa veuve a léguée au duc de Bordeaux.

P1A.F0NDS DU LOUVRE

Charles X avait réuni assez de matériaux pour former un Musée égyptien. On mit en réquisition les artistes les plus distingués de l'époque, pour peindre les plafonds de cette nouvelle galerie ouverte dans le Louvre, Gros eut eu partage la salle d'introduction ; il fut chargé d'écrire ainsi la préface du grand ouvrage. Gros fut également désigné pour la peinture du plafond de la cinquième salle, subdivisée en neuf compartiments. Nous allons nous occuper delà première. Le motif de la décoration était indiqué naturellement : le Uoi donnant aux Arts le Musée Charles X.

S'adresser à Gros pour une allégorie, c'était méconnaître étrangement le caractère et le principe de son génie. Gros pouvait ressembler à Rubens au point de vue du coloris, mais il en différait considérablement sous le rapport de l'idéologie pittoresque.

Gros était comme le géant de la fable : il avait besoin d'appuyer son pied sur la terre, pour avoir l'usage entier de ses forces ; il devenait faible en la quittant. Ses travaux allégoriques se ressentent de l'absence de cette condition essentielle. Ils témoignent de l'embarras du compositeur pour relier ensemble les choses de ce monde et la présence de ces êtres mythologiques, dont la poésie grecque a peuplé les cieux.

Il fallait à Gros des passions, des sentiments à rendre. On devait passer par son cœur pour arriver à son esprit. L'administration commit une faute en déplaçant le peintre de sou véritable terrain ; il en supporta seul les conséquences.

Le public était en droit d'attendre beaucoup de l'auteur de Jaffa, d'Aboutir et d'Eylau. La critique ne tint pas compte de ce déplacement, ni de cette position équivoque, où, sans avoir un appui solide sur une réalité positive, on ne peut pas cependant s'élancer, en liberté, dans le domaine illimité des fictions de la fable antique.

Le public pouvait être exigeant ; il se montra sévère. 11 vit dans le résultat obtenu par Gros, dans une carrière nouvelle, un commencement de décadence; l'on n'examina pas si l'artiste avait été poussé maladroitement dans une voie en dehors de ses aspirations.

Voici comment le peintre a procédé, sur une toile oblongue, à angle droit du coté gauche, et demi-circulaire de l'autre, en raison des dispositions architecturales.

Charles X est sur un trône, entre l'Abondance et la Paix, caractérisées par leurs attributs : elles sont assises sur les marches, pour exprimer leur fixité près du roi de France. 11 a derrière lui la Justice, montrant la liste des grâces qu'elle vient d'obtenir. Charles X indique un monument, figurant l'entrée du nouveau Musée, dont la destination est marquée par un sphinx place sur la paroi latérale, en avant du péristyle ; son emplacement géographique est déterminé par les trois figures de femmes, couchées au premier plan, et personnifiant la Nièvre. l'Ourcq et la Seine.

La première exhausse une draperie rappelant l'art de la teinture; l'Ourcq appelle également sur ses produits l'attention de la Seine, reconuaissable au luxe de sa parure et à l'empressement d'un Génie qui lui présente une corbeille de fleurs. Gros a constaté de celte façon la suprématie de la Seine, recevant directement ou indirectement le tribut des ondes de ses compagnes. Un dauphin et des cygnes terminent ce groupe et dénotent l'état de la navigation parisienne jusqu'à la mer.

Entre ce plan et celui où se tient Charles X, est un groupe de femmes; un Génie est au milieu d'elles : il porte une cassolette enflammée. A leur tête est l'Histoire, puis viennent la Peinture, la Sculpture, l'Architecture, la Musique et la Poésie, au-dessus desquelles s'élance le Génie de la France, s'avançant vers le roi.

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