Observations de Vedel. loc. cit. (Arch. Guerre
lors, itnitant hapefta, celui-ci eût été fondé à déclarer ses opérations distinctes de celles de Dupont et à sommer Reding de se rendre sans conditions. Il était également en droit de se dérober s'il se jugeait impuissant à dégager son général en chef. Il ne lui vint point à Tesprit que ce dernier n'avait plus d'ordres à lui donner et ne pouvait associer son sort au sien. <( La division Vedel, dit une lettre de la Junte de Gordoue, surprit l'arrière-garde de Reding et l'attaqua, bien que de son côté Dupont eût suspendu les hostilités. Devant cette conduite irrégulière et embarrassante, Reding adressa des représentations aux deux généraux français. Vedel répondit qu'il agissait indè- 'pendamment de Dupont et que la capitulation concernait les troujies de ce dernier et rien de plus-, » Malheureusement, les choses ne se passèrent point ainsi ; mais il est curieux d'observer que cette assemblée démontra, sans en avoir conscience, l'identité des situations respectives de Gastanos et Dupont, et fixa la conduite que Vedel avait le droit et le devoir de tenir.
Tel était en effet l'enferrement des deux armées, et l'on a peine à concevoir que Dupont, en recevant la dépêche de Lapena, n'ait point saisi le parti qu'il en pouvait tirer; il lui suffisait de la communiquer à Vedel qui, argumentant de la même façon, eût sinon fait pencher la balance en faveur de nos armes, du moins rétabli l'équilibre. Mais ceux qui avaient tout intérêt à le proclamer méconnurent le point de droit qui assurait leur salut. Les Espagnols criaient qu'ils passeraient au fil de l'épée les divisions Rarbou et Frésia? Encore avaient-ils à compter avec les 10.000 hommes de Vedel qui, dès le 20 au matin, se fussent rués à l'attaque de Raylen ; et certes, cette expectative était de nature à rabattre le ton de M. de Gastanos! Voilà ce que dictait à nos généraux le sentiment
1. Lettre de la Junte de Cordoue, 21 juillet (Arch. de Madrid).
de leur position et du sort qui les attendait s'ils s'inclinaient devant l'arrogance d'un adversaire qu'enivrait le succès. Pour des raisons qui nous échappent, et pour d'autres qui peut-être sont par trop e'videntes, ce sentiment leur fut étranger, et dès lors les prétentions de l'ennemi ne connurent plus de mesure. 11 y eut deux justices, l'une à son avantage et l'autre à notre perte, et Gastanos en devint l'unique arbitre.