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MADRID, VALENCE ET ANDUJAR

I. La ligne de communications avec Madrid est interceptée. — Massacres dans la Sierra Morena. — Alarmes à Madrid. — II. Maladie de Murât. —

. Arrivée de Savary : ses démêlés avec Belliard et Laforest. — Départ de Murât. — III. Vedcl rétablit les communications. — La division Gobert s'échelonne sur la route de Madrid. — IV. Dangereuse situation de Dupont à Andujar.

LA LIGNE DE COMMUNICATIONS AVEC MADRID EST INTER- CEPTÉE. — MASSACRES DANS LA SIERRA MORENA. — ALARMES A MADRID.

Après avoir franchi le Tagc, les routes de Madrid à Aranjuez et à Tolède se réunissent à Madridejos, d'où, traversant les plaines de la Manche par Manzanarès et Valdepefias, on atteint à Santa Gruz de Mudela le pied de la Sierra Morena. Ici se présente une particularité : tandis que le versant nord de la chaîne est allongé, l'opposé qui domine le bassin d'Andalousie est court et abrupt, comme si ce voussoir montagneux s'était couché vers le sud dans le mouvement qui a effondré la vallée de la Bétique et, par contre-coup, surélevé le plateau de la Manche et de la Castille. 11 en résulte que les affluents du Guadalquivir, tels que l'Almuradiel, loin de prendre naissance sur l'axe orographique de la Sierra rejeté vers le

sud, ont leurs sources au nord de cet axe, et que, pour déboucher dans le bassin, ces rivières sont obligées de le traverser par brèc/ws ou cluses. Toutes les chaînes de montagnes d'ailleurs, qu'elles soient granitiques, schisteuses ou calcaires, n'ont qu'un seul type, notre Jura, et se composent de chaînons plus ou moins parallèles, plus ou moins allongés, que séparent des combes et que rompent des cluses.

Aussi, en arrivant à Santa-Cruz et voyant se dresser devant soi la muraille centrale de la Sierra, suppose-t-on naturelletnent que la route d'Andujar va s y élever vers quelque haute échancrure ou col. Grande est la surprise de descendre au lieu de monter; car bientôt elle s'abaisse pour gagner les bords de l'Almuradiel et longer sa rive droite. Tout à coup, rencontrant l'axe de la chaîne, elle s'engage à travers un canon ou sorte de Via Mala, ]e Despena Perros, « étroite crevasse ouverte dans la Cordillère, et qui porte les traces du caliiclysrae qui lui donna naissance. La formo étrange des rochers leur a fait attribuer le nom de GarganJas (orgues) du Despeha Perros. Les chênes qui se détachent de leurs fissures et se balancent au-dessus du précipice sous le souftle des tourmentes, le torrent qui roule en mugissant et si resserré qu'il semble inteidire le passage, les ileurs enUn, qui poussent partout où il se trouve nu peu de terre, offrent un spectacle bien différent de celui qui s'est présenté au voyageur dans les tristes plaines de la Manche. La roule est à mi-haiileur sur le ilanc droit de la gorge'.»

Les couloirs traversés, le terrain se découvre et se dégage, et par Sierra Elena, on gagne Baylen et Andujar, c'est-à-dire le Guadalquivir.

A mesure que Dupont s'avançait en Andalousie, l'in-

1. Arteclie y Moro, Heografia liistoricu-tuHilnf d,' Espaùa. II. 431.

H2 GUERRE DESPAGNE

surrection éclatait et s'organisait sur ses derrières. Il n'avait d'autre ligne de communication avec Madrid que par Andujar et le Despefia Perros. La Junte de Jaen se montra prudente, elle attendit que l'armée française fût à Gordoue en présence des rassemblements de Séville pour donner, le 8 juin, le signal du soulèvement. «Il a fallu dissimuler avec les Français, et les ménager tant qu'ils ont été à Andujar; une armée de 9.000 hommes menaçait Jaen, qui n'avait aucun moyen de défense. Maintenant, que les prêty^es lèvent F étendard de la religion, que les nobles fassent revivre les grands noms des Guzman et des Fernande/ de Gordoue ^ ! »

Et la première prouesse fut le massacre de la nuit du 8 au 9. «Aujourd'hui Andujar s'est soulevé et a proclamé Fernando VII. On a fait prisonnier toul^ce qui s'y trouvait de Français. Le commandant et trois hommes de sa garde, qui voulurent résister, sont morts dans la maison de don Juan de Salazar. Geci est arrivé a une heure du matin. A six heures, est entré un courrier français porteur de dépêches au grand-duc de Berg; mis en prison, on a ouvert ses lettres, et on les a lues en public. Dupont demande des secours... Il y a deux jours, on s'est emparé au Puerto del Rey des vivres et des munitions que les Français y gardaient. Sept hommes ont perdu la vie, avec un général, un aide de camp et un colonel : on a fait 34 prisonniers, tant capitaines que sous-ordres, et le reste, au nombre de 400, battant en retraite, a été passé au couteau à Valdepehas. Nous avons déjà 5.000 hommes au Puerto del Rey pour couper la retraite^». Il y a ici quelques erreurs de dates et de lieux assez naturelles, et

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