‹ Guerre d'EspagneChapitre 78 sur 207 · MALADIE DE MURAT. ARRIVÉE DE SAVARY · texte numérisé non relu

MALADIE DE MURAT. ARRIVÉE DE SAVARY

d 'état-major, s'en greffèrent d'autres avec l'ambassadeur, à qui il reprocha son formalisme et ses ménagements pour les Espagnols. De jour en jour, la situation de Murât s'aggravait, on s'attendait à une issue fatale, et l'autorisation de rentrer en France n'arrivait point. « Ce matin, son état était si sérieux que l'on m'a appelé pour en juger : il n'a pu ni me parler ni me reconnaître, il était presque au plus mal. Il n'y a pas beaucoup de différence de l'état de mort à ce'lui dans lequel il est encore, cette après-dinée : les médecins ne veulent rien prononcer et ordonnent qu'il soit transporté... Il ne peut plus supporter le bruit que font les bottes en marchant dans son appartement, ni entendre remuer un papier sans entrer presque en convulsions'. » « On ne peut, sans une vive douleur, considérer ce prince si brave, si actif, si passionné pour le service de l'empereur, aujourd'hui la tète appuyée sur ses mains, n'ayant qu'une idée iixe. ne parlant que de fuir une atmosphère qui le tue, dégoûté de tout aliment comme il l'était de toute atTaire, et accusant ceux qui le retiennent de vouloir sa mort. On est réduit à m ille expédients pour le tromper. On lui fait voir des préparatifs... Les médecins attestent que ses forces ne peuvent tenir plus dune semaine contre une agitation desprit aussi ingouvernable-. » Redoutant de voir le gouvernement désemparé, Belliard est décidé à annuler les ordres de départ qu'il donnera ; et, en effet, « le prince est la seule autorité légale, reconnue, obéie. Nous n'avons besoin que de son nom. Présent, il est censé ordonner; absent, il ne peut déléguer -^ » « Veuillez conjurer Sa Majesté, écrit coniidentiellement Laforest, de nommer immédiatement un nouveau lieutenant général, si le roi ne peut être en Espagne dans six jours au plus tard. Elle croit peut-être

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