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Proclamation d'Echavai'ri, Gordouc, 29 mai

4. Echavarri à Saavedra, président de la Junte, Ecija, 1 juin.

ORGAMSAÏION DE l'aRMÉE d'aNDALOUSIE 87

le 5 juin, sans plus tarder Echavarri porta ses forces sur les hauteurs de la rive droite du fleuve, en face du pont d'Alcolea, et les y retrancha. Outre une nuée de paysans, il avait avec lui le 3* bataillon des gardes Walones, le bataillon de Gampo Mayor, le 2° bataillon des grenadiers provinciaux d'Andalousie, un demi-bataillon de Reding n° 1 et un escadron du régiment de la Reine : en tout, 3.100 hommes et 8 pièces de canon.

La conservation du pont d'Alcolea était de toute importance, et la Junte comptait qu'Echavarri s'y maintiendrait assez longtemps pour permettre à Castanos de concentrer ses forces à portée de Séville,qui mettrait à sa disposition les immenses ressources de son arsenal et de ses magasins. Or celui-ci, dont le quartier général était à Algeciras, reçut l'ordre d'y marcher en toute hâte ; arrivé à Xérès, il mit ses troupes en poste, les dirigea sur Carmona et accourut de sa personne auprès de la Junte pour conférer avec elle sur les mesures de défense que comportait la situation. Il apprit alors qu'Echavarri, chassé du pont d'Alcolea et abandonnant Cordoue, avait fait sa retraite sur Ecija, derrière le Genil. Trouva-t-il la position de Carmona aventurée, trop voisine de l'ennemi ? Laissant son avant-garde à Carmona, il choisit L^trera où de jour en jour l'armée d'Andalousie se grossit des régiments venus de Cadix, du camp de San Roque et de tous les points de la côte. Séville se transforma en place de dépôt et centre d'approvisionnement; excellente base d'opérations gui lui fournit par surcroît habillement, armes, munitions et subsistances. « Immense est la foule qui se présente de toutes parts pour prendre les armes. Notre armée campe dans le voisinage de la ville et les troupes réglées s'élèvent déjà à près de 40.000 combattants, plus quantité de régiments de volontaires. Il paraît qu'on projette d'attaquer les Français qui sont à Cordoue et environ, au

nombre de 10 à 12.000 jeanfoutres, sous les ordres du général Dupont, et que déjà on les a coupés de la Sierra Morena^. » La Gazette de Sévilk renchérit : «Non seulement on complète les vieux corps, on a créé 5 nouveaux régiments d'infanterie. Tous sont bien pourvus d'armes et de munitions ; on envoie des fonds partout. En dépit de l'énorme consommation qui en résulte, nos ateliers^ arsenaux et magasins sont en mesure de pourvoir une autre armée, et la nôtre présente en ce moment plus de 60.000 combattants. Si peu de séances d'exercices qu'aient eu les jeunes soldats, ils ont fait des progrès qui frappent d'admiration les vétérans et paraîtraient incroyables à ceux qui ignorent les effets prodigieux du patriotisme'-. » Entendez enfin la Junte elle-même : « Notre armée, en majeure partie composée de vieilles troupes et -pourvue de tout ce qu'exigent des opérations actives, est sur le ptoint d'attaquer les Français. Nous espérons de Dieu être en mesure de les détruire complètement 3. » En s'exprimant de la sorte, elle infligeait un démenti formel aux allégations des historiens espagnols, par trop intéressés à chatouiller l'orgueil national.

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