RAGEANT L'ABSTINENCE TOTALE
A Notre Vénérable Frère, John Zreland, Evéque i* Saint Paul, Minn., Léon XIIL, Pape.
VENÉRABLE FRÈRE :—Salut et bénédiction apostolique.
Les œuvres admirables de piété et de charité que vous nous avez fait connaitre et par lesquelles nos fidèles enfants des Etats-Unis, travaillent à assurer non seulement leur propre bonheur temporel et éternel, mais aussi le bonheur de leurs concitoyens, nous donnent les plus grandes consolations. Nous nous sommes particulièrement réjoui er apprenant le zèle et l'énergie que vous déployez pour combattre, par différentes associations et spécialement par L'UNION CATHOLIQUE D’ABSTINENCE TOTALE, le vice destructeur de l’intempérance. Car nous n’ignorons pas tout le mal que la boisson cause à la foi et aux mœurs; et nous ne pouvons trop féliciter les évêques des Etats-Ur's, qui, dans le dernier Concile de Ballimore, ont condamné cet abus des boissons dans les termes les plus énergiques, déclarant que lintempéranee pousse continuellement à tous les crimes, qu’elle est la cause de tous les maux, qu’elle plonge les familles dans la plus
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affreuse des ruines, qu’elle conduit un rombre infini d'’âmes à leur perdition éternelle ; déclarant, en outre, que les fidèles qui se livrent à l'intempérance deviennent un scandale pour leurs frères
séparés, et un grand, obstacle à ja propagation de la vraie religion. C’est pourquoi nous approuvons hautement le noble but de vos pieuses associations dont les membres s'engagent à s'abstenir totalement de toute boisson enivrante. On ne saurait douter que c'est là le remède le plus propre et le plus efficace Contre ce grand mal, et que tous seront d’autant plus portés à s'abstenir totalement de l'usage des boissons, que la dignité et l'influence de ceux qui donnent l'exemple seront plus grandes.
Mais le prêtre, plus que tous les autres, doit se distinguer par son zèle dans cette cause. Le prêtre appelé à nourrir le peuple des paroles de la vérité, à le former à la morale chrétienne, doit aussi et avant tout, lui donner l'exemple de la vertu. Que les pasteurs fassent donc tout en leur pouvoir pour faire disparaître du milieu de leurs troupeaux cette plaie de l'in tempérance, par des instructions et des exhortations assidues; qu'ils brillent aux yeux de tous comme des modèles d’abstinence, afin de dé-, tourner les terribles calamités dont ce vice menace et l'Eglise et l'Etat,
Nous prions le Dieu tout puissant de combler vos désirs, de diriger vos conseils, de séconder vos efforts; et comme gâge de la protection divine et de notre affection paternelle, nous vous accordons de tout cœur, à vous, vénérable frère, et à tous
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ceux qui travaillent avec vous dans cette sainte ligue, la bénédiction apostolique.
Donné à Rome, le 27ième jour de mars de l’année 1887, la dixième de notre Pontificat.
LÉON XIII, Pape.
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Les sociétés de tempérance.
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L'association est une grande puissance: elle réunit toutes les forces comme en un faisceau ; elle dirige vers un but commun, les pensées, les aspirations et les efforts des associés.
L'association est la puissance du jour pour le bien comme pour le mal, Aussi l'Eglise presse-telle l'établissement des sociétés de tempéra: ie partout, L'expérience démontre quelles sont ie meilleur préservatif contre le fléau de l'ivrognerie,
Or, que voyons-nous? D'une part les maux inçalculables causés par la boisson : des enfants en haïllons, pâles, chétifs, souffrants, dépourvus d'éducation ; des épouses etides mères dénuées de tout, les larmes aux yeux, presque désespérées, battues et traitées plus durement que les plus vils animaux, des prisons et des hôpitaux remplis par l'intempérance : de l’autre quelques sociétés
de tempérance seulement, et sur ce nombre très peu qui soient florissantes, Si notre population n'en avait aucun besoin, s’il n'y avait pas un bien immense à faire, la chose pourrait s'expliquer. Mais je crois avoir amplement démontré, dans
ces quelques pages, que la boisson est le fléau de nos Villes et de nos Campagnes,
Le Souverain Pontife, les Conciles provinciaux, et les évêques dans leurs diocèses respectifs insistent sur la nécessité des sociétés de tempérance, Comment se fait-il quelles soient si rares dans nos paroisses ? Il ne m’appartient pas d'essayer à 4! expliquer ce fait ; je veux seulement le constater.
N'oublions pas que les sociétés de tempérance ne sont pas établies seulement pour les ivrognes.
Elles sont surtout un préservatif contre l'extension de l’ivrognerie,
Moins il y a d’intempérants dans une paroisse, plus cetté paroisse :ctirera d'avantages d’une telle association, Heureux celui qui peut se guétir d’une maladie contagieuse; plus heureux
ME encore celui qui n'a pas à en redouter les attein il] tes.
J'ai entendu bien des fois, des hommes haut placés, des citoyens tout à fait respectables me dire : noi jé n'appartiens Pas à la société de tempé- Yance degna paroisse; je n'en sens Pas le besoin ;