Combien de temps reslàles-vous là
R. — J> restai toute la nuit et jusqu'au lendemain
matin; alors je me sauvai. Je les entendis dire qu'il fallait que 168 nègres délogeassent avant que la canonnière n'arrivât» et qn'ils vonlaient tuer les nègres. La canonnière commença k faire fea sur nous et en commencèrent à s^en aller. Je les entendis tirer aa-dessns de noos. Hs me crièrent de monter vers enx; mais je ne voulus pas; je courus en bas ver^ la rivière et j arrivai à la canonoière.
Une cinquantaine d'autres blessés témoignèrent de même.
AprèB son exploit do fort Pillow,Forrest essaya de nouveau de faire snbir le même sort à Paducah et k Golom* bus; mais il écbona dans ces deux entreprises et il rentra à la fin d'avril dans l'Etat de liississipi, ramenant avec lui
un vaste butin de chevaux, de chars et d'approvisionné* ments divers.
Ni Slierman ni Thomas ne s étaient laisse détourner de leurs préparatifs d'opérations par ce bruyant raid, et au mois de mai le général Sherman était en mesure de rentrer en campagne avec des forces imposantes.
Dans l'est, il en était de même. L aïaiec du Potomac, quoique n'ayant pas fait de progrès depuis la fin de juillet 1863, époque où nous l'avons laissée sur le Rappaliannock, n'était pas restée inactive. Elle s'était aguerrie dans de nombreuses escarmouches et dans des marches et contremarches qui avaient fini cependant par la ramener, pour ses quartiers d'hiver, dans les positions connues de la rive ganebe du Rapidan. Le général Meade avait toujours en face de lui le général Lee, dont le gros s'établit en avant d'Orange.
Ainsi les lignes des diverses années fédérales, considérées dans leur ensemble, décrivaient de nombreux et vastes contours sur l'immense ten itoire qu'elles tenaient depuis i'Ârkansas à l'Océan Atlantique.
\ l'exlrême droite, le géuérai Stede occupait la ligne de i'Arkansas^ tandis que pins an sad nn posie avancé avait été jeté à l'embonchare du Rio-Grande.
Le Misstsstpî, de Saint-Louis à la Nonvelle-Oriéans»
était frardé par de considérables forces, dont celles des généraux Scliofield à Saint-Lours,llurlbiU à Meraphis, Sherman à Vickslnir?. Banks (*n Louisiîuip.
A Test du graïul lleuve, les liLiiies léilérales tenaient le cours des rivières Tennessée et Uoiston, avec une roi to position en avant de Cliattanooga, ce qui couvrait suffi samment le Tennessée oriental contre les incursions des forces ennemies concentrées à Daiton en Géorgie.
La Virginie occidentale rentrait aussi dans la zone des troupes de l'Union, tandis que dans la Viigiiiie orienlaff le H.ipidan et le Rnppaliannock formaient la limite entre les deux principaux belligérants.
Les fédéraux possédaient encore les boucbesdes rivières James et York, Foi t Monroe et les environs, Yorktown, Williamsburg et Norfolk.
Le long de la c6t6 ils avaient aussi des positions plus ou moins fortes à Washington et à New-Berne dans la Caroline du Nord; à Beaufort» aux îles FoUy et Morris devant Charleston, à Hilton-Head, à Forl-Pulaski et à Port-Royal dans la Caroline du Sud; à Fernandine, à St-Augustin, à Key-Wesl et à Pensacola en Flon<*e.
Mais en arrière et tout autour de ces lignes le terrain n'était que relativement conquis, et rien moins que sûr. Des bandes de guérillas et des populations hostiles forçaient de garder chaque pouce des lignes de communication de chemins de fer ou des cours d'eau. » Contre toutes les positions fédérales le Sud avait aussi des forces plus ou moins considérables, <jni se résumaient en qu.itre masses principales. C'étaienl relies de lk\iurogard, replié de Cbarleston sur le sud de Hicbmond; celles de Lee, en Virginie septentrionale, couvrant Kichmond
contre Meade; celles de Jolmstou ii Dalton, couvrant Atlanta contre Thomas etSherman, se rattachant à la rigueur celles de Polk eo Âlabama; enÛD celles de Kirby Smitli, aa-delà du Mississipi en Arkansas^ au Texas et en Louisiane, contre Steele et Banks.
Le général Grant, dès qu il put prendre en mains la direction réelle des forces à sa disposition, s'occupa de les concentrer pour frapper dans deux directions seulement, dans l'ouest sur le centre de la Geoi^ne, sur \llanla, et dans TEst sur Richmond. Sherman agirait sur la première zone, et lui, Grant, mai chant avec l'armée de Meade, sur ta seconde. Tel (ut le plan général de la décisive campagne qui s'ouvrit en mai ié^k, et qui nous mènera maintenant jusqu'à la fin de la guerre, après une suite de sanglantes batailles, d'incessantes escarmouches, d'opiniâtres sièges et de marches héroïques, qui montrèrent plus (|ue jamais la icuacilc et le courage des combattants d'une et d'autre part.
Plan de la grande campagne de 1864. Etat des forces en présence en Virginie. — Grant et Meade passent le Rapidan. — Batailles de Wildemess o ei d imn 1864;, de Spottsylvania 1 1 • i ii raai), du North-Anna mai), de Cold-Harbor (3 juin). — Jonction de Grant et de Butler sur le James-Ri^er.
Pour Toftensive générale qui devait s'exécuter an printemps de 180/», conformément aux vues indiquées dans le chapitre précédeal, le générai Sberman reçut Pmstructioo de s'avancer de Ghattanoojpi sur Dalton ei Atlanta» de refouler l'armée de Joboslon aussi loin que possible dans llntériear du pays, en infligeant le plus de dommage possible à toutes ses ressources de guerre. Si lohnslon faisait mine de vouloir rejoindre Lee, Sherniaa devait le suivre sans relâche, junir arriver en même temps que lui en Virginie et se joindie à l^innêe du Polomac. Si Lee menaçait d'aller rejoindre Julinsion, lui, Grant, suivrait Lee pour empèclier cette jonction.
Le général Meade reçut l'instruction de (aire de l'armée de Lee son principal objectif; par conséquent de la suivre partout où elle irait. En premier lieu il la délogerait de ses positions retranchées du Mlne*Run, en franchissant le Rapidan sur sa gauche ou sur sa droite, prérérablenient sur la droite ennemie, ce qui donnerait l'avantage de prendre bientôt une base sur le Bas-Potomac, ou sur l'un
des grands affluenU d« la tiaie de Ghesapeake. £o agis* saut par leor gauche, lesfédératti de Meade se rallieraieDi aussi à l'année de Butler.
Le îïénéral Butler, à Fort-Monroe, dut s'avancer sur Uichmond par la rivière James. Il tiendrait son ^^ros sur U rive droite. Il s'emparerait de Gity-Poiot, petit hauà^au sur un bluff escarpé de cette rive» un peu au-dessous du confluent de l'Appomatox, téle de ligne d'un rayon de chemin de 1er du James-RtTM* à Peieraburg» et il s'y fortifierait. Il tancerait en même temps sa ca? alerie plus au sud, pour couper les chemins de Petersburg-Norfolk et de Petersburji-Weldon, et il làcliei ait de s'emparer de Petersburg même, il investirait Uiclimond du côté du sud, ayant sa gauche au James-Hiver, et en s'efforçant de prolonger sa droite vers te sud. Que s'il ne pouvait enlever la place, il devait au moins faire en sorte d*y retenir autant de forées que possible.
L armée du Potomac viendrait le rejoindre sur le James-River.
Sur la droite du front des fédéraux opérerait encore une autre armée, celle du général Sigel. Tout en couvrant la Virginie occidentale et les frontières du Maryland et de Pensylvanie» SIgel avancerait une colonne dans la Sbenandoah aussi haut que possible, sur Slanton, Waynesboro, Lyncbburg même, tandis qu^one seconde colonne, plus à droite, et sons le général Crook, descendrait le long du chemin de fer du Tennessee, l'enduminagerait de son mieux, et irait détruire entr'autres les ponts et les magasins de Saltville en Virginie.
