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population surtout d2:: 144 es, ct leur multi. tiplication incessante doit être le sujet d’une inquiétude générale.
L'homme rencontre partout l'occasion + Ja tentation de boire. L'alcool le Poursuit partout, matin, midi,et soir, Il le trouve là où il tient son Commerce, tout près de sa boutique, à la porte de sa résidence privée, à côté de l'école, en face de l'Eglise, Chaque maison de pension, restaurant, aubcrge, épicerie est changée en cabaret : et chaque cabaret représente, pour l'ouvrier une étape dans la marche vers la misère. Il ne saurait acheter une livre de thé ou de sucre sans respirer l’odeur de l'alcool. Entrez dans une épicerie quelconque ; tout l'art du marchand consiste à savoir faire le plus bel étalage possible de boutcilles de 55, de whiskey, de Übrandy, de rye, etc. etc., etc., etc.
Il faudrait ne Pas connaître la faiblesse humaine Pour ignorer que des mill':rs de personr : boiront quand l’occasion les Poursuit, qui ne l’auraient pas fait si elles avaient dû se donner du trouble pour trouver la boisson..-
Il semble, en vérité, que les classes ouvrières oient tenues de devenir ivrognes, :‘ fortes et si nombreuses sous les tentations et Oo asions qui les poursuivent,
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Chaque salon est en réalité une agence, chargée de faire des ivrognes, Comme l’on sait bien qu'il est impossible de prendre les mouches avec du vinaigre, on invente des plaisirs toujours nouveaux pour surprendre et tromper les imprudents: concerts, danses, billard, cartes, représentations de pugilistes, jeux d’acrabates, etc. etc, tout est mis en œuvre pour faire du cabaret un centre d'attraction. Prises dans ces filets, il faut que les victimes boivent, On boit, on boit encore, on boit à la ronde ; on joue des traites aux dès, aux cartes; les /raites succèdent aux /raites et le héros se trouve toujours être celui qui vide le plus rapidement, le plus grand nombre de verres.
Les vapeurs du whiskey montent à la tête, la raison s’obsci les chants obscènes succèdent au blasphème, et ces malheureux seront mis à la porte quand leur de, ier sou aura roulé sur le comptoir de ce marchand, véritable assassin de ses frères,
Sans doute qu'il y a beaucoup d’honorables exceptions ; il ne faut pas l'oublier, et ce serait commettre une injustice que de ranger dans cette classe d'hommes sans honneur ni conscience, tous ceux qui sont licenciés pour la vente des boïissons enivrantes, Oui, il y a des hommes honorables parmi ceux qui vendent des liqueurs, des
hommes qui observent la loi et tiennent des maisons où un citoyen respectable, peut entrer sans rougir. Mais qu’ils sont nombreux ceux qui se font un plaisir cruel de spéculer sur le bonheur des familles ! qu’ils sont nombreux les individus que nos Commissaires ne devraient Jamais autoriser à tenir des auberges, salons, ou restaurants.
La loi veut que tout applicant ait un certificat d'honnêteté, de sobriété, de bonne réputation ; Voilà la lettre de la loi, mais telle n’est pas la pratique dans une foule de cas. Souvent, disait le juge Noah Davis parlant des débitants de liqueurs de New-York et de Philadelphie, le seul Certificat de caractère qu'ils puissent présenter à été signé à Sing-Sing. J'aime à croire que ce jugement serait trop sévère chez nous : il n’en est Pas moins vrai qu'un grand nombre des licenciés n'ont pas les qualifications voultes pour tenir une maison respectable, L'unique devise de ces hommes est de faire de l'argent quand même. Le nombre illimité de débitants, et la compétition, devenue nécessaire pour leur permettre de vivre, les force en: quelque . sorte à recourir aux moyens les plus condamnables pour attirer la clientèle, Le nombre des maisons licenciées est si grand, qu'il est devenu Presque impossible de conduire le commerce des boissons conformément aux lois civiles et morales et d'y faire de l'argent.
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i Î ettes Il y a des maisons qui, pour grossir leurs se pi provoquent à l'infraction de la loi et au crime, font de vrais repaires de brigands.
L'intempérance et la sanctification du dimanche,
Souvenez-vous de sanctifiér de jour du Sabbat. (Exod, XX, 8).
