‹ Guerre d'EspagneChapitre 21 sur 207 · ILLUSIONS DE NAPOLÉON · texte numérisé non relu

ILLUSIONS DE NAPOLÉON

La responsabilité de Murât dans l'insurrection de Madrid est écartée ; ses instructions étaient formelles, éviter tout conflit, et l'on peut au surplus assurer qu'il ne vit point arriver l'orage. « Je ne sais, écrit-il le 31 avril, qui vous parle de rassemblements. Je ne puis les dissoudre à coups de canon, puisqu'ils n'existent pas. » Et, la veille de l'événement encore : « La parade aujourd'hui a été très belle ; tout Madrid a été visiter votre tente'. )>

Ici commence la phase des illusions de Napoléon, illusions qui forment un contraste absolu avec l'état que nous connaissons des esprits et des choses. La nouvelle du 2 mai s'était répandue avec la rapidité de la foudre, et grossie de bouche en bouche, lorsqu'elle parvint aux confins de la Péninsule, il n'est Espagnol qui ne crût la capitale livrée aux Uammes et noyée dans le sang. Mais bien que vendue à l'étranger, dt;capitée, sans gouvernail et réduite aux abois, l'Espagne passa bien vite de la stupeur à la colère et se ressaisit; en attendant qu'elle y parvînt, le flot du tumulte populaire se heurtant en tous sens monta d'heure en heure, en dépit des efforts de Murât pour le calmer. La Junte de Gouvernement, simplement nominale, était le jouet delà tempête déchaînée à Bayonne, car le lieulenan! de l'empereur, devenu lieutenant de Charles IV, avait pris I direction des affaires. D'indignes, d'incapables souverainavaient sombré sous le poids de leurs fautes; mais qu'importait, puisque la nation allait puiser dans la noblesse de sa cause et dans le sentiment de la mortelle insulte qui

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