Napoléon à Josep/i, 17, 18 juillet. Corr. Ii
des réponses qu'il leur fit. L'homme des vilaines besognes n'hésita point à sacrifier le général dont, mieux que personne, il pouvait défendre la cause, et il poussa l'impudeur jusqu'à écrire que rempereur neiit que le tort de ne pas punir assez ni plus tôt des généraux qui avaient déshonoré leurs troupes : la sévérité qu'on lui reproche a été une véritable clémence '. Oui, si dans cette circonstance l'histoire doit épargner le général, elle flétrira le publiciste qui a fait œuvre d'adulation et de mensonge!
LAMEiNTABLE RETRAITE SUR L EBRE
En proie à une inquiétude qu'il cachait à son entourage, mais dont témoignent ses lettres à l'empereur, constatant l'inefficacité de ses homélies au clergé, de ses sourires à ses nouveaux sujets et des efforts qu'il faisait pour leur plaire, Joseph se flatta qu'en éloignant Belliard etSavary, autrement dit en réprouvant publiquement en quelque sorte leur conduite lors du 2 mai et du Aoyage de Ferdinand à Bayonne, les esprits iraient à lui. Depuis le S3 juillet déjà, des bruits alarmants circulaient à Madrid, des lettres venues d'Andalousie annonçaient la capitulation de Dupont, et l'opinion, un moment hésitante, subissait un revirement complet : la joie de notre défaite se peignait sur tous les visages ; il fallait réagir.
Ce sont là les dessous de l'histoire, et Savary s'est chargé de les dévoiler. 11 l'a même fait en des termes qui ne laissent aucun doute sur le sentiment qu'il avait de son rùle.