Rapport de Marescot, 2 septembre 1808 (Arcli. Guerre
se décidera capituler ou à combattre; que l'ennemi était proche*. Entre dix et onze heures du matin, les généraux et chefs de corps, réunis en conseil de guerre, émirent l'avis que « l'honneur de l'armée était sauvé par le combat de la veille, et qu'il était indispensable d'adhérer aux propositions de l'ennemi pour conserver à S. M. l'Empereur des troupes aussi dévouées à son service; qu'en prenant ce parti, le général en chef cédait à lanécessité militaire la plusévidente, et qu'il devait éviter par un traité qui ne violât en rien l'honneur de l'armée, la ruine entière de ces troupes^. »
La capitulation admise en principe, il ne s'agissait plus que de désigner les négociateurs, et Dupont songea de nouveau à Marescot. En l'envoyant, le matin, à Andujar, il lui avait dit : « Vous connaissez Castanos; il doit avoir de la considération pour vous. Persoune n'est plus en état que vous d'adoucir notre sort. » Marescot refusa les pleins pou- A'oirs ; toutefois il consentit à accompagner les commissaires, non pour collaborer à la capitulation, mais « parce que, ne faisant pas partie de l'armée, il lui importait de tâcher de n'être pas prisonnier de guerre. » Ghabert accepta, et Dupont le flanqua de l'inévitable capitaine Villoutreys, dans lequel il plaçait sa confiance et qui ne la méritait point, car le comte Muraire l'a dépeint en ces termes devant le (]onseil d'enquête : « Sans consistance, il se mêle de tout, veut être de tout. Sans pouvoirs, sans mission, sans caractère, il assiste aux conférences préparatoires de la capitulation. Il donne son avis qu'on ne lui demande pas, et parle si haut qu'on est obligé de lui imposer silence ^ »
Au moment de partir, cet officier est, en ellet, tellement convaincu qu'il a mission de traiter, qu'il dit à Marescot ; « Général, quoique vous ne vouliez pas être
1. Précis historique de la conduite du général Marescot (Aroh. Guerre).