‹ Guerre d'EspagneChapitre 77 sur 207 · iii-dri/ à Bert/tier. 20 juin, à minuit Arch. Guerre · texte numérisé non relu

iii-dri/ à Bert/tier. 20 juin, à minuit Arch. Guerre

130 GUERRE DESPAGNE

On observera qu'à ce moment il ne s'agissait point encore de renforcer Dupont, mais de rouvrir ses communications avec Madrid en échelonnant la division Vedel sur ses derrières. C'est un point à noter, et sur lequel on reviendra, tant il est vrai qu'avant tout la perte de ce général résulta non point des fautes tactiques qui lui ont été reprochées et qu'il n'eût point commises s'il avait eu son corps d'armée réuni, mais de l'abandon où il fut laissé, ou, si l'on préfère, des demi-mesures par lesquelles on crut, à Madrid, avoir subvenu à ses besoins et paré aux dangers de sa situation.

Laforest n'avait point hésité à s'en ouvrir avec Savary sur les difficultés qu'il allait rencontrer ; peu d'heures après son arrivée, il lui avait représenté « qu'à moins de se faire déléguer des pouvoirs de lieutenant général, il risquait de se compromettre ^ » Mais n'était-ce point à l'empereur à prendre un parti, en présence des alternatives de retour à la santé et de rechutes de son beau-frère, et surtout de l'étrange système de commandement qu'il venait d'introduire en Espagne dans un moment aussi critique?

Au point de vue militaire comme au point de vue philosophique, cette guerre déconcerte les idées reçues et n'a aucun rapport avec les relations qui en ont été données. On constate, on ne peut expliquer ; la cause est criminelle sans doute et les mesures qui s'y rattachent, les espérances qui s'y fondent, tout porte un caractère anormal et injustifiable : comme si, impatiente de prévenir le verdict de l'histoire, l'expiation les marquait déjà du sceau de l'impuissance et de la déraison.

Fort de la confiance de l'empereur et de ses instructions verbales, Savary passa outre aux représentations de Laforest, de sorte que, sur ses difficultés avec le chef

1. Lafuresl à C/iampayni/, 2o )inn {Xîf. (-iv., vol. 6T."i, Espagne).

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