XII PRÉFACE
La hall le situation que le général Ducrot a occupée dans rarinée, sa grande valeur militaire, son expérience de la guerre ont très légitimement donné à ce qu'il a écrit une importance et un caractère d'autorité considérables.
Dans sa narration, il a relaté les incidents saisissants de la bataille de Sedan ; mais ce qui domine visiblement dans sa brochure, c'est une double préoccupation : d'une part, il a voulu repousser les attaques adressées injustement à lui et aux autres généraux de l'armée de Sedan par le général de Wimpffen , dans l'ouvrage que celui-ci a publié après la guerre, et d'autre part, il s'est efforcé de démontrer que l'armée de Sedan aurait pu échapper au désastre qu'elle a essuyé, si le maréchal de Mac-Mahon avait voulu, le 31 août, lui faire opérer un mouvement de retraite sur Mézières, au lieu de lui faire faire l'attaque des Allemands sous Sedan, ou si même, le 1*^'' septembre, à huit heures du matin, et en pleine bataille, le général de Wimplfen n'avait point arrêté le mouvement de retraite sur Mézières. Ce mouvement, le général Ducrot l'avait fait commencer, lorsqu'il avait reçu le commandemenl de l'armée des
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mains du maréchal de Mac-Mahoii, grièvement blessé.
En parfait accord avec le général Ducrot sur ce qu'il dit à propos des accusations portées par le général de Wimplfen contre les généraux, ses lieutenants, je ne suis pas de son avis sur le plan de retraite qu'il avait imaginé et qu'il a prôné avec tant d'insistance dans sa brochure. Comme le lecteur a le droit de m'en demander les motifs, je les lui expliquerai dans les pages qui vont suivre.
Entin, j'ajouterai encore que, si je me suis déterminé à raconter la bataille de Sedan, c'est que c'était pour moi une occasion de rendre publiquement hommage à la belle conduite des officiers et des soldats du 12'^ corps d'armée, qui ont valeureusement combattu sous mon commandement en 1870.
Je n'ai pas la prétention d'avoir tout dit sur la journée de Sedan dans l'exposé qu'on va lire. Je n'ai point assisté à cette bataille, avec ce don d'ubiquité que se sont si complaisamment atlribué le médecin d'ambulance de M. L. Halévy et l'officier supérieur anonyme dont je ne veux pas savoir les noms, les deux publicistes qui
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Tonl raconléo avant moi. Assurément je n'ai point tout vu; il ne m'a guère été 2)ossiljle, en eftet, d'apercevoir, sur la vasle étendue du champ de bataille, les incidents qui se sont passés sur les lieux oii combattaient les 5" et 7" corps d'armée, à II, 5 et jusqu'à G kilomètres du point où je me trouvais de ma personne, près des troupes du 12*' corps. J'ai voulu seulement ajouter de nouveaux renseignemen ts à ceux que le général Ducrot avait précédemment donnés sur la bataille, et pour cela, j'ai raconté les épisodes de la hitte qui se sont succédé sous mes yeux, sur les bords de la C4ivonne où ont combattu pendant de longues heures les J*"'' et 12® corps d'armée, ainsi que les événements relatifs à la défense du village de Bazeilles par la division d'infanterie de marine qui faisait partie de ce dernier corps.
Je n'ai rien avancé, j'ose le dire, que je ne croie être l'expression de la 2)lus scrupuleuse vérité. Que d'autres après moi, que des ofllciers ayant appartenu aux 5*^ et 7'- corps et à la cavalerie de l'armée qui a opéré si vaillamment vers la fin de la journée, racontent les actions de guerre dans les(iu(dles ces corps ont ét(' engagés, et alors