‹ Guerre de 1870, Bazeilles-SedanChapitre 33 sur 48 · CAVALERIE · texte numérisé non relu

CAVALERIE

f* division. — Commandant : le général de division de Salignac-Fénelon.

1''^ brigade.

1^' régiment de hussards. } . . ,,„.,,. , n. 11 l gênerai Iilliard.

b* — de chasseurs. \ ^

2*= brigade l^"" régiment de lanciers.

général Savaresse

2^ division. — Commandant : le général de division Lichlin.

1"* brigade.

7^ régiment de chasseurs. ) général Le Forestier de 8" — — \ Vendeuvre.

2" brigade.

5* régiment de cuirassiers. ) ,,,.., -,. oe [ gênerai de Beville.

N. B. — La 1'* brigade de la division de Salignac-Fénelon fut mise, par le maréchal de Maç-Mahon, à la disposition du

334 l'E l!2""' COUPS d'armée en 1870

général Marguerilte, le !20 août, pour former, avec les 1"'', 3* et 4^ régiments do chasseurs d'Afiique^ la 1™ division de cavalerie indépendante de l'armée de Châlons.

Les S'' et 6° régiments de cuirassiers, qui étaient encore à Paris le 20 août, rejoignirent le 12^ corps d'armée le 23, sous Reims.

A partir de cette date, la cavalerie de ce corps d'armée, que le général Lebrun avait mise sous le commandement du. général de Salignac-Fénelon, fut réduite à trois brigades commandées par les généraux Savaresse, Le Forestier de Vendeuvre et de Béville, le général de division Lichlin n'ayant plus sous ses ordres directs que la brigade de Béville.

RAPPORT SUR LE ROLE DU 7e CORPS D'ARMÉE A LA BATAILLE DE SEDAN (1)

Le 7® corps, n'ayant pu qu'en partie, dans la nuit du 30 au 31 août, passer à Remilly,Villers et au pont de Bazeilles, sur la rive droite de la Meuse, se dirigea sur Sedan où il arriva dans la matinée du 31.

Les abords de Sedan, du côté du village de Floing, lui furent assignés pour ses campements. Dans l'après-midi, je reconnus la position et rectifiai, en conséquence, l'emplacement des troupes que, dans la persuasion où j'étais d'une lutte très prochaine et très vive, je disposai à leurs postes mêmes de combat.

La position occupée par le 7® corps était un plateau peu profond de 3 à 4 kilomètres d'étendue, se reliant par sa

(1 La copie de ce rnpport a éti' remise au général Lebrun par le général Douai pendant ([u'ils étaient l'un et l'autre prisonniers en Allemagne.

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droite au bois de Givoniu' et s'abaissaiit sur sa gauche vers la Meuse qu'il domine, mais à une grande portée. Les abords en sont découverts et favorables à la défense. Toutefois, cette position avait, sur son front, deux points faibles: l'un, en avant de sa gauche, où s'élève un gros mamelon dominant, couronné de bois à 1,.100 ou 1,800 mètres de distance, et que, vu l'exiguïté de mes forces, je ne pouvais faire occuper; l'autre, qui était sur sa droite, la dominant et la débordant, bien plus dangereux par conséquent, est le plateau d'Illy qui se relie, au loin, aux bois et à la route de Givonne.

Je fis occuper dans la journée même la gauche de ma ligne de bataille par ma 2^ division (général Liébertj, et la droite par la 3° division (général Dumont). La l''' division, incomplètement réorganisée depuis la bataille de Frœschvviller et diminuée encore par le combat de Beaumont où elle s'était portée en soutien du o^ corps, était en seconde ligne.

.Te reconnus, avec le général Liégard, un emplacement favorable pour nos batteries, où des épaulements furent préparés, et de son côté le général Doutrelaine, commandant le génie du corps, lit commencer des tranchées-abris pour notre infanterie.

La cavalerie et la réserve d'artillerie du corps, ainsi que les ambulances étaient en arrière, défilées et à portée des points où elles pouvaient avoir à agir.

Tout était ainsi disposé dès le 31 au soir.

Cette position, outre les inconvénients déjà signalés, en présentait d'autres non moins graves. Les derrières étaient coupés par des ravins, des chemins creux descendant vers la place de Sedan, des bois, des habita-

lions, des clôtures, dont la disposition était telle qu'il était impossible d'y prendre et d'y constituer une seconde ligne de défense. 3fais ce qui me préoccupait le plus^ c'était ma droite, clef de la position générale de l'armée, dont le seul point d'appui était formé par le plateau d'illy et par les bois profondsjqui, dans la direction de Givonne, se relient sans interruption avec la forêt des Ardennes, dont ils sont un appendice.

