‹ Guerre d'EspagneChapitre 32 sur 207 · Soult à Jourdan. Toro, 17 juillet Imi'i An h. Guerre · texte numérisé non relu

Soult à Jourdan. Toro, 17 juillet Imi'i An h. Guerre

mi. Les pertes que l'armée a éprouvées sont considérables ; la cavalerie est beaucoup affaiblie, Fartillerie est en partie détruite ; nous manquons de chevaux. Enfin, jamais l'esprit d'insurrection n'a été plus fortement prononcé et plus généralement répandu... Les communications avec la France sont très dangereuses et à la veille d'être interceptées. Les courriers sont assassinés et les détachements sont attaqués et parfois enlevés. Il n'est plus possible de faire voyager les convois, par l'impossibilité où l'on se trouve de leur donner des escortes suffisantes ^ » De son côté, Joseph se plaint de l'état des finances. « Toutes les ressources du pays sont usées par les armées, il n'entre pas un sou dans le trésor; j'ai vécu jusqu'ici en faisant fondre l'argenterie des palais... Nous n'avons nul crédit. Ne pourriez-vous mettre à ma disposition les laines de Burgos, qui sont à Bayonne où elles ne se vendent pas? Avec ce secours je pourrais payer les services de l'artillerie, du génie et même établir mon gouvernement, qui ne l'est pas; car ce sont les maréchaux qui se partagent les provinces... Tout cela finira mal, et très mal-. » « L'esprit public est mauvais. Les

1. .lounlan au Ministre delà Guerre et à Sault, 19 et 23 août 180!» (Arch. Guerre). Au portrait de Joseph, nous joindrons celui de Jourdan. « Ses malheureuses retraites pendant les guerres de la Révolution l'ont fait surnommer le général des retraites. J'ai vu à Paris une très curieuse caricature où l'on jouait avec son nom : elle représentait Jourdan, le sabre à la main, à cheval sur un homard, et au dessous se lisait le verset suivant du psaume : £^ tu Jordunus quia conversus es rétro rsum '.'... L'empereur ne l'a point compris dans la distribution des duchés. Il paraît avoir beaucoup souffert de cet oubli, et, bien qu'il n'ait point cinquante ans encore, on lui en donnerait plus de soixante. Ayant eu le malheur de survivre à sa réputation imméritée (?), il n'est plus à présent qu'un pauvre homme dégoûté et affaibli, de peu de caractère et de peu de talents militaires. Il se distingue par son intégrité et la simplicité de ses manières, et désire anxieusement qu'une paisible retraite lui permette de finir ses jours ;ui milieu de sa famille. Le roi Josej)!! l'estime et l'affectionne en raison de leur similitude de caractères. » {Jourdan bi/ an Eye-Witness. Welling- (on's despatches, suppl. Vil, 599.) Duc de Fleuras, ce titre pouvait lui revenir, mais Napoléon ne reconnaissait d'autres victoires que les siennes et les drapeaux de l'armée ne rappelaient aucunes batailles de la République.

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