Ce plan ressemblait à une disaine d'autres tentés auparavant d'une manière plus ou moins complète, sauf qu'il présentait, avec trois convenables diversions, une masse principale et compacte, l'armée de Meade, pour frapper le coup décisif, et que pur la première direction donnée à celte uia6se, ainsi qu'à Tarmée de Butler, une grande
concenlration de ees deui forces pouvait s'effedaer assez facilement, après quelques jours de campagne.
Od pouvait peut-être reproclier à ce plan de taire entreprendre à Meade une pénible et périlleuse marche par terre, qui aui dil pu Uare tout aussi bien et avec moins dt* pertes par eau, comme en i86i. Il eût été plus avantageux, croyons-nous, de faire les diversions sur le Kapidan et dans la Shenandoah, et la couceuliatioa directement sur Tarmée du James River. Les deux hypothèses étaient toutefois admissibles et la ligne d'opération de terre avait . en outre l'avantage de couvrir Washington.
Ce qui eût demandé, en revanche, plus de clarté et de précision, c'était la mission spéciale donnée au général Butler. A en juger sur les instructions qu'il reçut du général Graiit, il ne dut (»as lui être facile de savoir au juste ce qu'il avait à faire. Prendre Riclnuond, qui est sur la rive gauche du James, en se tenant sur la rive droite» 8'emparer de Petersburg et de la cootrée plus au sud» sans risquer de manquer la jonction avec Tarmée du Potomac, cela constituait en vérité un singulier problème.
Les fore es dont Grant disposait pour cette opération L(jmbinée éUiient de beaucoup supérieures à celles de ses adversaires.
Le gouvernement avait déplové une louable activité à mettre l'armée a même de remplir sa tâche. En février, il avait ordonné une nouvelle levéequi portait à 500 mille hommes celle de 300 mille décrétée dans l'automne pré» cèdent En mars« il fit un second appel de 200 mille hommes, ce qui portail les forces totales sur pied à près d'un million d'hommes. 11 fallait, il est vrai, en rabattre an moins la moitié eu non-valeurs, malades, détachés, absents, déserteurs, doubles emplois, faux cliiiïres, etc., etc.
Parmi les déserteurs de riiivci- 18();i-186^. au nombre d'environ ^00 mille, c|uelques-uns étaient simplement rentrés dans leurs familles avec des certificats de congés de
coiiïalescence plus ou moins faux, parfois -^^^'^''^ ^ ''^ DiveDCd intéressée des admiDistrateurs d'hôpital ; d'aulres étaient perdos et ignorés dans la population des grandes villes; d'autres s'étaient réengagés dans de nouveaux régi* ments en changeant de nom pour toucher la prime. Ces adroits spéculateurs, qui, an lieu d*étre de simples déserteurs, étaient snhlats à double, triple et quadruple litre, trouvèrent smjvnnt moyen de loucher des soldes et des indemnités de deux cùtés. Maints a^ïents-recruteurs mômes, ayant leur provision sur chaque homme, fournissaient aux déserteurs les papiers nécessaires pour échapper aux poursuites, et rien n'était plus facile, par exemple, que de transborder ainsi un homme d'un régiment d'un état dans celui d'un état voisin.
Le prévôt-maréclial en chef, général Patrick, mit une grande énergie à faire cesser cet état de choses, et, hien secondé par le liouvernement et par le çréncral Grant, il parvint, dès Tété de 4864, à réduire de beaucoup le mal.
Au printemps, une somme ronde d'environ 400 mille hommes sous tes armes était à la disposition du général Grant. sans compter des milices sédentaires ponr garnisons locales et des recrues pouvant rejoindre quel(|ut;s semaines plus tard, au nomiire d'environ 450 mille huaimes.
Ces iorces se trouvaient réparties à peu près^daos les proportions suivantes :
Le général Meade avait de HO à i^O mille hommes; Butler, 25 mille; Sigel,20 mille; la garnison de Washington, 20 mille.
Shcrniau iLv.iit une centaine de mille hommes; Banks, en Louisiane, une trentaine; Slele, en Arkunsas, une vingtaine. Une soixantaine de mille étaient encore éparpillés sur les cotes, dans le Far- West cl dans divers postes détachés.
La plupai i lie ces troupes avaient été habiiiees et équipées à neuf pour la campagoe de i864. Une bonne por» tioii de l'armement avait dié aussi renouvelée. Au modèle de tmi rayé ordinaire de Springfield était venu s^adiaindre» dans an asses grand nombre de régiments, des fosils ee chargeant par la cotasse, aux divers systèmes Peabody, Remington, Bamsinde, Sharp, Spencer, Henry et autres encore. Ces deux derniers, à répétition, perniellaient de tirer très rapidement sept, neuf et mhwa quinze coups, par le moyen d'un magasin de cartouches métalliques dans l'arme même et d'un méeanisme aussi simple qu'ingénieux faisant passer les cartouches du magasin dans la culasse.
La cavalerie entre autres s'était h&tée de profiter de ces nouvelles armes si commodes à charger. Les carabines Spencer, dont quelques régimenls du Michigan et du Massachussets s'étaient munis les premiers à leurs frais, V abondèrent bientôt et y devinrent l'arme d'ordonnance dans presque tous les nouveaux corps. Un régiment de cavalerie formé dans le district de Colombie, comme gendarmerie d'élite, reçut la carabine Henry, à 45 coups de réserve.
Un bureau spécial de cavalerie avait été créé au secrétariat de la guerre en 1863, à la téte duquel fut appelé le général Stoneman. Grâce à Pinteliigente initiative de
ce bureau la cavalerie fut mise à même, dès ïHôh, de rendre les meilleurs services. Son équipement fut allégé, ( Il iiiOiiie u [ii|is (jue son armement amélioré; outre la carabine, cliaque soldat eut encore le revolver à 7 coups. Avec une telle provisiou de feux, la cavalerie américaine, remontant aux anciens dragons, put devenir aussi en même temps une infiinterie rapide et puissante.
Aussi on en forma dès lors de grands corps, manoBUvrant pour leur compte, avec adjonction de quelques pièces, et pouvant rendie à peu près les mêmes services ' que l'infanterie.
' Un aatro bareâu créé à peu près en même temps et qui fournit aussi de précieai renforts» fut celui des nègres libérés, qui amena la formation de corps d'armée entiers de noirs.
Quelques-uns des premiers coi ps d'armée avaient tel- Icmenl diminué (|u'on avait du les fondre dans d'autres, et en changer l'organisation.
Le 4*^ et le 7" corps étaient devenus l'armée de Virginie et de Garoline-du-Nord, sous le général Butler, puis le I8« corps, sous le général W. F. Smith. 11 y lut joint le W corps> de Gillmore, rappelé de Gharleston, pour former l'armée du James.
Les et 3« corps avaient aussi été dissous. Leurs débris furent répartis dans les 2«, et coi ps, sous généraux iiancock, Warreu et Sedg^M* K. Cenx-ci, avec le 9% sous Burnside, qui resta quel(|ue leiiip^ pius ou moins détaché et appelé armée de réserve, par déférence pour l'ancien rang de son cbef, constituait l'armée du Potomac. La cavalerie, formant aussi un corps d'armée de trois divisions, fut placée sous les ordres du général Sheridan, qui avait montré une constante vigueur et beaucoup d'entrain dans la campagne du Tennessee et comme divisiomi Lirc a liliallaiiooga. Les troupes de Washington lui nièrent le 22« corps.
Le 49", sous le général Emory, rappelé du golle, et l'armée du général Grook, dite de Virginie occidentale, composèrent les forces du général Sigel.
