‹ Guerre d'EspagneChapitre 59 sur 207 · Thiers, Consulat et Empire, IX · texte numérisé non relu

Thiers, Consulat et Empire, IX

présentant quelques attraits, mariées ou filles, et les religieuses mômes furent déshonorées par les soldats, etc. ^ » Nous lui laissons l'entière responsabilité d'imputations aussi graves. «■ Les fonds provenant des contributions et des dons destinés à l'entretien de l'armée de Gordoue, ainsi que d'autres dépôts dont un officier espagnol constata l'existence lorsqu'avec des paysans il s'enferma dans le palais épiscopal pour le défendre, passèrent dans les caisses de l'armée française : en tout 2.500.000 francs. Rien n'était plus naturel en pareilles circonstances ; mais ce qui n'admet aucune excuse et constitue une véritable rapine, ce que les historiens français ont essayé de cacher, c'est le sac des églises et les exactions de quelques chefs dans leurs propres logements. Le général Laplane exigea de son hôte une forte contribution et lui vola 2.000 ducats. Divers autres officiers, aussi peu scrupuleux, agirent, de môme; de sorte que le séquestre des fonds et dépôts publics, les contributions de Dupont, les exactions des chefs et le pillage de la soldatesque, engendrèrent un sacrifice immense qui provoqua dans la province et dans toute la monarchie une explosion de colère'-... » La question serait à résoudre, mais où trouver les preuves? Legendre et Dupont s'en défendirent, les payeurs Plauzoles et Lerembourg furent incriminés de détournements ; mais les archives n'ont conservé aucune trace des poursuites exercées contre ces derniers.

Le « bruit public » n'accusa point Dupont, et pourtant, comme les autres généraux de l'armée d'Espagne, il paraît bien qu'il y vivait en grand seigneur. Nous pouvions en douter, lorsqu'en feuilletant les Archives du Ministore des Affaires étrangères, nous découvrîmes la pièce siiivanle. Si nous ne poussions jusqu'au scrupule le respect de l'his-

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