‹ Guerre de 1870: Campagne de la MoselleChapitre 1 sur 29 · CHAPITRE PREMIER · texte numérisé non relu

CHAPITRE PREMIER

Origines de la guerre. — Ambition traditionnelle de la Prusse, ses préparatife secrets. — Le comte de Bismark. — Coalition de la Prusse et de rAutriche contre le Danemark. — Attitude des puissances. — Duppel. — La question des duchés, discorde entre la Prusse et TAutriche. — Dissolution de la Diète et rupture de la Convention de Gastein. — Silence du gouvernement français. — Campagne de i866, Sadowa. — Contre-coup en France. — Inquiétudes du gouvernement impérial. — L'affaire du Luxembourg. — Conférence de Londres. — Les Prussiens évacuent le Grand-Duché. — L'incident HohenzoUern. — Pourparlers diplomatiques. — Déclaration de guerre.

Il y a deux siècles à peine, la Prusse n était encoro qu'un obscur électoral du nord de l'Allemagne, lorsque les talents militaires et le génie politique de Frédéric II rélevèrent au rang de puissance de second ordre par la conquête de la Silésie et l'annexion violente d'une partie de la iPologne.

CAMI^AGNE

Battue sous la république à Valmy, et sous Tempire à léna, près de disparaître de la carte d'Europe où elle figurait depuis quelques années, la Prusse fut sauvée de cette éclipse .totale par la mansuétude de Napoléon i" qui se ;Cô«îeaità de Thumilier.

Mais la (dédaigneuse générosité du conquérant ne fut point pàï donnée d^es i^irûssiens qui, dévorant leur honte en silence, cherchèrent, avec la ténacité particulière à la race saxonne, à venger leur amoindrissement par une réorganisation complète de leur système militaire.

Les derniers jours de Tempire virent la première application de ce système, suivant lequel tout homme valide devenait soldat et la Prusse un immense champ de manœuvres. 1813 et 1814 furent la revanche de 1806, et, au congrès de Vienne, la Prusse se montra la plus cruelle ennemie de la France, dont elle ne cessa do réclamer le démembrement.

Un demi-siècle s'écoula, durant lequel cette puissance, peu soucieuse de suivre les autres nations dans l'admirable renaissance littéraire et artistique qui caractérisa cette période, ne cultiva guère les sciences, et ne protégea l'industrie que dans ses rapports directs avec l'art de la guerre, et, tandis que les peuples de l'Europe réclamaient par la voix de ses

philosophes et de ses grands orateurs une ère de paix universelle garantie par l'abolition des armées permanentes, la Prusse continuait secrètement ses préparatifs de guerre, par un exercice continuel de ses troupes et la construction des engins les plus formidables.

Durant les dernières années, ces préparatifs i*eçurent une impulsion nouvelle par Tarrivéc au pouvoir du comte de Bismark. Ambitieux et doué d'une forte dose de volonté, souple et audacieux tout à la fois, ayant pour unique principe, en morale politique, que la force doit primer le droit, le nouveau chef du cabinet de Berlin trouvait dans le roi Guillaume un maître tel pi'écisément qu'il le pouvait désirer.

D'une intelligence secondaire et d'un caractère faible, aisément dominé par son entourage, le vieux monarque, ébloui par les vastes projets de ce Richelieu au grand pied, se laissa sans trop de répugnance coiflFer du casque à paratonnerre, et rien n'arrêta plus l'essor des projets ambitieux du ministre, qui rêvait déjà de changer cette coiffure guerrière pour la couronne et le sceptre de Gharlemagne.

Dès lors on n'attendait plus qu'une occasion favorable, elle ne tarda pas à se présenter. Unies dans un but commun d'ambition, la Prusse et l'Autriche

se coalisèrent contre le Danemark, qui, malgré sa résistance héroïque, fut écrasé par le nombre de ses assaillants.

Ce sera pour le gouvernement anglais et pour le second empire — qui n'en est pas à cela près — une honte éternelle d'avoir laissé lâchement égorger ce petit pays et consommer un pareil crime politique. La France Ta déjà payé cher, bientôt peut-être TAngleterre aura-t-elle à s'en repentir à son tour.

