‹ Guerre de 1870: Campagne de la MoselleChapitre 15 sur 29 · U AOUT · texte numérisé non relu

U AOUT

La défaite du maréchal Mac~Mahon à Wœrth, suivie d'une retraite précipitée et en désordre, la nécessité de rester lié avec lui et le sentiment qu'une grande réunion de forces était indispensable, amenèrent les Français à essayer de tenter une action décisive, non pas sur la Moselle, mais bien plus en arrière, peut-être dans les plaines de la Champagne. Pour cela, il fallait atteindre Verdun par la route la plus courte. Une partie de Tarmée du maréchal commençait ce mouvement, quand, le 14, sur la rive gauche de la Moselle, tout à côté des forts détachés de Metz, les avants-postes des 1'® et 2"*® armées allemandes engagèrent avec les avant-postes français un combat qui dégénéra bientôt en bataille acharnée; un corps d'armée français et la moitié du 1®' armée-corps prussien qui arrivait en ce moment, y prirent part. Les deux partis s'attribuent la victoire > mais l'avantage est

2i2 CAMPAGNE

resté aux Allemands, moins parce qu'ils sont restés maîtres, le soir, de la plus grande partie du champ de bataille, que parce qu'ils ont retardé d'un jour la marche de l'armée française.

Si le maréchal Bazaine, qui avait déjà pris le commandement en chef, était dans l'intention d'abandonner Metz, il ne devait pas accepter le combat sur la rive gauche de la Moselle. La ville de Metz couvrait sa retraite de la façon la plus efficace, car chacune des troupes allemandes, arrivant dans la direction de la forteresse, devait y être retardée, pour un jour de combat au moins, dans sa marche sur Verdun.

Voulait-il, au contraire, en s'appuyant sûr Metz, s'établir fortement sur la ligne de la Moselle, il devait, le 14, tomber avec toute son armée sur les Allemands, quand il pouvait espérer les surprendre dans les environs. Son succès était certain; à peine, le IS, les Allemands étaient-ils réunis en force suffisante pour soutenir la lutte avec lui ; Metz leur était certainement indiquée comme point de concentration, mais quelques fractions avaient seules franchi la Moselle.

Le 18, les deux armées se seraient trouvées certainement en face l'une de l'autre, mais à cause de la proximité de la place, le maréchal pouvait choisir entre une bataille ou une retraite non inquiétée. Donc,

DE LA MOSELLE. 2i5

le 14, il ne devait pas accepter le combat, ou il devait

l'engager avec toutes ses troupes, eu sorte que, dans

les conditions où elle s'est produite, .la journée du

14 était une faute de la part des Français.

(Opérations mililaires autour de Metz, par un officier générai prussien.)

Page 1