Rien de plus juste, rien de plus légitime que l'observation du jour du Seigneur. C'est la loi de Dieu. De l'observation de ce précepte dépend la fidélité de l'homme à toutes les autres lois ; de là découlent la prospérité et le bonheur des familles. La loi civile qui prohibe, le dimanche, le trafic en général, et plus spécialement 1: commerce des boissons enivrantes, ne fait donc que confirmer le précepte divin, pour en rendre l’accomplissement plus facile à l'homme. C'est que la Religion et l'Etat voient dans l'observation du dimanche une garantie de prospérité, ; le repos de ce jour est nécessaire à l'une comme à l’autre,
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74 (UERRE À L'INTEMPÉRANCE,
Le banquier, le négociant, l’homme de profession font trève ce jour là aux préoccupations des
affaires, seul le débitant de boissons tient ouvertes 1 les portes de son établissement, et se moque de la { reliÿion et de la société, La vente des boissons enivrantes rend impossible la sanctification du dimanche, Ce jour de- |
mande la paix, le repos, la tranquillité, et la boisson engendre le bruit, le trouble et le tumulte,
Certains débitants de liqueurs se mequent ou-
vertement de la ioi; si, par un reste de crainte ils ferment l'entrée principale de leurs maisons, ils auront des portes dérobées et secrètes par où ils attirent leurs victimes.
Que de crimes, que de scandales commis dans ces repaires! C’est là que les jeunes gens et les enfants vont se perdre, Ils s'y accoutument à oublier que le dimanche est le jour consacré à Dieu ; ils y apprennent à mépriser la religion et ses lois. À force de voir boire, ils voudront boire : entendant chanter, ils voudront chanter eux aussi
dune ce qu'ilsauront appris ; n’écoutant que des blasphèmes et des propos impurs, leur esprit et leur cœur seront bientôt remplis de cette pourri-
ture, et les fils de cette génération maudite cour- | ront un jour, comme leurs pères à toutes les or- L gies, . 1
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C'est un devoir sacré pour tous les hommes de cœur, d’user de toute leur influence pour mettre un terme à ces abus, et ceux qui, par leur position, ont ie devoir et le pouvoir d'empêcher ces désordres et ces crimes, en répondent devant Dieu et devant la société, si par faiblesse, ou par lâcheté, ou par d’autres considérations humaines, ils ne le font pas.
“ Un chrétien devrait éviter avec soin non “ seulement ce qui est positivement mal, mais “ même ce qui a l'apparence du mal et plus par- “ ticulièrement ce qui en général y conduit. C'est “# pourquoi les catholiques devraient renoncer avec “ générosité à tout amusement, à toute affaire “ qui peut les empêcher de sanctifier le dimanche, “ ou qui peut conduire à la violation des lois de “ Dieu et de l'Etat. Le commerce des boissons le
“ dimanche est certainement le plus dangereux “ de tous les commerces, puisqu'il cause tant et “ de si grands maux à la religion et à la société. “ Que les pasteurs des âmes travaillent donc avec “ courage à déraciner ce mal, qu'ils multiplient “les avertissements et les exhortations, qu'ils “ aient même recours aux menaces et aux peines “ quand cela devient nécessaire, Ils devraient “ faire tout ce qui dépend d'eux pour faire dispa- “ raître cette tache, la seule qui obscurcit encore “ l'éclat du jour du Seigneur.” (Paroles des Pères du 3ième concile de Baitimore).
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L’intempérance et les usages de la société.
L'intempérance est un vice particulier, une passion qui s’acquiert. La nature entraîne l’homme à bien des excès, mais si elle n'a été pervertie, elle ne le pousse pas à un usage immodéré des boissons alcooliques. Nous naïissons tous avec une passion dominante: pour les uns c'est la colère, pour d’autres l’orgueil, ou quelque vil penchant ; mais il y a bien peu d'hommes qui naissent ivrognes. Si les parents ont donné à leur enfant, avec la vie, un goût naturel pour les boissons, les excès dont cet enfant se rendra peut-être coupable plus tard, pourront être jusqu'à un certain point excusables ; ce n'est là qu'une exception. On ne devient pas ivrogne en un jour, et livrognerie est un vice qui se contracte par la violation répétée des Idis de la tempérance. Or tout dans
notre société et dans nos mœurs tend à favoriser le développement de l’intempérance. L'influence de l'opinion publique est immense, et l'opinion publique enseigne et prêche l’intempérance, Plus d’un parmi ceux qui prennent un premier verre pour satisfaire aux exigences sociales, en se promettant bien de ne jamais aller jusqu'aux excès, tombent victimes de la boisson.
L'opinion publique exige que les vins les plus variés coulent sur la table de tous les banquets.