Cependant les lauriers de Dûppel, dont la moitié revenait à l'Autriche, étaient loin de satisfaire M. de Bismark. Ils augmentaient de bien peu la gloire de la Prusse, et de bien peu surtout son territoire. Se retourner contre son allié, s'emparer traîtreusement des ports du Holstein, la commune conquête, ne fut qu'un jeu pour le ministre tout-puissant, qui répondit aux protestations de l'Autriche par la dissolution de la Diète, et, sans laisser a son ex-alliée le temps de se reconnaître, déchira la convention de Gastein et lui déclara la guerre.

C'était une belle occasion pour la France de jouer dans cette querelle le rôle du troisième larron, et certes ce ne sont pas les scrupules qui eussent arrêté Napoléon III. Quelles furent les raisons qui portèrent ce profond politique à ne point intervenir, c'est ce

que nous ne saurions pénétrer; toujours est-il que répée de U Europe resta dans le fourreau.

Les événements se précipitèrent, dit un historien de cette période. La Prusse, libre du côté du Rhin, rompit, comme par des coups de foudre successifs, la ligue naissante des alliés de son ennemie, pendant que ses trois principaux corps d'armée couraient vers le centre de la Bohême, et que, pour prix de la Vénétie, Tltalie auxiliaire tenait en échec une partie des forces de l'empire, sur le Pô, loin du théâtre où allait s'accomplir le destin de l'Allemagne.

Au lieu de se jeter hardiment entre des colonnes d'attaque impuissantes à se secourir l'une l'autre, Benedeck garda une défensive hésitante. Sans doute, l'organisation imparfaite de l'armée autrichienne diminuait la liberté du chef, et la composition hétérogène de ses éléments lui coupait l'élan, mais ces difficultés n'excusent pas ses fautes.

Stratégiquement, il joua dès l'origine le jeu de son adversaire : tous ses lieutenants furent séparément battus et refoulés devant les flots des envahisseurs, roulant par trois voies convergentes vers le lieu choisi de rendez-vous, en avant de Prague. Les Autrichiens durent accepter la bataille où l'ennemi la

voulait, dans les conditions les plus défavorables,

démoralisés par les échecs partiels qu*ils avaient tour à tour subis, tous les tronçons de leurs divisions pêlemêle et ralliés à la hâte, FElbe à dos, au milieu d'une contrée boisée, dont la configuration paralysait les prouesses de la bravoure individuelle et se pliait aux ruses de la tactique des Prussiens, SI Faction efficace de leurs tirailleurs.

La journée de Sadowa fut une défaite complète- Les débris de l'armée de Benedeck, poursuivis pied à pied, sans rencontrer une forteresse sur le chemin de leur fuite, se rejetèrent moitié vers la Hongrie, moitié sous les murs de Vienne. Mais la capitale de l'empire des Hapsbourg était ouverte de toutes parts.

Force fut donc de transiger pour éviter un désastre plus grand : l'Autriche livra d'abord la Vénétie, puis signa le traité de Prague qui la reléguait au rang des puissances secondaires. Les petits États du sud de l'Allemagne entrèrent dans une confédération militaire dont le chef suprême était le roi de Prusse, et le rêve unitaire du comte de Bismark fut en quelque sorte réalisé.

Si la victoire de Sadowa fut un échec pour la politique du gouvernement français, ce dernier reçut l'outrage sans sourciller; mais il comprit, un peu tard il est vrai, la faute qu'il avait commise en favo-

risant ou laissant s'accomplir Tunitè de deux nations qui ne tarderaient pas à retourner leurs forces contre celui qui en avait été Tinconscient organisateur.

Ayant perdu son prestige militaire, battu en brèche par une opposition grandissante, qui comprenait tout ce que la nation renferme de forces jeunes et intelligentes, le gouvernement impérial sentit dès lors la nécessité, pour consolider son pouvoir et asseoir sa dynastie, de préoccupations extérieures capables de détourner Fattention publique des affaires intérieures du pays. C'est la ressource ordinaire des gouvernements impuissants à donner la liberté de chercher dans la gloire de leurs armes un aliment aux aspirations de leurs peuples.

