Decreto de 14 avril
4. Lufurest à Champagny^ 21 mai (Aff. étr., vol. 674, Espagne).
de Madrid, elles en ont assassiné de sang-froid plus de 2.000. Leur conduite envers la nation est plus odieuse que celle d'une horde de Hottentots. Ils ont profané nos temples, insulté notre religion, outragé nos femmes, etc.'. »
En dépit de sa fausseté, le chiffre de 2.C00 morts se retrouve dans une lettre de Napoléon à Jérôme, comme pour attester l'énergie de la répression; et de son côté Murât, après avoir accusé à Dupont « quelques centaines de Français blessés, parce qu'ils s'étaient trouvés seuls dans les rues », parle de 1.200 Espagnols tués et ajoute que « 50 paysans furent fusillés dans la soirée et 50 dans la matinée du lendemain ~. » On pourrait le croire sur parole, car il ne lui eût point coûté d'en avouer le double. Pourtant le colonel Napier fit à Madrid une enquête qui lui démontra que 70<3 Franrais cl 120 Espagnols succombèrent, et il y voit la preuve péremptoire de la préméditation de ces derniers ou d'une lamentable méprise'. « Au Teste, dans une adresse à Napoléon, le Journal de Valence inverse les pertes en les aggravant outre mesure : « Un soiilèvcnimt du peuple de Madrid, qui s'était armé de couteaux, fa coûté 5.000 solfia/^ et a privé {\o la vie 200 citoyens ,/<■ n-tte ville. Cette vérité, aueiiii de tes journaux ne Fa annoncée^. »
Il est assurément fort triste de le dire : c'était la guerre, et pour les Espagnols comme pour les Français, il fallait biim qu'elle débutât par un... succès. Nulle autre interprétation n'est possible.