Pradt. Cf. Mémoire sur la révolution iVEspagne
SAVARY : SA CORRESPONDANCE ET SES MÉMOIRES 2To
Il importe avant tout de fixer la date à partir de laquelle -interrompirent les communications entre Savary et Dupont, lorsque Castafios, arrivé sur le Guadalquivir, menaça Andujar et Baylen. Autrement, on serait tenté de croire que leur correspondance et les dépêches journalières de Bayonne, en exerçant une influence sur les opérations, ont laissé un ensemble de faits à la charge de Dupont. Il n'en est rien.
La dernière lettre que Savary reçut de Dupont porte la date du iZ juillet; celle du 16, où il rendait compte des tentatives de passage du fleuve par l'ennemi et demandait des secours, fut interceptée. A ce sujet, le capitaine Villoutreys déclara devant le Conseil d'enquête que Castafios lui avait montré toute la correspondance enlevée, assez considérable peut-être, mais sans doute fort instructive pour ce dernier, qui put ainsi connaître la position de son adversaire et les alarmes de notre étatmajor. Savary d'ailleurs rapporte que Villoutreys lui en rendit compte'. Quant aux dépêches des 20 et 21 annonçant la défaite, elles ne parvinrent à Madrid que par l'entremise de Castafios.
De même, le dernier courrier de Savary remis à Dupont est celui du 13 juillet. Nous ne l'avons point trouvé aux Archives, mais son contenu ressort des lettres suivantes :
Savary à Berthier.
Madrid, % juillet.
... Le maréchal Moncey s'est retiré surx\lmanza. J'étais loin de m'attendre à ce mouvement... /e/a/*^ sur-le-champ expédier au général Dupont l'ordre de ne point sortir de sa position dWndujar, à moins d'y être forcé, et au géné-
\. Mém. du duc de liovifjo, III, 390 et suiv.
rai Gohert Vordre de rester dans la Manche, à moins que le général Dupont ne l'appelle à lui.
« En dernière analyse, le général Dupont n'a rien de trop avec la division Gobert. »
Dupont à Savary.
Andujar, 13 juillet.
« J'ai reçu par un courrier extraordinaire votre dépêche en date du 9.
« Le général Gobert occupe depuis hier la position de Guarroman. Il a laissé en arrière 3 bataillons pour assurer les communicatioîis .
<( Je remplirai vos instructions en me maintenant dans la position d'Andujar. Quels que soient les desseins de l'ennemi, nous emploierons la dernière vigueur pour repousser toutes ses tentatives. »
On comprend la gravité de ces dépêches; Dupont se condamna /)«/* ordre à garder et défendre la position d'Andujar. A entendre Savary, il lui aurait donné en dépit de l'empereur « l'ordre d'évacuer sur-le-champ « l'Andalousie et de repasser les montagnes pour s'établir « dans la Manche. Ma lettre, ajoutc-t-il, lui fut remise « par Vedel ; il m'en accusa réception, et j'envoyai l'une « et l'autre à l'empereur. // persistait à rester en Anda- « lousie, en tn observant qu'il n'aurait rie?i à craindre des « troupes de Castanos, s'il avait une fois réuni son corps '< d'armée... Je me déterminai à faire partir une troi- •( sième division, celle de Gobert ; je lui remis une lettre •< qu'il devait faire parvenir à Dupont. Par cette commu- « nication, je le prévenais que je faisais marcher la divi- « sion Gobert pour appuyer sa retraite, que je prévoyais « devoir être forcée, et qu'il ne pourrait appeler cette « division à lui que dans le cas oii la sûreté des deux