Une autre question ne tarda pas à surgir. Napoléon III, désirant une compensation à Textension que venait de prendre la Prusse par l'annexion des petits États d'Allemagne et le refus de cette puissance de restituer le Holstein, malgré les réclamations fondées du Danemark, entama de secrètes négociations avec la Hollande pour l'acquisition du Luxembourg, dont la forteresse, construite par Vauban pour protéger les provinces françaises de l'Est, était illégalement détenue par la Prusse. Ce petit État, dont les sympathies sont acquises à la France, eût volontiers opté

pour Tannexion, et la négociation était près d'aboutir lorsque la Prusse intei'vint. Un projet de traité fut alors soumis au chancelier du Nord, par lequel nonseulement la France reconnaissait les acquisitions faites par la Prusse, mais encore accepterait Tunion de la confédération du nord de l'Allemagne avec les ^ Étals du sud — à Texception de TAutriche — pourvu que le roi de Prusse consentît à la cession du Luxembourg et signât avec la France un traité d'alliance offensive et défensive en vue des complications qui pourraient surgir de ce projet d'annexion. Ces propositions rejetées par la Prusse, la querelle s'envenima et les puissances européennes s'assemblèrent à Londres pour prévenir un conflit.

Le jugement de cet aréopage mécontenta tout k la fois les gouvernements français et prussien; en effet, la France devait renoncer k ses prétentions et la Prusse était réduite k évacuer le Luxembourg, qu'elle occupait depuis 1818, et k démanteler la fortei*esse.

Au point où les choses en étaient arrivées, un prétexte devait suffire pour allumer la guerre, et ce prétexte, les deux gouvernements étant également intéressés k le faire naître, ne tarda pas k se présenter.

Le gouvernement républicain, provisoirement 6ta-

bli en Espagne lors de la chute d'Isabelle II, inquiétait depuis longtemps les souverains de TEurope, qui, peu soucieux de voir se perpétuer un pareil état de choses, offraient chacun aux Espagnols un prince de leur façon, comptant par là sans doute prendre une part d'influence dans les affaires de la Péninsule.

Nous n'entrerons point dans le détail de ces compétitions pour arriver de suite à la candidature du prince de Hohenzollern, cause ou plutôt prétexte de la guerre atroce qui vient à peine de finir.

La candidature de ce prince, secrètement patronée par le roi .de Prusse à la famille duquel il appartenait, souleva, dès qu'elle fut connue, des difficultés diplomatiques de la part de la France.

Le 6 juillet, au Corps législatif, le duc de Graraont, ministre des affaires étrangères, déclare dans sa réponse à l'interpellation de M. Cocherie « qu'en eflfet le général Prim a offert la couronne d'Espagne au prince Léopold de Hohenzollern, qui l'a acceptée. » Puis il ajoute : « Le peuple espagnol ne s'est pas encore prononcé et le gouvernement ne connaît pas les négociations engagées.. En conséquence, le gouvernement prie le Corps législatif d'ajourner une discussion qui maintenant n'aboutirait pas. Le gouvernement persistera dans son attitude de neutralité

S'il y avait de la part du gouvernement français un motif occulte de poursuivre cette guerre pour une question de forme, c'est ce qu'il serait oiseux de discuter. Cependant un journal officieux, la Patrie, s'exprimait ainsi :

« Le fond même du litige s'est en quelque sorte évanoui par la renonciation officielle du prince de Hohenzollern. Nous avions déclaré, dès le début, que nous ne souffririons pas son installation sur le trône d'Espagne ; il y renonce avec éclat, le but que nous nous étions proposé à l'origine de la crise devait donc sembler atteint. »

On croyait en effet, dans certains cercles politiques, à la possibilité d'éviter la guerre, et M. Emile OUivier, ce pantin ridicule dont l'empereur lirait les ficelles, se faisait dans les couloirs de la Chambre l'écho de ces rumeurs rassurantes. Des coups de bourse malheureux en furent le résultat unique.

