LA GUERRE EST POUR L ESPAGNE NATIONALE ET RELIGIEUSE
Espagnols battus ne se regardent point comme vaincus, et conservent toutes leurs espérances. L'inconduite de nos troupes en général, le pillage honteux auxquel elles se livrent partout oui elles passent est poussé à tel point que la marche de l'armée est, pour les campagnes, une colonne de flammes qui ne respecte rien et détruit dans un moment toutes les ressources. Cette fatale manie blesse l'orgueil des Espagnols, invétéré leur haine et nous en fait d'implacables ennemis '. » « II est temps que le grand patron arrive, mon prince : il est bien désiré. Oii donc est l'empereur-? »
Tel est le ton de la correspondance qu'échangeaient les généraux de l'armée d'Espagne ; et le ministre de la guerre croyait devoir en signaler les traits saillants dans ses rapports journaliers à Sa Majesté, qui n'en tenait point compte, sachant bien qu'une armée sans magasins et vivant sur le pays gaspille ses ressources et se livre à tous les excès, et qu'il ne pouvait porter remède à la situation, faute d'argent pour l'entretenir. Ces exemples sont empruntés à une certaine période de la guerre, celle de Talavera ; mais toute autre on fournirait d'aussi probants ; il en fut ainsi pendant six années.
1 . Mocquerij, ad jiul a nt -commandant , au Ministre de la Guerre, 21 août 1809 (Arch. Guerre).