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Guerre de 1870, Bazeilles-Sedan

En 1871. au lendemain de noire e^uerre malheureuse contre la Prusse, j'ai utilisé les loisirs qui m'avaient été créés par ma mise en disponibilité, à ma rentrée de captivité, pour me livrer à un travail résumant ceux de mes nombreux souvenirs militaires sur les cinq dernières années de l'Empire qui me paraissaient être les plus intéressants. Mon but était d'exposer, dans ce travail, tout ce que j'avais vu faire, et plus particulièrement encore ce que S. M. l'Empereur Napoléon III avait voulu et n'avait malheureusement pu faire, pour doter notre armée d'une composition plus forte et d'une organisation plus parfaite. Je m'étais attaché à signaler toutes les fautes qui, à mon sens, avaient

M l'IlKlACE

vie commises, triiiie })arl, par le' gouvernement de l'Empereur et, d'autre part, par les pouvoirs publics, depuis 18GG jusqu'en 1870, fautes auxquelles il faut attribuer nos épouvantables désastres dans le cours de cette dernière année.

En me proposant, en 1871, de publier mon travail aussitôt qu'il serait terminé, je m'étais dit que dénoncer publiquement les fautes dont il s'agit, ce serait peut-être pour moi un moyen de servir encore mon pays, en éclairant, dans la limite de mes moyens, les hommes du gouvernement nouveau et notamment nos ministres de la guerre, de manière à les disposer à ne pas persévérer dans les errements funestes de leurs prédécesseurs en ce qui concerne les intérêts vitaux de notre armée.

Mon intention était donc, comme on le voit, de livrer à la publicité ce que j'appelais Mes Souvenirs miUlaires. Quand mon œuvre fut terminée, je m'abstins pourtant d'en rien faire.

Dans le récit de ces souvenirs, j'avais été forcément conduit à raconter les divers incidents relatifs à une mission à l'étranger dont j'ai été chargé par S. M. Napoléon III, dans le courant du mois de mai 1870, et à y reproduire des docu-

PUÉFACE VU

meuts importanls d'un caractère et d'un intérêt tout autant diplomatiques que purement militaires. J'ai compris dès lors qu'il m'était impossible de faire paraître mon travail, et cela pour deux motifs : le premier, c'est que, dans la situation que j'occnpe encore aujourd'hui dans l'armée, je n'étais point libre de rien publier sans en avoir obtenu l'autorisation ministérielle, et que très certainement cette autorisation devait m'étre refusée; le second motif, c'est qne ma conscience me disait que je ne pouvais dévoiler, dans le moment présent, la partie demeurée jusqu'ici secrète de la mission à laquelle je viens de faire allusion, sans manquer à de hautes convenances que j'ai le devoir d'observer envers d'augustes personnages qui m'ont honoré de leur confiance, avant la déclaration de guerre, en 1870.

J'aurais pu, il est vrai, publier mon travail en faisant disparaître les pages qui se rapportent à la mission dont il s'wgit; mais il m'eût fallu pour cela retrancher de Mes Souvenirs toute la partie qui me paraissait être la plus intéressante au point de vue de l'histoire. Je n'ai pas cru devoir m'y résoudre.

Mil PRÉFATE

Je me suis donc décidé, bien qu'à regret, à ne livrer in extenso à la publicité l'œuvre écrite à laquelle je m'étais livré, que le jour où les documents diplomatiques que j'y ai consignés sortiront, comme cela arrivera infailliblement quelque jour, un peu plus tôt, un peu plus tard, du dépôt secret où les originaux en sont détenus. Au mois d'avril 1871, ils se trouvaient dans les mains du général de Valazé, sous-secrétaire d'État au ministère de la guerre, et c'est lui qui voulut bien m'en donner des copies. Le général me déclara que jamais il ne se dessaisirait de ces documents, devenus des papiers d'Etat, et qu'il ne les communiquerait même pas au président de la République, M. Thiers. J'ai su, plus lard, qu'en quittant ses fonctions il les avait remis au général de Gissey. ministre de la guerre. J'ignore ce que celui-ci en a fait.

Quelque sort d'ailleurs que l'avenir puisse réserver à J/es Souvenirs, soit avant, soit plutôt après ma mort, quelques-uns de mes amis m'ont demandé avec instance d'en détacher tout au moins, pour être publiés tout de suite, les chapitres qui composent la dernière partie et qui contiennent le récit des opérations du 12^ corps d'armée.

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