Le 18 juillet, la note suivante, rédigée en conseil par les ministres, est communiquée au Corps législatif :

« Messieurs, la manière dont vous avez accueilli la déclaration du 6 juillet, nous a donné la certitude que vous approuveriez notre politique et que nous pourrions compter sur votre appui.

(( Nous avons commencé alors des négociations avec les puissances étrangères pour réclamer leurs bons offices auprès de la Prusse, afin que Ton reconnût la légitimité de nos griefs.

« Nous n*avons rien demandé à TEspagne, dont nous ne voulions pas froisser les susceptibilités. Nous n'avons pas agi auprès du prince de Hohenzollern, parce que nous le considérions comme couvert par le roi de Prusse.

(f Nous nous sommes refusé dans cette affaire toute récrimination sur d'autres objets. La plupart des puissances admettent avec plus ou moins de chaleur la justesse de nos réclamations.

« Le ministre des affaires étrangères prussien nous opposa une fin de non - recevoir, prétendant qu'il ignorait l'affaire et que le cabinet de Berlin y était resté complètement étranger. Alors nous nous sommes adressés au roi lui-même. Le roi, tout en avouant qu'il avait autorisé le prince de Hohenzollern à accepter la candidature, a soutenu qu'il était resté étranger aux négociations entre le prince et l'Espagne, qu'il était intervenu comme chef de famille et non comme souverain. Il reconnut cependant qu'il avait communiqué l'affaire à M. de Bismark. Nous ne pouvions jas admettre

celte distinction subtile entre chef de famille et souverain.

« En attendant, nous avons reçu par l'ambassadeur d'Espagne l'avis de la renonciation du prince de HohenzoUern. Nous avons demandé au roi de s'associer k cette renonciation et de prendre l'engagement, si la couronne était de nouveau offerte au prince Léopold, qu'il refuserait son autorisation.

« Notre demande modérée était conçue en termes également modérés. Nous avoùs écrit à M. Benedetti en faisant ressortir quie nous n'avons aucune arrièrepensée, que nous n'avons pas cherché un prétexte dans l'affaire HohenzoUern. Le roi a refusé de prendre l'engagement demandé; il a terminé la conversation avec M. Benedetti en disant qu'il voulait pour cela, comme pour toutes choses, se réserver la faculté de consulter les circonstances.

« Malgré cela, par désir de conserver la paix, nous ne rompîmes pas les négociations. Aussi notre surprise fut grande quand nous apprîmes que le roi avait refusé de recevoir M. Benedetti et avait communiqué officiellement le fait à son cabinet.

« Nous avons appris que M. de Werther avait reçu l'ordre de prendre congé; nous avons eu connaissance aussi des armements de la Prusse.

« Dans ces circonstances, c'eût été de notre part un oubli de dignité et une imprudence de ne pas faire de préparatifs pour soutenir la guerre qu'on nous offre, en laissant à chacun la part de responsabilité qui lui revient.

« Dès hier, nous avons appelé la rései*ve. Nous allons prendre les mesures nécessaires pour sauvegarder les intérêts, la sécurité et l'honneur de la France. »

L'opposition, pai* la voix éloquente de M. Thiers, manifesta ses craintes au sujet d'une guerre si inopinément entreprise : « Je regai*de, dit l'éminent orateur, cette guerre comme imprudente. J'ai été plus que personne affecté des événements de 1866; mais, je le dis, l'occasion de les réparer est choisie de la façon la plus détestable. »

Ce fut en vain; M. Thiers ne fut écouté non plus que Cassandre dans les conseils des Troyens; sa voix fut étouffée sous les huées de la majorité, et les journaux se montrèrent d'une excessive dureté envers cet homme politique, qui avait en ce moment le tort de voir plus juste que les autres et de contrarier les sentiments guerriers si faciles à éveiller dans le cœur des Français.