Des amis se rencontrent après quelques seinaines, quelques jours de séparation ; le plaisir de se revoir serait incomplet si on ne prenait plusieurs verres de boisson ; il faut donc entrer au cabaret.
Il n'y a pas deux maisons sur dix, à la ville comme à la campagne, où l’on ne trouve quelque variété de liqueurs et souvent plusieurs à la fois. Et pourquoi ces folles dépenses ? toujours pour satisfaire les exigences de la société. Que des parents ou des amis viennent vous visiter ; il faut bien être en mesure de leur offrir à boire. Dans un grand nombre de familles, on croirait insulter ses hôtes, si on ne leur présentait de la boisson. Les enfants grandissent ayant toujours sous les yeux le facon de gin, la bouteille de whiskey ou de;,brandy et contractent insensiblement des habitudes d’intempérance et d’ivrognerie. L'u-
d à favoriser sage de la boisson est en quelque sorte entré
L'influence dans nos mœurs. Les affaires les plus sérieuses et l'opinion se traitent au restaurant, C'est autour d’une érance. Plus table chargée des vins les plus exquis, que sont remier verre très souvent discutés les grands intérêts des s, en se pro- | familles et de la société.
u’aux excès, | Si on lève une maison ou un bâtiment quel-
conque, on met le bouquet sur la dernière paire vins les plus : de chevrons, puis il faut #owiller la bâtisse sous banquets. peine de passer pour mesquin.
Aves-vous signé un contrat, fait n'importe
ques sernai- Eee ; quelle transaction, il faut prexdre un coup ; il faut
le plaisir de prenait plunc entrer au
aver la traite à pronos de tout et à pronos de E PEVI rien, On boit pour se réchauffer ; o7 boit pour se radis dite fraichir ; on boit pour prendre le coup d’appétit ;
ouve quelque ke Vo ns d x | boit pour aider la digestion ; oz boit pour la rendre eurs à la fois |. | L 5 ; i
: | plus lente; on boit pour se donner du nerf; on toujours pour ?
té. Que des boit pour s'étourdir ; 07 boit pour trouver le somisiter ; il faut | boire. Dans | : = : s ue raté féilter | du désœuvrement ; o2 Üoit dans la peine, 07 bori LL e Î le la boisson.
jours sous les e whiskey ou
il faut prendre un coup pour finir le repas ; ox *
meil; ox boit pour le chasser ; ox boit par complaisance pour les amis ; 0 boit pour chasser l'ennui
dans la joie; à la maison, à l'atelier, en voyage, | aux funérailles, en excursion de plaisir, partout, toujours.
blement des | Il n'est pas étonnant, qu'avec ces mœurs et ces | usaces, l'opinion publique reconnaisse le commer-
gnerie. L'u-
ce des boissons comme l’un des plus honorables, qu’elle permette aux violateurs de la loi de marcher la tête haute et de s'enrichir sur la tombe de leurs concitoyens,
1onorables, oi de mar- 1 tombe de
| PRÉ ERREMET PÉTS ST
« nu RE
Je bois un coup et ne m’enivre pas.”
Voilà ce que disent ceux qui commencent à boire, pour excuser leurs fautes ; il est facile de trouver des raisonnements spécieux. À force de mal raisonner, ils se faussent le jugement et la conscience, et finissent par penser et agir en dépit du bon sens et de la dignité morale, Au lieu de suivre les dictées de la raison et du devoir, ils se laissent guider par la sensualité et l'imagination, et vont, commeles papillons étourdis se jeter dans la flamme qui les consumera.
Le jeune homme qui débute dans l'usage de la boisson se rassure contre les cris desa conscience, » en se promettant de ne jamais commettre d’excès. Il se jette dans le danger, un danger grave; ilse promet bien de ne pas y périr, et pourtant l'Esprit-Saint a dit: “ Celui qui aime le danger y périra” (Eccli, iii, 27). Tous les ivrognes se
sont flattés, au début de leur habitude, qu'ils ne tomberaient jamais dans les excès, qu'ils goûteraient toutes les jouissances du vice, sans en éprouver les malheurs ; mais bientôt leur passion violente les a poussés au fond de l’abîme.
