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PLAFONDS DU LOUVRE

La portion circulaire contient nn épisode relatif aux malheurs récents de la Grèce, cet antique berceau des arts.

Elle est sous les traits d'une jeune femme éplorée, portant un jeune enfant sur les épaules et implorant l'appui d'Hercule, assis et figurant la Puissance ; l'Humanité signale cette position déplorable, faisant couler les pleurs d'une femme, qui, les mains jointes, semble intercéder auprès du ciel en faveur de l'infortunée.

Excepté dans cet endroit du plafond, il n'y a rien d'intéressant pour le cœur : l'esprit seul a fait les frais des autres parties, assez froidement conçues et exécutées.

Le pinceau n'a pas été libre d'agir. II s'est resserré dans des limites restreintes ; il n'y a pas cette fougue qui transporte dans Aboukir : ce sont des morceaux adaptés les uns aux autres.

On y rencontre des chairs d'une grande fraîcheur, notamment dans la figure, demi-nue, de la Seine, dont le modelé est remarquable par son grandiose. Hâtons-nous de le dire, cette toile n'est pas achevée. On exigea de (îros qu'elle fut placée en cet état, le jour de l'ouverture du Musée, et elle fut jugée comme si l'artiste y eût mis la dernière main. Elle lui fut rendue pour être terminée : elle ne l'était pas à sa mort.

Cette grande page a été remplacée au Louvre par un autre ouvrage de Gros, dont nous donnerons la description plus loin. On y retrouvera le développement de la pensée relative à la Grèce ; les beaux-arts y jouent également un rôle important ; mais Charles X en est exclu, ainsi que tout ce qui ressortait de la donnée primitive.

Ce ne fut pas l'effet d'un simple caprice ministériel. La révolution de 1830 avait prononcé. Charles X partit pour l'exil. L'image du roi dépossédé subit la conséquence du sort éprouvé par le modèle.

La cinquième salle se compose de neuf subdivisions. Six occupent les deux parties latérales ; les trois autres sont au centre et d'une plus grande étendue. Les petits compartiments sont consacrés au souvenir des grands siècles, où les arts ont brillé du plus vif éclat. Les bustes de Périclès, d'Auguste, de Léon X, de Fran-

vois I", de Louis XIV et de Charles X personnifient ces mémorables époques. Les trois premiers bustes sont du côté du fleuve ; les autres sont dans la travée regardant la cour du Louvre. Les plafonds sont au milieu.

Nous les diviserons, pour plus de clarté, en oentre, côté droit et côté gauche.

La véritable Gloire s'appuie sur la Vertu. Tel est le sujet du centre, peint sur une surface circulaire.

La Vertu est assise sur un tertre élevé ; elle est vêtue d'une tunique blanche; un bandeau, de même couleur et symbolisé par des étoiles, couvre son front, oh la sérénité réside ; des cheveux noirs descendent sur ses épaules; ses yeux sont tournés vers la Gloire ; la main gauche montre le ciel et l'autre s'étend sur la poitrine. Ses jambes sont pudiquement rapprochées. A ses pieds est une paisible colombe. Une légère draperie verte pend du bras gauche de la jeune fille et va se perdre derrière son corps, pour réapparaître en plis pressés sur le terrain. Un petit autel est a la gauche de la toile. L'encens fume. La face antérieure offre les mots Deo, Régi, Palriœ.

La tête de la Vertu a une expression simple et douce. Il y a trop dé réserve dans rajustement. L'auteur s'est trop préoccupé du soin d'imprimer un caractère de modestie aux mouvements de cette jeune fille, en lui donnant l'aspect de quelqu'un cherchant à éviter les regards et se faisant petit. Gros aurait pu se mettre plus à l'aise, tout en rappelant que la vertu agit dans la vue du bien seul et pour obéir aux instigations de la conscience, sans rechercher l'éclat. Il a du le penser ainsi ; car la véritable Gloire est conçue de manière à faire prévaloir, au contraire, des qualités plus excentriques. Elle est debout et s'avance sur la jambe gauche, en s'approchant de la Vertu, sur laquelle elle appuie avec confiance son bras gauche ; elle tient en main une palme et un rouleau entr'ouvert, où sont écrits les mots : Lettres, Sciences et Arts.

Le pied droit de la Gloire est sur un plan plus bas et plus éloigné. Elle a dans sa main droite une épée, dont la pointe est abaissée, et dont la poignée s'encadre dans une couronne de lau-

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