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DA.NGERELSE SITUATION DE DUPONT A ANDUJAR

plus douces. Sur le revers de ces hauteurs s'étend, parallèlement au tleuve, la vallée de Salado, qui se termine au bourg: de Marmolejo dont on a coupé le pont.

La division Barbou est ainsi répartie : Pannetier dans la tête du pont et Ghabert sur la rive droite, en amont et •en aval : une compagnie de grenadiers dans la tour. Lefranc, avec le 6* provisoire, est tout à la droite, observant les débouchés de Marmolejo; les marins de la garde à Andujar; la brigade suisse en réserve sur les derrières ; l'artillerie à l'entrée du pont qu'elle enfile, ou <iistribuée sur les pentes de manière à flanquer la tète de pont à travers le fleuve ; le parc, à la sortie de la ville, et à portée de la route. La cavalerie enfin patrouille dans les directions de Villanueva et Mengibar, où elle a des ^rand'gardes que soutiennent des piquets d'infanterie.

En somme, les Visos commandent le cours du Guadalquivir. et comme il est loisible à Castaùos de manœuvrer inaperçu dans le couloir du Salado pour masser ses forces en face d'Andujar ou de Mengibar. Dupont a un bandeau sur les yeux. Mengibar est en l'air; une fois ce poste <;nlevé, l'ennemi peut en deux ou trois heures gagner Baylen, c'est-à-dire intercepter la route de Madrid, à laquelle on accède non moins sûrement à Guarromanouà la Caroline par les chemins latéraux de Linharès et d'Ubeda que le corps de la Gironde est trop faible pour garder.

Les dangers d'une telle position sautaient aux yeux, et Dupont ne cessa de la présenter comme provisoire^ exjtectante et obligée ; mais l'expectative dépassa les bornes de la prudence, et le provisoire en réalité devint définitif. Ces deux fautes suffiraient pour expliquer le désastre ; mais allons plus loin, en quoi consista le bien fondé de Y obligation, et dans quelle mesure excuse-t-elle

1. J'ai ordre de tenir à Andujar, répondait-il constamiuent aux officiers qui lui exprimaient leurs inquiétudes.

sa conduite? A notre avis, Belliard et Savary commirent une grave inconséquence en lui parlant sans cesse d'Anfhijar et non de la ligne du Gnadalqitivir. Il ne leur appartenait point de juger s'il fallait défendre directement les passages à Andujar et Mengibar, et non en arrière à Baylen et à Javalquinto ; le choix de la position incombait à Dupont, et ils le mirent dans le cas de prendre au pied de la lettre des indications que leur ignorance du terrain ne leur permettait pas de précisera D'autre part, Dupont était-il en droit de passer outre et d'abandonner un système de défense aussi vicieux, aussi condamné par l'expérience? Evidemment, et il s'agissait là pour lui d'un devoir élémentaire qu'il ne pouvait méconnaître.

Si donc, étant donné que les mouvements qui eussent assuré sa situation n'exigeaient pas plus d'une nuit, Dupont persista à conserver ses forces sur le Guadalquivir, c'est que des considérations, majeures à ses yeux, l'emportèrent sur les dangers qu'il courait en s'y immobilisant. Et ces considérations, les voici : « Trois semaines d'opération suffiront pour réduire Se ville et Cadix... Il me faut 10.000 hommes de renfort i... Il est instant d'agir pour sortir d'une position difficile oii les vivres sont rares, et pour empêcher l'ennemi d'organiser, d'augmenter et d'aguerrir ses troupes-... Comme le moment où nous poiarons ?'eprendre Voffensive nest pas éloigné^ nous devons tenir dans notre position jusqu'à la dernière extrémité"'. » Leurré par les promesses de Savary et comptant recevoirà temps les divisions Gobert et Vedel, d'autres encore peut-être, Dupont ne veut point avoir à reprendre les passages qu'il aurait bénévolement abandonnés à V ennemi^ et il se juge en meilleure posture à Andujar

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