Quant aux armées de l'ouest, les 1 1« et 12* corps avaient été fondus en un nouveau corps, le 50«.
îi'armée de Sherman à Chattanooga, formée des trois armées de Tennessee, de Cumberland et d'Ohio. comprenait les U«, 15«, 16*», 47«, 20« et 23' corps. Dans le Missouri et le Kentucky se trouvait le SI*'; dans l'Arkansas le 7*; en Louisiane le 43«.
Un W et un 28* corps, tous de nègres, étaient en for-
maliaii et destinés à la VirgiDie. Hus lard» les noirs du iii* furent passés an àt5».
Des marques disttncMves ou Mges furent filés k chaque corps, avec des combinaisons de couleurs différeotes pour les diverses divisions et brigades. C'était on une petite croix, on une étoile, nn cœur, un trèfle, une lié» he, etc., se }>nrtnnt sur la iMdtniie en manière de décoration, et I>;irloi> sinuilaiil à y lr(>m|H'i des experts. QneUiues- (uis de ces htuhjos, pour officiers de cavalerie entr'autres. auraient éclipsé de luxe maintes croix européennes fort briguées. 1^ cavalerie de Slieridan s'orna en ouire, pour i«a grande tenue, d'une marque distinctive plus visible, soit d'une cravate rouge à bouts flottants sur la tunique, qui donnait en vérité un {gracieux aspect à une brigade lanc» e au galop.
L'armée de Lee comptait une centaine de mille hommes en Virginie et dans la Caroline du nord« y compris le corps de Beau regard, appelé aux environs de Petersburg et sur le James River contre Butler. Là les confédérés venaient irohlenir un succès anivi- Tort à |)n)pus pour remonter leur moral. Le général lloke avait enlevé aux fédéraux le port de Plymouth, à remboucliure du Roanoke, avec Taide d'un autre Merrimac, VAlbermak, qui coula deux bâtiments unionistes, le < Southfield > et le < Bomsbell » el captura la canonnière « Miami: ■
Les forces confédérées directemeot opposées au «zénéral Grant, sur le front de Wasbinfïton, se composaient de tinis COI ps. Util et Ewell en première ligne, et Longstreet en réserve avec la cavalerie StuarL
Dans la Shenandoab et en Virginie occidentale, Lee avait détaché contre Sigel les corps de Breckinridge et de Early, avec la cavalerie d'Imboden.
Le gros de l'armée sudiste, retranché en avant d"Orange, derrière ie Rapidan et surtout sur le Mine-Run, avait sa
droite vers Ghancellorsville et sa gauche vers Gordons* viiie.Son front était couvert parles plaines de Wildemess» que nous connaif^sons déjà par ia bataille de Chancellorsvîlle, maigre terrain semé de boîs taillis, de ronces
«'^paisses et do quelques mouchets de haute futaie. Plus loin Uli fiapidaii la coiitit'e est jdus coupée et plus v.uire lie graFitIts lorèts et de cultures. Divers cours d eau, le Mine-HuD, le Pô, le Ny, le Ta et autres petits alllueiilë du Matapony, puis le MorUi-Anoa, le South-Anna et autres affluents dt^ Pamunkey, JOrmaienl autant de lignes de défense ou de chicane pouvant être utilisées pour couvrir les roules sur Riclimond. I.a cavalerie l>atLtil la carnpaliue sur les di;ux ailes, et tous les avant-postes élai»iiil r«*iilorcéâ de doubles et triples ligues d'ai>atis cl U'épaulc' ments pour infanterie et pour artillerie.
Plutôt que d'aller donner de front sur ces positions, Grant voulait les tourner en marchant par sa âraùche. Tous ses préparatifs étant terminas, il donna, le t" mai. l'ordre du mouvement à toutes ses colounes, pour être commencé avant le 4 mai.
Ce jour-là il se mit en route lui-même avec l'armée de Meade, dont le quartier-général avait été jusque-là à CuU pepper-Gourt-House.
Les divers corps de l armée du Polomac comidaienl en tout 10 divisions d'infanterie et 3 de cavalerie, à savoir :
2"^ corps, Hancock; divisions Barlow» Mott, Birney» Gibbon.
corps, Warren ; divisions Griffin , Robinson , Craw-
ford, Wadswoitli.
6™® corps, Sedgwick ; divisions Wrihgt, Getly, ttickett, Seyrnour (?).
9^ corps, Bornside; divisions Stevenson, Wilcox, Grittenden, Porrero, cette dernière de nègres»
Si -
Corps de cavalerie, Sheridan; divisioos Torbert, Gregg, WilsoD.
L'artillerie, sons le général Huot, compreDail i 6ë pièces. Le chef d'élat-major était le géoéral Hmnpbrey, précédemment dn corps du génie.
Le 3 mai, toutes les troupes levèrent leur camp avec six jours de rations sur le dos. Le 4 au matin, le 2" corps, Hancock, passa le Hapiilan sur le front, au ^ué d'Elly; les 5« el 6" corps, Warren et Sedgwick, le passèrent au aué Germanna. La nuit précédente la cavalene avait établi les ponts nécessaires. Le soir do k, les trois corps étaient concentrés sur la rive droite du Bapidan, sans avoir rencontré de résistance. Le corps de Burnside resta pour le moment sur la rive gauche en réserve, eik la jjarde des ponts.
Le lendemain, 5 mai, ia marche fut reprise vers la gauche dans la direction de Ghancellorsvitle, Sheridan en avant et formant Textréme gauche; puis Hancock formant ia gauche, Warren le centre, et Sedgwick la droite.
Sheridan lui l>iciilôt engagé contre la cavalerie de Sin ni . Lee n'avait pas eu besoin de cela pour être renseigné exaclemeotsur ce qui se passait. Déjà le k il avait ordooDé un changement de front vers le sud et un mouvement en avant de sa première ligne pour tomber sur le flanc droit des fédéraux. Le corps d*6well, par la grande route, sV vança de Old-Verdiersville sur le Mine-Ron, et te corps de llill, (le New-Verdiersville, le long du chemin corduré de S|)ottsyivania.
La division Gridin, qui marchait en lèic du a® corps fédéral, fut engagée la première, vers une heure aprèsmidi, contre les troupes de Kweli et rejetée en arrière. Deux autres divisions du 5* corps, Wadswortb et Robinson, aceonmrent à son aide et continrent l'ennemi, qui disparut bientôt pour se porter plus à gauche. Ce début
coûta aux fédéram uo millidr d'hommes, esseotieUemeDt des brigades kyte et Barleit, de la diviaioo Griffio.
Vers Irois heures après-midi, Eweti recommeoca l'action en cherchant à pénétrer dans la lacune entre les corps
de Warren et de Hancock. Ce dernier s"arrêUi et revint à droite, tandis que Sedgwick se rapprocha de la gauclie et détacha la division Getty à l'appui de Warren . Les quatre divisions de Hancock ne tardèrent pas à être en ligne» et la chose était nécessaire^ car Hill venait de son c6té de rallier Ewell et tons deux attaquèrent avec acharnement. Vers k heures la ftisillade était onverle et fort nourrie sur toute l'étendue du front; en revanche, le terrain trop boisé et rou[>e m permettait pas l'emploi de la ' cavalerie, ni des mouvements de l'infanterie en masse. Les batteries ne purent également placer que quelques pièces.
Josqu^à la nuit; le combat dura de cette façon. Alors
le 6* corps put faire un mouvemenlen avant, (jui dégajjt a le 2*. Ewell menacé à son tour en flanc, cessa ses attaques. L'obscurité mit fin h la bataille.
De chaque côté on resta sur le terrain tenu et l'on prétendit à la victoire; mais les confédérés y avalent réellemènt plus de titres. Ils avaient infligé aux fédéraux une perte de 5 à 6 mille hommes, dont un millier de prisonniers, tandis qu'ils n avatent perdu qu'environ 2500 hommes, dont 300 prisonniers. Du côté des ledéraux, le général de brigade Ilayes fut tué.
