‹ Groupe sanguin et intervention chirurgicaleChapitre 3 sur 11 · MATE · texte numérisé non relu

MATE

piquée (aussitôt l’éther avant servi à la désinfection bien évaporé, afin d'éviter le laquage des hématies).

Le sang est immédiatement dilué dans les six gouttes de sérum ; quelques mouvements de balancement sont imprimés au dispositif carton-lame de verre. L'agglutination peut ne se produire qu'au bout de trois à quatre minutes.

Nous nous excusons de la minutie de tels détails, mais ils ont leur importance. En procédant ainsi nous mettons nos sérums en contact avec du sang périphérique fraîchement émis, et la réaction se fait à la température de la salle, température favorable à une bonne réaction et sensiblement constante pour toute la série des déterminations. On sait que la température est un facteur très important ; plus la température est basse, plus la pseudo-agglutination est accentuée,

alors qu'elle est pratiquement supprimée à 37°.

Nous employons une lame de verre comme moyen de contrôle du carton (les qualités de bristol peuvent varier) et parce que sur du verre, soigneuseinent passé à l'alcool, lPagglutination apparaît beaucoup plus nettement, à notre avis, que sur un carton ; de plus, dans certains cas, l'examen par transparence de la préparation permet de déceler une agglutination très légère qui aurait pu passer inaperçue autrement.

Bien entendu, nous nous sommes efforcé d'éviter les erreurs d'interprétation de la réaction ; nous nous sommes mis en garde contre les phénomènes de pseudo-agglutination, auto-agglutination, Ssédimentation globulaire, pan-agglutination. D'ailleurs, avec un peu de pratique, l'agglutination ne prête pas à confusion ; son aspect typique est tout à fait caractéristique, et, pour plus de sûreté, nous n'avons retenu dans ce travail que les déterminations ne pouvant prêter à aucune erreur d'interprétation.

Avant de passer à l’importante question des sérums, déplorons de n'avoir pu réaliser l'application du facteur temps comme nous l’aurions voulu, c'est-à-dire en pratiquant lexamen de contrôle du groupe sanguin au bout d'un laps de temps égal, dans tous les cas, à partir de la fin de lintervention.

La justesse d'une détermination de groupe dépend, en majeure partie, de la qualité du sérum employé.

Pr

Il est donc primordial que le sérum-étalon choisi soit très actif ; macroscopiquement, un bon sérum doit se comporter comme un réactif puissant, capable de déceler la plus légère agglutination qui pourrait se produire. Il ne peut y avoir de réaction sensible sans bon sérum (et cependant, il ne faut pas sous-estimer le rôle qui, dans une réaction, appartient en propre aux hématies). Le sérum doit conserver intactes ses propriétés de justesse et d'activité, sinon il a perdu sa valeur, d'où la nécessité de vérifier fréquemment les sérums et de se méfier de leur vieillissement. On ne saurait être assez sévère et méfiant en tout ce qui concerne le parfait état des sérums.

Nous avons préléré, dans ces recherches, préparer nousmême nos sérums et nous avons suivi les conseils de Lattes pour leur préparation.

Nous avons choisi des individus sains appartenant à des groupes déjà sérieusement déterminés ; nous avons prélevé aseptiquement le sang, en dehors des périodes de digestion, pour avoir du sérum limpide, et, le caillot étant rétracté, nous avons laissé le Sérum 24 heures à 0° à la glacière, comme le conseille Lattes, pour éviter les risques de pan ou auto-agglutination et, après centrilugation du sérum, nous l'avons mis dans des tubes capillaires, stérilisés, en verre diversement coloré (bien que le verre soit un corps instable, tous les sérums sont usuellement conservés dans du verre), scellés à la lampe. Toutes ces manipulations sont faites avec une asepsie rigoureuse et les sérums, stériles, sans adjonction d’antiseptiques, sont conservés dans l'obscurité. Nous avons laissé s'écouler vingt jours, au moins, entre la préparation des sérums et leur utilisation, les sérums jeunes étant moins actiis.

Bien entendu, avant de les employer, nous les soumettons à des vérifications aussi nombreuses que possible à laide d’autres sérums étalons et d'hématies appartenant à des groupes déterminés.

Notons, en outre, que la vérification post-opératoire des groupes est faite avec du sérum de même origine et du même âge que le sérum qui a servi à la première identification du groupe, et que nous avons procédé, nous-même, à toutes les déterminations de groupe.

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