Vedel à Belliard, Madridejos, 20 juin (Arch. Guerre
temps-là, le général Poinsot, commandant ravant-garde^ amusait l'ennemi sur la route. Enfin, maîtres des hauteurs, nos soldats fondirent sur Santa-Elena, oià j'ai pris position le soir. Ils ontabandonné leur canon, leurs munitions de guerre et de bouche et avec perte de 300 morts. Le capitaine de frégate Baste arrive à l'instant, il commande une colonne mobile de 1.200 hommes du général Dupont. Le général Dupont est à Andujar. II m'écrit du 23 juin et me charge de dire à Son Altesse Impériale que ses troupes ont combattu à Cordoue une armée de i-O.OiJO insurgés, que Grenade et Séville sont plus en feu que jamais, et quil a demandé prij' dix cot/rric/s /a rnoiion du corps de la Gironde. Je fais occuper par un bataillon le passage du Despefia Perros et vais m'établir à la Caroline, où j'attendrai de nouveaux ordres de Son Altesse Impériale'. »
De son côté Baste écrit : « Le général Dupont m'expédia pour venir à votre rencontre, et, ce matin, j'ai eu connaissance de vos avant-postes à une demi-lieue de Santa-Elena. Je me suis empressé de venir vous voir, et ma joie a été à son comble. Depuis noire dèparl de Madrid, le 22 w/«?', nous n'avons pjas reçu de nouvelles officielles du prince Murât : jugez de notre inquiétude et de notre embarras dans un pays en pleine révolte! Lorsque le général saura que je vous ai rejoint, il éprouvera une joie indicible^. »
Le premier pas, et le plus essentiel, était fait ; la route de Madrid était rouverte ; mais entre temps une malencontreuse note de Napoléon vint bouleverser les sages dispositions de Savary et compromettre irrémédiablement le corps de la Gironde. En effet Vedel rejoignant Dupont, et Frère s'arrêtant à Madridejos pour attendre l'issue de l'expédition de Valence, en six jours ce corps pouvait se réunir entre Baylen et Andujar. Or, s'aidant
1. Vedel à BelUanl, S.intaE-lena, 27 juin(Arcli. nat., APiv, 1H06).