Le général Grant, après cette expérience qui lui montrait que Lee était en forces^ se hâta d'appeler à lui te 9* corps. Bomside, qui n'avait pas attendu cet ordre pour s'avancer, commença de rejoindre déjà dans la nuit. Il était à prévoir que cette première bataille de Wilderness ne serait que le prélude d'une autre plus considérable, et de part et d'autre la naît se passa à s y préparer. Graut
rwin. 3
Ht ooQfltniire des retniii€liemail6 et des abslis sur son froDt et sur ses ailes.
De son côté Lee appela à lui le corps de Longstreel.
Les hostilités furent reprises le vendredi 6 mai, de grand matin. Les deux armées devaient marcher l'une sur l'autre; ivkhs les confédérés furent les premiers. Les fédéraux devaient partir à 5 heures du matin: à h Vi h- ^ià, Sadgwick, toujours à la droite, fut attaqué en forces* Les divisioiis fédérales Seymoar, Wrigbt, Rickett d^ ce 6« corps ftireût ? ifement pressées; les antres divisions serrèrent aussi pronptement que possible^ et à 8 benres les fenx s'étendaient sur tout le front. Les eonfédérés chercbèrent à plusieurs reprises à pénétrer entre les corps à la droite et la gauche du centre. Burnside fut dirigé sur la lacune de gauche, et là des abatis furent construits pendant la bataille même.
A la gauche, le corps de Hancock, ayant la division Bariow à Taile extérieure, marcha en avant à 5 benres dn malin, par la route cordurée. Vers G heures» il attaqua l'ennemi et le refoula pendant enviroa 2 milles sur Par» kers-Store. Là des renforts de Longstreet permirent aux confédérés de tenir le terrain. A son tour Lonirstreet parvint, un peu plus tard, à s'avancer contre le 2« coi {is et à le déborder. Mais flancock reçut quelque appui, quoKiue tardivement, de Burnside, et il put résistera celte attaque. Toutefois vers midi il fut de nouveau assailli avec une grande vivacité; la brigade Frank, delà division Barlow, f^t entourée et abîmée; la divisibn Wadswortb, du corps» rejetée en arrière avec son chef tué. Les vides qui s'établirent dans la ligne forcèrent celle-ci à se replier sur les retranchements qui longeaient la roule Brock» où les corps eurent enfin le temps de se reformer et de se concentrer.
Vers le milieu de l'après-midi, les deux corps de Longstreet et de iiili firent un nouvel effort sur la gauche
eisur le centre des fédéraux, tandis que Ewell menaçait leur droite. Les divisions Grawtord et Stewenson supportèreiK le poids principal de l'assaut, avec la division do 2* corps. Stewensoo, qui Gou?rait la droite de Hancock, ne put pas râsisler à une seconde attaque ; il côda et ou? rit une brèche dans la ligne, par laquelle l'ennemi se précipita aassitôt en forces. La situation pouvait devenirgrave. Heureuseiaeiii Hancock vit le danger à temps, il jela la bn.uad*' C iroll sur le flanc gauche des confédérés, et les assaillanb, ï^urpri?^ et mis en désordre par cette oppoiiune otïensive, se replièrent sous un feu concentrique meurtrièr.
Lee ne renonça pas pour cela à l'action. Il avait encore nne[,bonne carte à jouer. C'était de prendre la défensive contre Hancock et Warren, et l'offensive sur Sedgwick. Il renforça sncçessivement sa gauche, ce que la forêt et les fortes chaînes de tirailleurs permettaient de faire iarilement sans être découvert, et à la tombée de la nuit il se jeta en forces sur Sedpfwick. Seymour et la brigade Shaler, enveloppés, furent mis en dcsordie et en fuite. ' La panique se répandit dans le 6^ corps, qui se rejeta en bonne partie sur ses retranchements et plus en arrière. Le général Sedgwick parvint cependant k le radier et à lui redonner de la contenance. Mais dans cette courte affaire il n'avait pas perdu moins de 3 à 4000 hommes.
La nuit laissa de nouveau les choses en suspens, chacun des combaltants tenant à peu près le même terrain que la veille. Elle fut encore employée, comme la précédente, à préparer une ri'iirisc d hostilités [xmr le lendemain. Les confédérés, appuyés sur leurs solides retranchements, se bornèrent k perfectionner les abatis qui entouraient la lisière des grands bois leur servant de couvert. Les fédéraux retranchèrent leur droité autant que l'était leur gauche, en la repliant en arrière, en la concentrant et en Tappuyant k des batteries. Le terrain
plus en avant lui transformé en rille-pits pour les piquets.
Dans ta clairière entre les deux fronts ennemis gifiaiaDi les lues et blessés» dont un petit nombre fieolement pat recefoir des soins cette nuii-ià. Les pertes avaient élô grandes» du cdié des fédéraux sartoaL Elles se montaient à 8 à 9000 hommes, dont deux généraux tués : Wadsworth et Webb. Les confédérés avaient perdu 4 k SOOO hommes, dont trois généraux tués : Jones , Jenkin et Picketl; Ilots autres de leurs généraux, Longstreel, Pegram et Hunier, avaient été grièvement blessés. Les deux journées de Wiidermcss coulaieiU ainsi aux iedéranx i3 à 1i,<)00 tiommes.
Le 7 mai la bataille recpmmença dès le matin sur la droite des Xédéraux par les feux de rariillerie; mais les confédérés n*y répondirent que faiblement. Ils s'étaient repliés sur leurs positions centrales.
Le général Grant montra à ce moment une ténacité^ juinie à une promptitude de résolution et d'action, qui n'avait pas été jusqu'ici la vertu commune des îïénéraux.. des armées de l'Union. Dès qu'il se seiilit du réi ii, il en profita non pour se reposer ou se replier, comme tant d'autres l'eussent fait, mais pour reprendre ta marche en avant. Continuant son mouvement par la gauche, autour des positions ennemies du Mine-Run, il fit partir aussitôt sa cavalerie et le corps de Hancock pour Spottsylvania, liindis que le reste snivrtit peu à peu. La droite amu- .serail rennemi de ses canonnades.
Ce mouvement avait encore ceci d'avantageux qu'à rigueur il pouvait fociliter aussi une retraite sur Fredricksburg et le Bas-Rappahannock, en tout cas y procurer une nouvelle base et ligne de communication. À cet effet un détachement de cavalerie, le ^ New-York, fût envoyé sur Predericksburg, oh il entra dans la soirée du 7, et oh il s'occupa aussitAl d'orjianiser les liôpitaux et les magasins.
La cavalerie, qui pendant les actions du ÎJ et du 6, avait
dû ae borner à coufrir l'extrême gauche, en baCtant les enviroDS de Todds^Tavero, aa carrefour des routes de Brock et de Calharpin, s'avança promptement. le 7 au iiiciliD, dans la direction de Spottsylvaiiia. Malheureusement pour ie mouvenieut général elle s'acquitta trop bien de sa lâche. Dès ie samedi matin elle refoula les piquets eonemis, les taloBDa, et vers les trâs heures de l'aprèsmidi toute une bataille de cavalerie fût livrée en avant de Todds-Tavern. Gomme il n'éuit pas difficile aux défenseurs de disputer à de la cavalerie un terrain aussi coupé et aussi boisé, Lee eut tout le leuips de deviner ies in- Icnlions de son advei^aire et de les prévenir.
Du niunieni que Grant avait été arrêté dans sa marcbe sur ftichmond par les lignes du Mine-Run, barrant la grande route de Fredericksburg à Orange et Gordonsville, il était nature^ qu*il cherchât à s'avancer sur celle de Fredericksburg à Golumbia, et qu'il tâchai de la rejoindre à Spotts} Ivania, à l'endroit où elle franchit le P6. Mais le chemin de Lee sur Spottsylvaiiia était à celui de Grant comme In corde est à la circonférence. Il fut facile à la droite confédérée de s'établir à Spoltsylvania dès le 7 au soir.
