SAVARY : SA CORRESPONDANCE ET SES MÉMOIRES
> qu'il avait serait compromise. Aussitôt qu'il eut atteint
les échelons de communication de Vedel, Gobert envoya « ma lettre à Dupont, qui lui envoya en retour l'ordre « de passer la Sierra Morena et de venir le joindre. J'en « fus averti par Gobert; sa lettre me jeta dans une agite tation que je ne puis rendre... Je me relevai, la nuit, « pour écrire à Dupont quatre lignes par lesquelles je lui « ordonnais impérativement de repasser la Sierra Morena « avec ses trois divisions. Ce fut M. de Fénelon qui porta « la lettre ; il fut pris et ses dépêches furent portées à « Castaûos pendant qu'on traitait de la capitulation'.» Presque tout ce qu'on vient de lire est démenti par le môme Savary, qui joue à la fois sur des ordres qu'il ne donna point et sur d'autres qui n'arrivèrent point à destination. Il se garde bien d'ailleurs d'indiquer des dates, et en pareil débat elles auraient une extrême importance.
Mais il est d'autres preuves encore des... infidélités de sa mémoire :
l'' F^n faisant partir la division Gobert, Savary ne fit que rendre à Dupont la division appelée à remplacer celle du général Frère et qu'il n'avait cessé de réclamer par « dix courriers » ;
2° On ne trouve trace nulle part, dans la correspondance de Dupont, de la confiance qu'il aurait eue de n'avoir rien à redouter de Castaûos, si son corps d'armée était réuni. Les dangers de sa position lui paraissent tellement pressants que « si la division Gobert était réunie à Andujar, ainsi que celle du général Musnier, qui est dirigée sur Grenade, il livrerait bataille sur-lechamp-. » Une division de plus lui aurait suffi il y a un mois. " aujourd'hui il faut 12.CM30 hommes de renfort,