Savary à Bert/uer, 24 juin (Arch. Guerre
mais Votre Altesse peut être sans inquiétude, s'ils me font le plaisir de se révolter, ils se'... » « Bref Laforest « veut gagner des cœurs : moi je lui réponds que je n'en voudrais pas de mille au prix do la ration de vin d'un soldat. Aussi ne suis-je pas content de la manière dont il s'explique sur les craintes que lui fait concevoir mon séjour ici-. »
A la suite d'une franche explication, tout s'arrangea dans les premiers jours de juillet, au point que Laforest exprima '( le regret d'en avoir désespéré trop tôt )>; mais néanmoins Belliard garda rancune, car les choses étaient allées si loin que Berthier avait cru devoir s'interposer, A quelle lettre du ministre Belliard répondait-il ?« Vous me donnez de l'eau bénite de cour. Vous savez que je n'en fais pas usage... Pour le service de l'empereur, il n'est sacrifice que je ne fasse. Toute prétention est mise de côté pour éviter les tiraillements. Soyez assuré que, malgré ce qui s'est passé, je serai avec le général Savarg, sous les rapports de service seulement, comme j'étais avec le grandduc^. » Il avait bien fallu spécifier la mission de Savary et mettre les points sur les i. Qu'avait-on attendu ? La lettre du 24 juin de Berthier à Murât ne dut parvenir à celui-ci que l'avant-veille de son départ ; elle contenait un reproche indirect au chef d'état-major, et qu'il sentit bien : « Sa Majesté ne peut pas se dissimuler que, dans les moments oii votre maladie vous a empêché de prendre connaissance des affaires et de donner vos ordres, les affaires ont été paralysées''... » Belliard savait à quoi s'en tenir ; déjà, le 16, on n'avait point craint de lui rappeler l'étendue de ses devoirs dans les circonstances difficiles où il se trouvait : « Un général en chef peut tomber malade, et
1. Sauary à Berthier, 2i juin (Arcli. Guerre). La suite de la lettre manque.