Ge jonr-là et le 8 toute l'armée fédérale marcha vers la ganclie et en avant, en escarmouchant continuellement avec l'ennemi. Un combat assez vif fut livré, le 8 après midi, en avant de Todds-Tavern, dans la clairière de la ferme Alsop. Les divisions Griffin, Wadsworlh (maintenant Coller), et Rohinson s'eniraîrèrent assez vivi im iu. Ce dernier fut blessé, et quelques centaines d'hommes furent mis hors de combat.
Le lundi, 9 mai, fut comparativement tranquille dans la matinée, mais marqué d'un grand deuil chez les fédéraux. Le général Sedgwick, au moment où il faiisait placer une batterie pour renforcer les avant-postes, fut tué raide d une balie au front lancée par un adroit tireur. Le gé-
néral Wright, son plus ancien divisionnaire, ie remplaça à la t6te dtt 6* corps. La jooroée fbt employée à reformer l'ordre de balaîlle, face eoatre S^tlsTlTaDiâ; Warrea
garda le eenire, Haneoek prit la droite, Wright passa à la
gaucho; Hiii nsKle resta en réserve et à l'extrême gauche, couvrant la nouvelle ligue de retraite sur Fredericksburg.
Vers le soir l'armée s'avança dans cet ordre sar Spottsyivaaia» et eu faisant prendre Pa?ance aux deox ailes eitrèmes. Haneoek etBumsIde furent, en suite de ce mouvement, engagés assez vivement sur les rives du Pô, surtout Haneoek, et repuu^sés.
Le lendemain, mardi i Ornai, Tactiou recommença dans le même ordre que la veille. Hancock, à la droite, réussit de grand matin à passer le P6 et à s'établir sur une ligne parallèle à la route tendant de Shady-Grove-Gliurch à Court-House. Warren tint le centre sur la rive gauche du Pù, ayant cinq batteries distribuées à sa droite et à sa gauche. Wright tint la gauche en face de Court-liouse. A l'extrême gauche et un peu en avant marcha une portion de Bnmside.
Les forces de Lee étaient retranchées dans de forts oo*
vrages tout autour de Spottsylvania et de Gourt-House. Leur gauche, étendue le soir procèdent jusqui^ vers Glady- Run, et leur droite vers la rivière Nv, s'étaient repliées et concentrées derrière ie Pô. Hil! tenait la droite, Ewei le centre, Longstreet la gauche. Ce dernier avait été rem* placé à la tète de son corps par le général Andefson.
Tandis que dans les jours préeédMits c'était Pin&nterie qui avait presque exclusivement entretenu les feux, la batailli (lu y s ouvrit par raitillerie» sur uu terraiu tavorable aux obus et à la mitmite.
Après one canonnade de deux à trois heures, qui parut avoir été meurtrière aux confédérés^ les divisions fédérales s'aTancèrent à l'assaut. Le combat devint général;
il eut «les perii>t;lies diverses, des eugagements très vifs, des paniques et des retours, qui aboulireot, à la nuit, à line PM98 laioant iadéois une fois de plas le sort des armes» Des deux oôtéa od repiil les Uguês d« la veille et fm se fortifia.
Le mercredi II mai les fédéraux recommeoeèrent la caunoDiiade. et lancèrent quelques chaînes de tirailleurs sur ies positioûs ennemies, pour reconnaître les ûOttveaux travaux élevés pendant la nuit. Us étaient nombreux et se complétaient ioceseamment. Le feu, assei nourri Jusqu'à midi, se ralentit ensuite et cessa vers le soir. Bien de plus décisif ne fût tMité dans cette îoiirnée, consacrée, en outre, aux soins des blessés et des morts, et traversée du reste, dans 1 après midi, par un fort orage et une pluie torrentielle, la première de la campagne.
Les fédéraux avaient de nouveau perdu dans ces engagements 7 à 8 miUe hommes.
Cette rapide diminution d'efléctif ne découragea pas le général Graot
Pour le jeudi it ordonna ua nouvel assaut des positions, et cette fois en taisant eiïort par sa gauche. Le mercredi soir, à la faveur de l'orage, Hancock se transporta de la droite à la gauche, entre Wright et Bumside, ne laissant sur son ancien front qu*ime batterie et des tirailleurs. Le 13 a« matin il attaqua en forces sur ce point
Cette manceovre, si élémentaire qu'elle fût, offrait quelque nouveauté de la pari des fédéraux. Fort bien conduite en outre, elle donna ses fruits. Hancock se lança sur le Uanc de Ewell, tourna ses épauiements, mit en déroute la division confédérée Edward Jonbson, avancée en saillant» captura cet officier avec un de ses brigadiers» le général 6.-H. Stewart, avec trois mille hommes et une trentaine de pièces. La surprise avait été st complète que tout cela se passa m luoms d une heure, el que le déjeuner
^iodes (ifliciers coiifédéré:j put être maDgé uacore cliaud par Ie6 vainqueurs.
Dau5 ies eotrefaitoft ia caooonade s'étail eogigée sur toute ta tigiie, moatraot que les cootédéi^ Q*af»eDt pas élé sur loos les poioU aussi négligeais, qu'à la division Johnson. Us s'afaocèreiit bientèt en forces pour reprendre les posilions perdues.
Dcloui oèté les corps de Wright et de Burnside convergèrent vers Hancock, et le terrain des exploits du cOTps devint l'objectif des principaux efforts. Vers midi Haoooek avait dû se replier ou peu, sans avoir pu emmener les canont eonquis, que les confédérés ne pouvaient pas non plus reprendre, et qui se Crouvaiem gardés de part et d'autre par des grêles de lia 11 es.
Les corps ennemis se aiesuraieul de si près sur ce point, que celui qui aurait voulu perdre son temps et ses feux à sauver les pièces n'aurait pas tardé à éire abtmé par la partie adverse*
Sur le front et sur la droite le générai Warren s'éUil avancé à l'assaut; mais il vivait cte at-rèlé.
Dans Taprès-midi le général Meade fit masser les forces encore plus à gauche, et la bataille se continua avec vigueur, malgré ta pluie et ta boue^ les divisions de Burnside menant surtout l'action. Mais là aussi les confédérés tinrent bon, et repoussèrent avec de fortes pertes la di-> vision Wilcox entr'autres. U nuit mit fin au combat, saii> autre avantage pour les fédéraux qu'un peu de terrain gagné sur lenr i^atiche, et las trophées de Hancock, qui se réduisirent a io pièces, les autres ajant pu être entourées de nouveau par l'ennemi.
Les pertes furent de 0 à 7 mille hommes de etiaque cèté.
Toute la nuit les escarmouches et les tirailleries retentirent autour des quelques canons qui restaient encore eu
terrain cooteaté, el dès t'attrore du veodredi f3 mai» ta fusillade reprit de plus belle. Elle ne dura pas longtemps; tes piquets ennemis se replièrent dès les hait heures da
iiiaLm, abanfloiiiKiul encore trois canons aux fédéraux, 6( if- parut évident (jue te j^eneral Lec était en train de sb retirer dans une autre position. Vei^ midi tes généraux Gnnt ei Meade en acquirent la certitude, et surent que de DOoreauK abatis et de nouveaux épautements se constniisaient k quelques milles plus en arrière.
En eftel le général Lee, en apprenant le mouvement de Hancock et de Burnside sur sa droite, tout-à-fait conlorme au plan suivi jusqu'ici par Tarmée du Potomat, aTaît décidé de préparer son passage de la ligne du PO à celles du Ta et du North-Anna. Sur cette dernière il fiiisait dé|à établir de forts ouvrages pour son gros, et sur la première des positions d'avant-postes. Comme préliminaire, il se concentra sur sa droite tenant toujours Court-House et les carrefours.