Ne dites donc pas ce que tant de millions d’ivrognes ont dit avant vous : “Ce n'est rien ; un Peu de temps perdu ; une modique dépense ; un petit péché de gourmandise ; je ne fais de mal à personne; je sais quand il faut n'arréter.” Vaines illusions, espoir chimérique! Celui qui méprise les petites choses tombera peu à peu” (Eccli., xix, i),
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6 El faut bien faire plaisir aux amis. ”‘
Autre raisonnement trompeur. Ne vaut-il pas mieux faire plaisir à Dieu qu'aux hommes? Et quel est donc le plus tendre, le plus généreux, le plus fidèle de tous les amis, sice n’est Dieu ? Ceux qui sont passionnés pour le vin tâchent, dit saint Augustin, de se justifier par une misérable excuse, en disant : Je fais déplaisir à un ami, si, lorsque je l'invite à un repas, je ne le fais pas boire autant qu'il le souhaite. Et moi je vous dirai, continue saint Augustin: “ Qu'il cesse d'être votre ami, celui qui veut vous rendre ennemi de Dieu, et qu’il est votre ennemi et le sien : si vous vous enivrez avec un autre, vous aurez un homme pour ami, vous aurez Dieu pour ennemi.
Et, par conséquent, considérez s'il est juste de vous séparer de Dieu, pendant que vous vous associez avec un ivrogne.”
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* C'est par une amitié ennemie, continue le même saint docteur, qu’on n’a pas honte de solliciter les autres à boire plus qu'il ne faut. (Car celui qui en force un autre à boire avec excès et jusqu'à l'ivresse, lui causerait moins de mal en blessant son corps avec une épée qu’il ne lui en fait en tuant son âme par l'ivresse, La coutume veut qu’on lutte dans la boisson, et le vainqueur obtient la louange pour son crime.”
“ Boire par complaisance est une sottise et ün péché sans excuse.”
itinue le e de solut. Car excès et mal en e lui en coutume ainqueur
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Abstinence totale.
L'abstinence totale est une nécessité morale pour un grand nombre, pour tous ceux qui ne peuvent toucher un verre de boisson sans se livrer à des excès, La boisson est une occasion prochaine de péché pour beaucoup de personnes, et elle doit être évitée absolument comme toutes les autres occasions prochaines, Un ivrogne converti et corrigé, retombera quelquefois dans son habitude, s'ila le malheur de goûter seulement la boisson. Pour ceux-là, la tempérance totale est une nécessité.
* Pour les autres, l’abstinence totale n'est qu'un conseil, qu'ils doivent suivre par amour du bon exemple, et pour se garder eux-mêmes du danger de contracter une habitude mauvaise. C'est un grand’acte de mortification chrétienne, une privation volontaire, qui ne peut que rendre l’'honime meilleur, quand ses motifs sont surnaturels, C'est
l’héroïsme de la tempérance. Si donc l'Eglise, par la voix de ses pasteurs approuve et recommande si fortement l’abstinence totale, c’est parce qu’elle y voit le moyen le plus efficace de combattre l'ivrognerie, c'est afin que les hommes, par la force du bon exemple et de l'édification mutuelle, puissent plus facilement éviter la tentation et réagir contre cette tendance générale qui porte à l'intempérance,
“ Nous sommes persuadés, écrit Monseigneur Spalding, que l'abstinence totale est excellente pour tous les hommes, Nos efforts doivent tendre non seulement à réforme les ivrognes, mais en éclairant la conscience publique, et en influençant l'opinion publique, à faire redouter davantage la boisson, à faire naître une horreur plus profonde pour les misères et la dégradation € lesquelles elle entraîne l'humanité et surtout ... femmes et
les enfants qui deviennent les innocentes victimes des esclaves de ce vice.”
Quand nous considérons, écrit Monseigneur Keane, combien l'intempérance est répandue, combien ce vice est destructeur et plein de scandale, et quand nous nous rappelons nos devoirs envers Dieu et l'Eglise, envers nous-mêmes et notre prochain, il devient évident que chacun doit faire tout ce qu'il peut, avec l’aide de la divine Providence, pour arrêter le mal, et faire
“glise, par ommande ce qu’elle battre l’ir la force elle, puiset réagir te à l’in-
iseigneur xcellente nt tendre mais en fuençant intage la profonde esquelles -mmes et victimes
seigneur épandue, de scandevoirs êmes et chacun le de la et faire
cesser un si grand scandale. La victoire dans cette lutte ne dépend pas tant des efforts des ivrognes, que des efforts de tous les hommes honnêtes et sobres. Ze vrai nerf de la guerre à l'intempérance, c'est l'abstinence totale.”
Bner pu SOUvERAIN PonxrirE Léon XIII, Excou-