ET 18 AOUT
La journée du 16 août ne fut pa3 regardée comme pleinement décisive par les Allemands ; aussi, le 17, toutes les troupes disponibles furent réunies. La garde et le 12"*® armée-corps arrivent à Mars-la-Tour, et s'établissent dans la soirée au sud de ce village. Les 7"® et 8"® armées-corps passent de la rive gauche k la rive droite de la Moselle et occupent au nord le bois des Oignons. On pouvait enfin espérer que le 2""* armée-corps, qui s'avançait à marches forcées et dont Ja tête avait atteint Pont-à-Mousson, arriverait sur le champ de bataille dans la soirée du 18. Le roi de Prusse qui avait pris en personne le commandement en chef, pouvait donc, pour ses dispositions de combat, compter sur un huit armées-corps qui, avec la
cavalerie, formaient un effectif de deux cent quarante mille hommes. Sur ce nombre, trois armées-corps étaient intacts.
Le maréchal Bazaine devait, après le combat du 16, se décider à prendre un parti. Il ne pouvait plus marcher sur Verdun par les deux routes sud : Tune lui était complètement fermée et Tautre était si rapprochée de Tennemi qu'une simple marche de flanc de celui-ci la rendait impraticable. Quant à la- troisième route, il devait faire de sérieuses réflexions avant de s'y engager; son armée avait à faire un détour dé trois milles avant de l'atteindra, et il ne devait pas espérer arriver à Verdun, c'est-à-dire dans la vallée de la Meuse, sans livrer une autre bataille, car les Allemands, n'eussent-ils fait aucun mouvement le 47, l'auraient certainement rejoint le 48 ou le 19 de ce côté-ci de Verdun. Il avait, au contraire, le di'oit d'espérer échapper en prenant la route de Metz à Longuion et Sedan, qui faisait presque un angle droit derrière ses positions; le ruisseau de l'Orne pouvait, dans ce cas, lui être très-utile pour un combat d*arrière-garde.
Le maréchal Bazaine a dit lui-même qu'il ne pouvait abandontier Metz le 17, parce que son infanterie avait complètement épuisé ses munitions
lé 46; il devait Fapprovisionher de nouveau au moyen des réserves de la forteresse; n^ais il aurait pu le faire tout en se portant au nord, vers l'Orne, avec son armée. Il lui restait, en effet, pour le ravitaillement, deux grandes routes, Tune directe et l'autre se détachant, le long de l'Orne, de la route de Thionville. Le temps ne lui aurait pas manqué, car il n'aurait guère pu être attaqué avant le 49 dans cette position.
(Opérations militaires autour de Metz, par un officier général prussien.)