Les généraux Grant et Meade s'apprètèrenl à continuer la marche dès le vendredi soir et à recommencer Taction de la veille, G?est*à-dire une forte attaque par la gauche. Cette fois ce seraient les corps de Warren et de Wright qui donneraient le coup de massue.
Le vendredi soir à neuf heures, ces deux corps se mirent en mouvejni iii pitur passer sur la ^'anche. Ils marchèrent toute la nuit, iorl entravés par les boues. Le samedi malin, 14 mai, ils n'avaient pas encore pu entrer dans leurs nouvelles lignes, et Pennemi se trouvant en bonne position et sur ses gardes, aucune attaque ne fut faite.
L'ordre de bataille fut perfectionné. Il présentait sur une double liyne les divers corps dans l*ordre suivant de la (lii)ile à la gauclie : Hancock, Burnside, Wrighl et Warren. Le quartier général de Grant et de
Meade s'établit à Gails-House, sur la route de Frede* ricksburg à Spotteylfania, à eoTiron 8 milles eo aiaolde FrodaricksbQrf et S milles de («ourl-Boiue. La poftilioo sar le îtoui étail naliireUeiaeiit lèrte, et elle fot reoforoée encore par les retraDchements d'usage. La journée se passa en escarmouches et eu un coiiilial assez vif sur la gauclie de Wnglit, autour d'une maison sur ta rivière Njr, qui, prise et perdue pluaieurs fois, finit par rester ani fédéraai.
Le dimanehe 15 mai et les joan suivants se passant tranquillement à laisser sécher les rentes et à attendre
du renfort demandé à Wasiiin,Kt(j[i pai- le généra! Grant, pour remplacer au moins les peiles considérables déjà éprouvées. 11 était temps d'ailleurs que la troupe qui, depuis le 3 mai, n'avait cessé de marcher on de oombattre^ fàiaant sonvent les deux en même temps» eût an pen de repos avant de reprendre l'mnvre pénible de tonmer et d'enlever des retranchements sans fin, qui lui était assignée par la defeii:>e serrée du générai Lee.
Depuis l ailaue du 8 mai nous n'avons rien dit de la cavalerie, qui cependant, sur le terrain plus découvert où la lutte se poursuivait maintenant aurait pu être de quelque ntilité» C'est que celle des fédérans avait été détachée, le 0 mai, ponr on raid sur les derrières de l'armée de Lee, et qu'elle avait entraîné sur ses pas celle
de Stuart.
Le 8 mai, Sheridan donna l'ordre à ses troupes de S6 préparera une rude expédition pour le lendemain, ot le 9, de grand matin, toute sa troupe se mit en» route avec cinq à six jours de rations. •
La colonne se dirigea d'abord en arrière et à gauche sur Fredericksburg. Là elle tourna à droite, se porta vers le sud en s'avançant par la route de Ghilderhurg.
De ce dernier point, où eila tit une petite halte, elle s'avança sar le Nortb-Âoiia, qu'elle fraociiii à la tombée de la Doit Aa pool d'Ânderson, deui milles en deasons de la station de BeaTer-Dam, la brigade Coster, de la
4'* division (commandée maintenant par le génémi Mer*
l'Ul, t*emplaçant Torbeil blesse) occupa la slatiOLi, el lut assez heureuse pour y capturer un train qui allait emmener à la redoutable prison Libby, à Ricbmond, 378 prisonniers fédéraax» dont deux colonels. La station fat brûlée, avec une assez grande quantité de wagons et de magasins. Deox loeomotives furent détruites, et les rails enleyés sur UD parcours de 7 à 8 milles. Le soir la colonne bivouaqua sur les deux, rives du North-Anna; elle escarmoucha toute la nuit avec l'ennemi, qui avait léussi à entamer asm gravement l'arrière-garde et à détruire presque en entier un régiment de TObio, le 6^
Le 10 an malin le bifooae se leva sous un feu vif de earablnes et d*artU(erie confédérées, et Sheridan, après avoir convenablement orgauisé son anière-garde, continua sa roule vers le sud. L'avant-garde eut aussi à combattre, mais sa résistance n'arrêta pas sensiblement la marcbe. La Fetàte-Rivière fut tranctiie vers Negrofool, et le Sotttb-Anna au pont de Ground-Squirrel, après quoi eelul-cî fat rompu. Le soir la colonne alla camper vers Goedall, harassée toute la nuit, comme la précédente, par les leux des h nul leurs ennemis.
Le 11 mai, à 3 heures du matin, la brigade Davis, de la division Gregg, fut dépécbée sur la station d'AshIand, k 7 milles plus à l'est, sur le chemin de fer Richmond- Fredericksburg, où elle brûla beaucoup de matériel el de provisions, el enleva cinq à six milles de rails. Toute la colonne suivit dans la direction de Richmond, mais en trouvant »<t liiarclie de plus en plus disputée. A Yellow-Xavern un vif engagement eut lieu contre des
forces de cavalerie confédérée, sous les ordres de Sluart lui-même, où les divisions MerriU et Wilson fireot des pertes assez sensibles.
Néanmoins les confédérés durent se replier sor Ashland
Un fort parti, sons le généml Custer, s'avança le long de la route Brock jusque devant les promiers oiivricres de Hichmond; il captura dans les rille-pits iim« n niiiiir le soldats confédérés et deux pièces. Mais Stuart ne tarda pas à arriver et à refouler les fédéraux. La retraite coûta ober à la cavalerie do Sod. Son ohef, le brave Stuart» y fat mortellemeot frappé.
Les bÎToaaes du 11 forent pris en vue des ouvrages et une partie de la nuit lut employée à le^ cx^ilorer. Partout .les sentinelles furent trouvées sur leurs gardes-
Le k% la colonne se dirigea vers Meadow-Bridge, sur le Gbickabominy, où elle trouva le pont coupé. La première division qui marcliait eo tète le rétablit, malgré le feu de l'ennemi sur l'autre rive, ainsi qu'à Parrière-garde»
et le passade put s*e(îectacr sans trop de perte. Mechanicsville et Coal-Harborfui eiil atteints et les bivouacs pris à Gaines-Mill, sur le cbamp de bataille de i862.
Le 13, Sberidan passa le pont de Bottom, puis atteignit le James-Hiver àTarkej-Bend, obil rallia vers Haxall- Landtng Tannée du général Butler, gui venait de sHnstaller sur ce fleuve. Ce brillant raidj qui, outre les dommages c.'uisés aux ressources de ijuerre des confédérés, avait eu l'avantage de dehai tasser l ai niee du.Potomac d«'8 entreprises que Stuart aur ait pu faire sur ses derrières, coûta cependant au génénil Sberidan 5 à 600 bom* mes et davantage de chevaui épuisés par Texcès des courses et le manque de fourrage.
L'année du James, «que nous venons de trouver au rendez-vous (jui lui avait t té indiqué par le général Grant, avait fort bien accompli cette portion de sa tâche. Elle
était partie de Forl*Monroe le 5 mai dans ta nuit, après des démonstrations pendant les trois ou quatre jours précédents sur le York-River et anx environs de West-Point. La flotte qui l'emmenait comptait unip centaine de trans* ports; elle était précédée et escortée de 8 canonnières, de 7 moniteurs et d'une frégate cuirassée, V Atlanta.
Au ilt'harcadère de Wilson, sur le côte nord du tleuve, un peu en dessous de Charles-City-Court-Honse, un régiment de la brigade noire Wild fut mis ;i lerre pour flanquer la flotte; un peu plus haut, au débarcadère de Furt- Powhatan, deux autres régiments de ia même brigade furent encore délMirqués pour ce service. Aucune obstruction n'arrêta la navigation; la flotte s'ancra *à Gity-Point dans la soirée. La division Hink, avec une batterie et un peu de cavalerie, y fut débarqué^, tandis que le reste des 10* et 18* corps alla prendre pied un peu plus haut, à Bermuda*linndred, de l'autre cAté de TAppomatox, sur ia pointe entre cette rivière «t le James. Tout cela se flt sans aucune opposition et sous la garde des canonnières et des monitors. qui allèrent se placer en amont, vers iliirriS()ii-L;iinlin<x.