— « Nous sommes prêts, dit solennellement le

ministre de la guerre à la tribune, rarraement de la garde -nationale est inutile, Tarmée suffit à la défense du pays. »

« Sur mon honneur, nous sommes prêts, » répéta le ministre de la justice dans la salle des Pas-Perdus du Corps législatif.

Gomment résister à de semblables autorités? L'opinion avait été soigneusement surexcitée, les journaux officieux ou agréables embouchaient la trompette, on chantait la Marseillaise dans les rues sous Tœil placide des sergents de ville ; trois jours après Paris était soûlé de chauvinisme, le tour était joué et la guerre officiellement déclarée le 19 juillet.

Vainement l'Angleterre s'interposa pour amener une entente entre les deux pays. En réponse aux instances de l'ambassadeur britannique, l'empereur se contenta de laisser tomber négligemment ces paroles : « Il est trop tard. »

Les préparatifs de guerre étaient, en effet, activement poussés par les deux gouvernements également pressés d'en venir aux mains.

Le 18 juillet, trois décrets parurent au journal officiel :

Le premier instituait l'impératrice régente de l'empire pendant le séjour de Napoléon III à l'armée.

Le second proclamait Tétat de siège dans les trois départements de la Moselle, du Haut-Rhin et du Bas- Rhin.

Le troisième enfin appelait immédiatement à Factivite les hommes du contingent de 1869.

En même temps, le chef de FÉtat lançait la proclamation suivante, affichée le même jour dans toutes les communes de France.

« Français,

« Il y a dans la vie des peuples des moments solennels où rhonneur national, violemment excité, s'irapose corame une force irrésistible, domine tous les intérêts, prend seul en mains la direction des destinées de la patrie. Une de ces heures décisives vient de sonner pour la France.

(( La Prusse* à qui nous avons témoigné pendant et depuis la guerre de 1866, les dispositions les plus conciliantes, n'a tenu aucun compte de notre bon vouloir et de notre longanimité. Lancée dans une voie d'envahissement, elle a éveillé toutes les défiances, nécessité partout des armements exagérés, et fait de l'Europe un camp où régnent l'incertitude et la crainte du lendemain.

« Un dernier incident est venu révéler Finstabilité des i*app(H'ts internationaux et montrer toute la giavité de la situation. En présence des nouvelles prétentions de la Prusse, nos réclamations se sont fait entendre. Elles ont été éludées et suivies de procédés dédaigneux. Notre pays en a ressenti une profonde irritation, et aussitôt un cri de guerre a retenti d'un bout de la France à l'autre. Il ne nous reste plus qu'à confier nos destinées au sort des armes.

« Nous ne faisons pas la guerre à l'Allemagne, dont nous respectons l'indépendance. Nous faisons des vœux pour que les peuples qui composent la grande nationalité germanique disposent librement de leurs destinées.

« Quant k nous, nous réclamons l'établissement d'un état de choses qui garantisse notre sécurité et assure l'avenir. Nous voulons conquérir une paix durable, basée sur les vrais intérêt^ des peuples, et faire cesser cet état précaire où toutes les nations emploient leurs ressources à s'armer les unes contre les autres.

« Le glorieux drapeau que nous déployons encore une fois devant ceux qui nous provoquent est le même qui porta à travers l'Europe les idées civilisatrices de notre grande Révolution. Il présente les

mêmes principes, il inspirera les mêmes dévouements.

« Français,

« Je vais me mettre à la tête de cette vaillante armée qu'anime l'amour du devoir et de la patrie. Elle sait ce qu'elle vaut, car elle a vu dans les quatre parties du monde la victoire s'attacher à ses pas.

« J'emmène mon fils avec moi, malgré son jeune âge. Il sait quels sont les devoirs que son nom lui impose, et il est fier de prendre sa part dans les dangers deceux qui combattent pour la patrie.

« Dieu bénisse nos efforts. Un grand peuple qui défend une cause juste est invincible.

« Napoléon. »

En outre, par deux décrets spéciaux, les sessions du Sénat et du Corps législatif étaient closes. Des paroles et des proclamations on allait passer aux actes.

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