Il était indispensable que ce plateau et ces bois fussent fortement occupés, car ce plateau et ces bois une fois possédés par renncmi, j'étais non seulement dominé, débordé, coupé sans résistance possible, mais les trois autres corps de l'armée étaient dans la même situation que moi.

Je me rendis chez le maréchal commandant en chef pour lui signaler, entre autres considérations, cet état de choses et je l'informai en même temps que des masses nombreuses préparaient et allaient effectuer leur passage sur la rive droite, près de Donchery. Le maréchal me dit qu'il m'enverrait le lendemain le général de Labadie avec une brigade de sa division pour relier solidement ma droite avec le 1" corps.

Le lendemain, 1"^ septembre, M. le général de Labadie étant en effet arrivé, je lui fis prendre position sur un plateau inférieur d'où il pouvait à la fois se porter, soit sur ma droite, vers les bois de Givonne, soit au soutien du 1:2'= corps dont nous entendions le canon, et qui était déjà fortement engagé dans la direction de Bazeilles.

.le complétai ce dispositif en faisant garder de ce côté la lisière du bois par la brigade Bittard-Desportes de la division Ducrot. A peine ces mesures étaient-elles prises que le canon m'avertit que le général Liébert et le général

Dumont c'iaieiit attaqués sur le front de notre position.

Je m'y portai aussitôt, et je reconnus (juc, malgré la vivacité de ces attaques, nous maintenions facilement l'ennemi à distance. En ce moment, je lus prévenu que le maréchal de Mac-3Ialion blessé avait dû se retirer du champ de bataille, et <jue le jj;énéral Ducrot avait pris le commandement de l'armée.

L'ennemi garnissait d"une artillerie toujours croissante, et d'uu calibre et d'une portée supérieurs à ceux de la nôtre, une position favorable pour elle, située à 1,000 ou ^,000 mètres de nos lignes ; son feu puissant et convergent nous faisait éprouver des pertes sérieuses en personnel et en matériel. Mais notre artillerie, redoublant de bravoure et de dévouement, faisait si bonne contenance que nous pouvions encore soutenir ce combat inégal qui durait depuis plus de quatre heures (1);

A ce moment arriva le général de Wimptfen qui m'apprit qu'il était investi du commandement en chef. 11 examina notre situation. Je lui lis observer que, malgré notre infériorité, j'espérais pouvoir tenir, mais (|u'il fallait absolument ((ue le plateau d'illy restât en notre possession. 11 m'afhrma que le l*"" corps l'occupait en force et qu'il veillerait à ce qu'il s'y maintint.

Dans ces conditions, je crus pouvoir, ainsi que me le demandait le général de^Vim}»l^en, me dégarnir pour soutenir le général Lebrun, et m'étant porté sur le plateau où se trouvait le général de Labadie, j'envoyai cet oflicier général en lui adjoignant la brigade Bittard-Desportes pour renforcer le i'2^ corps (général Lebrun).

(1) Le général Douai indique ainsi qu'il était environ 9 lieuros.

(îénéral Lebrun.

Des demandes incessaiites m'arrivaient de ce côté (1), et ayant vu le plateau d'Illy toujours occupé par le l®"" corps, j'envoyai dans la même direction le général Duniont avec sa dernière brigade, la faisant remplacer dans sa position par une partie de la division Liébert, et par ce qui me restait de la 1'° division.

Le combat continuait toujours avec violence sur le front du "t^ corps; néanmoins, je me privai de tout ce dont je pouvais disposer à cause de l'importance capitale qu'il y avait pour toute l'armée de rester en possession du bois de Givonne et du plateau d'Illy. De ce côté, en effet, l'ennemi venait de mettre en position une artillerie formidable, et nous enserrait dans un cercle de feu qui nous prenait de front, de droite, de gauche et à revers.

La situation devenait difficile; je cherchais à m'en rendre un compte bien net, lorsque je m'aperçus, tout à coup, que le plateau d'Illy venait d'être évacué par le 1^'' corps.

Il n'y avait pas un moment à perdre. L'ennemi concentrant de plus en plus le feu de son artillerie, avait démonté la majeure partie de nos batteries.

L'infanterie, la cavalerie et l'artillerie d'un nouveau corps d'armée allemand passé sur la rive droite de la Meuse montraient déjà leurs têtes de colonnes. Si l'ennemi arrivait sur le plateau d'Illy, notre position devenait intenable.