Aussitôt .t lerre, les troupes commencèrent à jouer de la pelle, de la pioche et de la hache, pour se couvrir de retranchements^ puis pour s'établir des quais, des rampes et des baraques.
Déià le 7, une expédition fut lancée contre le chemin deferPetersburg*Rîcbmond. Le général Brooks, avec cinq brigades» s'engagea à cette occasion avec Tennemi et y perdit 300 hommes qu'il dut laisser sur le terrain, mais il parvint à détruire plusieurs ponts et une centaine de yards de rails, à quelques milles au nord de Petersbui'i*. Le même jour, des démonsii iIidus avaient été r.iitfs sur les deux rives du James : dp Suiïitlk, par le génf'ral Kautz qui réussit à couper le clienim de ler h Sfony-(îreek, en ilessouj» de â^iersbur^; et de \Viliiamsburg,sur le Cbicka-
hominy. par la lirigaile de cavalerie noire de We^t. Après c«ia, ces derniers allèrent rejoindre la posilion idle fiermttda-Httodred.
Le 9 mai, une enlrepris» plus considérable fiit tentée contre le chemin de fer Richmond-Pelersburg. De bon matin, le gros desdeax corps se forma en ordre de com* bat snr le cbamp de bataille de l'a?attt-?etlle, GillmonTà droite. Smith à j^auche, et l'armée s'avança avec précauti<HK ;ui iQilnHi d'épaisses forêts, dans la direction du nord. Contrairement à leur altenlfi. ni l'une ni Tautre colonne ne renronlrtM Ont «rennemis, et elles arrivèrent h peu près en même lem[)s, vers 9 heures du malin, sur le chemin . de fer désigné comme objectif, Gillmore vers Chesler, à 13 milles de Richmond, Smith à Port-Wlialtall, à 3 milles pins près de Petersbarg, soit à 6 milles de cette dernière place.
Une halte fot faite le long da chemin de fer pendant la destraction des rails, et dans l'après-midi les troupes
furent lancées œnlre des tnaïUeurs ennemis qui venaient de se montrer, ('env-i i turent refoulés, auisi i]in' leurs .soutiens, jusque derrière le Swift-Creek, environ 5 milles à l'ouest du chemin de fer, où ils avaient une forte ligne retranchée, couvrant lecôlénord de Petersbarg à enfiron 3 milles de la ville.
he général Butler n*osa pas attaquer cette ligne, ce qni aurait pu lui procurer cependant le succès d'enioTer en* suite Petersburg. Il se borna à des démonstrations insignifiantes et qui consumèrent un temps précieux. Il envoya en outre le général Terry sur la direction de Richmond |)our détruire le ( Ihmiuu de fer, ainsi que l'embranchement de Chester. Ayant appris par des dépêches de Washington la retraite de liOe sur Richmond, bruit au moins prématuré, comme on sait, il jugea prudent de se replier sur ses retranchements et de les compléter.
Jusqu'au 13 mai» rien d^tre ne fQt entrepris. Ce qui
l^afait été depoîs le 6 n'avait donné aucun résnllat réel. Lee deetractione de rails n'empêchèrent pas Beaoregard, d'abord laissé au sud par la pointe de Kautz, de se retrouver eu forces, dès le H, devant le front de Tarmée du James.
Le (3, rarinée s'avança contre Richmond, mais elle fut arrêtée devant les ouvrages avancés du fort Darling ou Drurys-Blulï. Le 14 de giand matin, l'attaque recommença et la première ligne fui enlevée.
Toute la journée du (5 s'écoula en fortes fusillades^ sans progrès de part ni d'autre. Le 10, Butler fut attaqué h son tour, et il dut se replier sur les ouvrages de Bermuda-Hundred. Les confiâdérés l'y suivirent, élevèrent aussi des ouvrages contre les siens et le tinrent enfermés dans la presqu'île avec des forces relativement peu considérables.
Pendant ce temps. Kautz avait battu de nouveau la campagne dans la direction de Pelersl)ur;î; il avait détruit le cbemin de fer de Danville aui stations de Coaltield, de Powhatan et de Ghola; puis» passant sur le cbemin de fer .du sud, il avait détruit les stations de Wilson, de Wellsville, dé Black et de White, et il était rentré à Gity-?oint le 18.
> Les canonnières, dont trois avaient déjà santé ou sombré par suite d'explosions de torpédos sous-marines, n'osèrent s'avancer que lentement et ne purent seconder Toffensive de l'armée contre les ouvrages.
Le seul bénéfice de cette i)i eùiièrc campagne de l'armée du James fut d'avoir établi k City-Poinl et à RiM iiuida- Hundred des bases d'opérations qui faciliteraient d ultérieures entreprises. Toutefois, ces dernières se seraient trouvées gnuadement facilitées et abrégées, et l'importince de ces bases en anr&it diminué d'autant, si Butler avait su se décider à agir eniorces, dès le 6 ou le 7, contre Bich* mond ou contre Petersbarg, mais contre un de ces points
seulement II ne lui eût pas été imiiossible d'enlever i une ou l'autre de ces villes, Pelersbarg surtout.
Au moment ou Butler se MottisBaiL Uaos ses lignes retranchées, t'armée du Potomac aurait eu grand besoin des troupes qui devenaient presque inutiles sur le James et 1 A[)pomf)to^. Le 18 mai, les généraux Grant et Meade
ayant eniin l eçu Î5 mille hommes de renfort de Washinj?ton pour remplacer les longs trams d'ambulances évacués jour et nu*t sur Fredericksburg, essayèrent une nouvelle attaque contre les lignes de Spottsylvania.
f.a gauche de Tenneml, qu'on supposait avoir été négligée par lui pendant ce temps, serait l'objectif. A cet effet le mardi soir, 17 mai, les troupes prirent leurs poî^itions pour faire avancer, dès Paube le lendemain, trois corps, tandis que l'autre resterait sur fe front en défense et en diversion. Ce dernier rôle fut afîeclé à Warren ; sur sa irrite, Burnside, puis Hancock, puis Wright, à rexlrème droite, prendraient en commun l'offensive.
A 4 heures du matin, le 48, la canonnade et lu fusillade commencèrent, et vers 5 heures déjà Passant fui donné par les trois corps désignés cî-dessus. Les premiers fossés de tirailleurs furent facilement enlevés^ ainsi que les ouvrages abandonnés sur ce point par les fédérauit les jours précédents. Un peu plus loin cela changea. La barrière des abatis était si forte et si bien défendue par l'artillerie et par les tiraillenrs qu'il fut impossible de l'enlever. Les fédéraux, après avoir livré deux assauts infructueux, renoncèrent à leur entreprise et renlrëreat dans leurs li^^nes, entre onze heures et midi, ayant perdu , environ 1200 hommes.
Le reste de la journée fut tranquille pour les troupes; pour le grand état-major, en revanche, ce ne fut pas de même. Des ordres de mouvement fbrent élaborés et
expédiés pour lemgttre l'armée en marehe par la gauche ei loQmer de nouTesa la droite des poettions ennemies. Dans la soirée même la cavalerie de Torbert se porta en afan^pida dans cette direction, snr Gaineys, station du chemin de fnr Wohmond-Fredericksbur^.
