Savary à Berthier, 2 juillet
SAVARY : SA CORRESPONDANCE ET SES MÉMOIRES 2*y
cultes qu'il avait eues avec Murât, Belliard et Laforêt ne Tempêchaient point de juger l'état des affaires en Espagne plus sainement qu'on ne pouvait le faire à Bayonne. A la longue et à un moment donné. Savary comprit toute la gravité des ordres qu'il recevait, et il en découvrit les conséquences. De là ses résistances. On ne pourrait certes en faire un homme scrupuleux, Napoléon disait qu'il fallait constamment le corrompre; mais enfin, dans cette circonstance il montra une énergie et une clairvoyance louables qui dégagent presque complètement sa responsabilité dans le désastre de Baylen. Nous ne voulons point dire par là qu'il ait prévu et annoncé la catastrophe, loin de là ; mais Téparpillement de la division Gobert sur la route de lAndoulasie résulta des représentations continuelles de Bcrthier : « Vous vous dégarnissez trop à Madrid! » Il s'arrêta à une sorte de moyen terme qui consistait à tenir les divisions Frère et Gobert dans un rayon de protection de la capitale aussi proche que possible de Moncey et de Dupont, leur donnant ainsi d'une main ce qu'il leur retirait de l'autre. Ce fut la perte de Dupont. L'exécution pure et simple des ordres venus de Bayonne <*ùt à elle seule amené un Baylen. Méconnaissant la situation où se trouvait ce général, Napoléon écrivait en effet à Savary que, « dans le métier de la guerre, une fausse disposition change les choses. Contre mon avis, vous avez disséminé les divisions Frère et Gobert. J'avais destiné la division Gobert à renforcer le corps du maréchal Bessières. Ce maréchal ainsi fort de O.CmX) hommes de plus, il n'y avait plus aucune chance contre lui... Il y a dans la situation de l'armée deux points principaux : le premier de tous est celui oiî se trouve le maréchal Bessières ; h' fleujcième est celui où se trouve le général Dupont : il >/ Il là plus de forces qu il ne faut • ! »