Je me portai aussitôt sur la route de Givonne; j'y trouvai le général Dumont qui, avec sa 1''^ brigade et d'autres troupes (le la gauche du l'^'' corps, venait d'être vigoureusement repoussé. ,Je fis occuper, par cette brigade et la por-

il) Ce n'étail certes pas le général Lebrun qui faisait ces demnndes»

Général Lebrun.

no ANNEXES ET ÉCLAIRCISSEMENTS

tion de la première division que j'avais sous la main, le plateau d'Illy, et je les fis soutenir par une partie de la brigade de Fontanges (o* corps) arrivée sur les lieux.

Deux batteries de la réserve appelées par le général Liégeard essayèrent de soutenir cette infanterie. Mais, à peine en position, elles l'ureut désemparées; des caissons sautèrent, et leur personnel, très maltraité, ne put qu'à grand'peine ramener ce qui restait de matériel.

L'infanterie, en bataillons déployés et embusqués, couverts par un rideau de tirailleurs, continua néanmoins de tenir bon.

A ce moment, il était environ deux heures, la division Liébert, qui était restée très ferme sur sa position, était complètement tournée par sa gauche. Des pelotons entiers de chevaux sans cavaliers, revenant de charges infructueuses tentées par le 1" corps, désorganisaient ses rangs sur notre droite; des masses considérables nous pressaient, nous tournaient, et allaient nous envelopper. Il fallut se décider à la retraite, n'ayant plus d'artillerie en état de la protéger.

Je reçus alors un billet du général de WimpfFen, m'annonçant qu'il se décidait à tenter de percer sur Carignan et (ju'il me chargeait de soutenir la retraite de l'armée. Je lui réponilis (|U(\ dans l'état où j'étais, avec trois brigades seuleniciif. sans artillerie, presque sans munitions, tout ce fjue je pouvais faire était de me retirer sans déroute du champ de kitaille.

Ce mouvement se lit en bon ordre. Les bataillons en échelons mirent près de deux heures pour se replier sur les glacis de la place, dont l'intérieur, les abords et les

fossés étaient déjà encombrés par des troupes de toutes armes, cavalerie, infanterie, artillerie.

Quelques bataillons, à l'aide de bouquets de bois, de clôtures et d'habitations, entretinrent le feu et maintinrent l'ennemi à distance jusqu'à la nuit tombante. Ils rentrèrent alors dans la place, où les autres troupes avaient été abritées le mieux possible et disposées dans les places d'armes et chemins couverts, afin de les défendre au besoin.

La cavalerie divisionnaire, qui a eu aussi beaucoup à souffrir, a pu concourir par quelques charges isolées à la défense de la position.

Le reste de la division de cavalerie, sous le général Ameil, ayant dû gagner notre extrême droite, a opéré, danS cette direction, concurremment avec la cavelerie du l^"" corps, et a ainsi fourni plusieurs charges brillantes. Pendant cette journée, le 7* corps, réduit à environ trois brigades par les reuforts qu'il avait été appelé à envoyer sur d'autres points, a dû lutter contre deux corps d'armée qui ont mis en ligne plus de 300 pièces de canon d'une grande supériorité de calibre, de portée et de justesse.

Notre adversaire ne s'est pour ainsi dire servi que de son canon pour nous réduire. Ce n'est que vers la fin de l'affaire, lorsque nos batteries, notre infanterie et notre cavalerie ont été écrasées, que l'infanterie ennemie s'avança en masses considérables. La cavalerie ennemie était présente sur le champ de bataille; mais elle était hors d'atteinte, soigneusement dérobée, et n'a pris aucune part à l'action.

Dans cette bataille du l^"" septembre et les combats de la veille et de l'avant-veille, les pertes du 7« corps ont

été considérables. 11 a eu cinq généraux mis hors de combat :

Général de brigade Bittard-Desportes, tué,

Général de division Dumont, blessé.

Général de brigade Guiomar, —

Général de brigade de Bretteville, —

Général de brigade Morant, —

Le général de division Conseil-Duménil a été fait prisonnier sur le champ de bataille. Les pertes en officiers et en soldats tués, blessés ou disparus sont, autant qu'elles ont pu être constatées, d'environ 300 officiers de 10,000 hommes de troupes (1).

Ces chiffres disent assez quelle a été la conduite des troupes. Celle de l'artillerie entre autres a été héroïque. Mais tous les efforts humains devaient être impuissants contre le cercle de fer qui nous enveloppait, et qui, nous acculant à une place, nous rendait toute retraite impossible.

Je joins à ce rapport succinct ceux des généraux commandant les divisions, l'artillerie et le génie.

N. B. —Le général Douai a remis le rapport qui précède au général Lebrun, sans l'avoir revêtu de sa signature.

(1) ChilTres très exagérés.

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