‹ Guerre d'EspagneChapitre 124 sur 207 · Rapport de Marescot (Arch. Guerre · texte numérisé non relu

Rapport de Marescot (Arch. Guerre

3. Délibération du Conseil de guerre, au camp devant Baylen. le 20 juillet.

commissaire, cependant, si nous avons besoin de vos conseils, nous espérons que vous ne nous les refuserez pas. »

— (( Sans doute, mais ce ne seront que des conseils. »

On partit et l'on rencontra Lapena, qui, voyant les plei/is pouvoirs de Dupont, dit qii il fallait aller trouver le général Caslaïios à Andujar. » Ainsi le matin, Lapefia avait des pleins pouvoirs pour traiter avec Marescot, et le soir, il ne les avait plus pour traiter avec Ghabert! La conduite de ce général est louche, et nous en fournirons d'autres preuves. Les commissaires abordèrent sur la roule Castanos qu'accompagnaient le couite de Tilly et D. Ventura Escalante, el Ton entra dans la maison de poste.

Laissons-les discuter, et retournons auprès de Vedel. Il avait envoyé, dans la journée, le capitaine Baste proposer à Dupont d'attaquer; lui aussi avait tenu un conseil deguerre, et l'on y avait pris cette résolution. « J'ignore, dit Privé, ce qui lui fut répondu; mais, le soir môme, la division Vedel décampa et se retira pendant la nuit en se dirigeant vers Madrid. »

La réponse faite au capitaine Baste est facile à deviner : on capitulait, les commissaires étaient partis.

Au reste, Vedel est fort explicite : « Inquiet delà lenteur des négociations, et craignant avec raison d'être enveloppé, car des nuages de jwussière au loin, à droite et à gauche, semblaient m' annoncer la marche de quc/i/ucs troupes, j'envoyai au général en chef le capitaine de frégate Baste, proposer d'attaquer l'ennemi, le lendemain, au point du jour, en môme temps et à un signal convenu qu'il me ferait. A peine lui permit-on de s'expliquer. Tout ce qui entourait le général en chef témoigna hautement un avis contraire au mien, et l'on prétendit que cela gâterait tout ce qui était déjà fait. D'après mes instructions, le commandant Baste demanda à se rendre au lieu des conférences, aiin d'y avoir connaissance des conditions déjà

stipulées. 11 y fut conduit, mais on lui refusa l'entrée, prétendant que tout était sur le point d'être conclu, et que sa présence pourrait amener des changements défavorables. Le commandant Baste persista en vain, alléguant qu'il trouvait étrange que, dans un traité où l'on comprenait la division Vedel, on refusât d'admettre à la conférence un officier supérieur de cette division, qui pût en discuter les intérêts. Il dut revenir '. » Qu'eût dit cet honnête homme, s'il eût su qu'il n'était point dans les intentions de l'ennemi de faire entrer sa division dans la capitulation, « vu qu'elle n'était point cernée », et que le général en chef lui-même avait tenu à ce qu'elle y fut comprise? Car Marescot l'atteste, telle était la <' volonté constante » de Dupont, et en partant pour aller parlementer avec Castaîios, il la lui rapjjela formellement en présence de plusieurs généraux-. Bien certainement, si Vedel en eût été informé, il se serait échappé dans la soirée et aurait refusé de revenir sur ses pas... Mais poursuivons. .

« Lassé sans doute d'attendre l'issue des négociations, le général en chef me fit dire do profiter de la nuit pour me retirer. Cet ordre me fui iloimr f^t rrtirr ijlusinirs fois dans la journée, c Enfin, je mis à exécution les dispositions du dernier 3 et je partis. »

En apprenant, le lendemain matin, le départ de Vedel, Reding et les généraux espagnols crièrent à la trahison. Ces gens qui, depuis plus de deux jours, manœuvraient pour l'enfermer et dont les colonnes marchaient sur ses derrières pour lui couper la retraite, eurent l'impudeur d'invoquer un armistice refusé ! L'histoire tlétrira une con-

1. Observai ion (le Vedel et Précis historique de Marescot 'Arcli. Guerre).

•2. Interrogatoire de Marescot {\Tch. Guerre). Dés lors comment Dupont i-t-il osé dire que « n'ayant pu obtenir que la division Vedel eût la fa- <t culte de se retirer, il était de son intérêt qu'elle fût comprise dans le ■i traité » {Précis des opérations. Journée du 2ij.

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