Le 19, au moment où toute la droite fédérale -était déjà en marche, et la gauche occupée à levei ses bivouacs, une îùiiià canon nade des confédérés retentit sur le front de Warren, taudis que les revers et Pe&trème droite étaient subitement attaqués en forces. Lee avail devint le matin, le monvemem projeté de Grant et il a?ait essayé d'an nouveau moyen de le combaUre. Il ayait Êtit avan* cer le corps de Ewell snr le terrain qoe la droite fédérale venait d'abandonner; Ewell avait pénétré jusque sur la route de Fredericksburg, semant la panique d^iis les trains et dans les l esei ves. Heureusement la plus grande partie de ceux-ci s'élaienl déjà mobilisés en avant et sur la gauclie. Les assaillants rencontrèrent aussi une division de réserve venant de Washington, et qui n'était pas encore entrée en ligne. Cette division, sous te général Tyter, éteit une troupe de grosse artillerie^ transformée momentanément en infenterie pour renforcer Grant; ses pièces» s'il était besoin de faire des sièges, airiveraient par eau sur le James-River. Ces artilleurs se trouvèrent à même de signaler lem entrée dans l'armée du Polomac par de bons services. La brigade Tannait d'abord, puis la brigade Kitching opposèrent à Ewell une barrière impénétrable. Les divisions Bimiiy, Grawford et Rossel eurent le temps d'arriver à l'àppni, elles repoussèrent définitivement rattaqne vers les si& heures du soir. Dans la nuit ^ le tendemain matin elles reprirent le terrain plus en avant, refoulèrent l'ennemi au-dela du Ny, en lui faisant 3 à 400 prisonniers.
Le mouvement à gauche, commencé le 18 au soir par la cavalerie Torbert, ne put être repris que dans la nuit
rowiBi. t
da vendredi au samedi ^0-21 mai. A mioait partireat une portioii de ia cavalerie et le secood corps. Après une marche fatiguante et quelques escamonebed anlaur de Gaine^rs» ils s'arrètArent le soîr vers BowHng-Green, avec
avant-postes sur le MattapoDy, à Milford-Station.
Le samedi à 10 henres dn matin, le 5« corps quilla son camp pour marcher su» les traces du 2« corps; le 6*, puis le 9* suiTirent dans l'après-midi el dans )a soirée. La marche se fit confenablement» quoique toujours en combattant contre les tirailleurs ennemis nombreux sur les derrières et sur le flanc droit Le dimanche 8) mai, dans la journée, les corps s*arrètèrent un moment pour se rallier et faire face à l'ennemi. Une sorte de ligne de bataille fut formée, la droite à Gaineys* le centre a Buwliii'4-nrcen, la gauche «à Milford.
Les reconnaissances ayant appris que les confédérés, quoique ayant abandonné Spottsylvaoia, ne pensaient pas à l'attaque, mats qu'ils se dirigeaient sur le North-Anna, sur HattOTer*CjOttrt-House, la marche de Tannée fédérale fut reprise le lundi matin S8 mai. Les colonnes furent resserrées. Derrière la cavalerie marchaient en tête le S« corps à droite et le 2* à gauche. Dans cet ordre de nouvelles positions ennemies furent atteintes, qui s'étendaient le long du North-Anna autour de Jéricho. Lee n'avait pas eu de peint-, on le c orii[)iori(], à devancer son adversaire sur le North-Anoa, et il s'y trouvait déjà en forces barrant de recbef la nouvelle route sur Ricbmond que Grant venait d'emboucher.
Warren et Hanco(&, avec les divisions GrifOn et Kmey en tête, attaquèrentaussitôt et avec autant de vigueur que d'ensemble les ouvrages de Jéricho. Malgré un feu meurtrier, ils les enlevèrent el francliirt ni m pnrfif la rivière. Le soir du ^23 l'armée bivouaqua sur les deux rives. 1^ lendemain, mardi 34, elle essaya de passer tout entière sur la rive droite pour s'avancer vers le South-Anna. Mais
Lee avait pris une in>sltion plus concentrée et formidable sur le Bas-Norih-Anna et sur le LitUe-River. Les fédéraux durent s'arrêter. Plusieurs tentatives partielles pour aller de TaTaut» le 84 au soir el le 25, écbouèreDi et montrèrent partout rennemi en forces et bien ii couvert
Ce temps d'anèl fut employé par Granl à rallier son armée autour el en avant de Jéricho-Mills, son quartiergénéral (lu Les coi ps se loiiaereiit en ordre de bataille plus resserré, Wright à la droite, puis Warren et Buroside, enfin ttanoock a la gauche. Wright se repliait en arrière pour couvrir le gué de iéricbo; Hancock appuyait aussi sa gauche vers la rivière et au chemin de lér. Trois ponts se trouvaient sur les derrières» et les retranchements habituels sur le front Une nouvelle ligne de commnnication fut prise sur Port-Koyal et sur Tapahannok, sur le Bas-Rappabannock, plus courte et plus sûre que celle de Frederickburg. Des approvisionnements en furent tirés et les blessés y furent évacués. Les derniers combats en avaient donné 3 à 3000.
De nouveaux assauts contre la double et triple ligne d'ouvrages étagés devant lui n otïrail pas à Grant de gaies perspectives, mesurés au prix des précédents. Il avait encore de l'espace plus au sud-est; il rentra dans son jeu de mouvement par la gauche; « il rouvrit la valse, • observa un journal de New-York réputé pour ses appréciations stratégiques.
Le jeudi 20, des démonstrations seulement furent faites sur le front , particulièrement vers la gauche ennemie, menées entr'autres par la cavalerie de Sheridan, qui venait de rejoindre. A la nuit, les corps s'ébranlèrent pour repasser le North-Ânna et se porter au sud -est, le 6* marchant en tète, Hancock en arrière-garde. La cavalerie se porta en avant, et elle saisit, après un vif engagement, dès le matin du vendredi tl mai, le gué de Hanovertown,
sur le Pamiuikey, à 17 milles aa-dessas de White-Hema LMofanterie y arriva dans la joamée. Le soir, et le lendemain» samedi 28, l'armée cmnmença à franchir le Pamun-
key, tirant dès lors ses approvisionnements de Wbite- House et de West-Point, les bases bien connues des opérations de 1862 contre Richmoiiil. Id Oivalorie se porta immédiatement plus en avani dans la direction de Cold- Harbor et de Mecaoicsville, en livrant de rudes escarmottches; le dimanctie 29, le reste de Tamee suivii prudemment» engagée de tons côtés^ sauf à sa gauche» avec les tiraillears de l'ennemi.
Celui-ci avait continné à opposer aax mooveOMmts de Grant par la gauche le même système de retraite par la droite et de délensc plus ou moins passive sur une succession de lignes, qui devenaient de plus en iilus favorables au fur et à mesure qu'il se rappruciiait ilu mand pivot de Hlchmond. Cette fois, il avait replié sofj gros sur le Gbickahominy, s'étendaot le long du chemin de fer Virginia Central, de la sutioft d'Ablee, au sud» jusqu'à Sbady-Grove, à 10 milles an nord de Richmond. Il couvrait ainsi les deux chemins de fer Virginia Central et Richmond-Fredericksborg, ainsi que toutes les routes menant sur Richmond , y compris la grande route de Mecanicsville. Son front était fortilié. Sur sa droite, dos ouvrages très forts avaient été élevés autour de Cold- Harbor, et d'autres plus en avant le long du Tolopaiomoy- Greek, petit affluent du Pamunkey.
L'avantage du voisinage immédiat de sa base princi* pale s'était encore accru» pour Lee, de Tarrivée d'un précieux renfort, du corps 'de Breckinridge.
Ce général avait baUii et refoulé l'armée fédérale de Sigel, k New-Markel, dans la Shenandoah, le 15 mni: il l'avait fait suivre par une portion de ses forces, et il était venu rejoindre avec le reste l'armée principale. Une par* tie de Beauregard avait aussi rallié celle ci.
Heureusement Granl n'avait pas été pris au dépourvu - INir cette cooceoUratioa de ses a4verfiaire&. Soit pour y parer» soil poor conbier seulemeDt ses pertes et pour mieux employer les forées de Batler, il aiaît ordonné à eelm-ei, le 99, de loi envoyer, sons le commandement de Smith, toutes les forces qui riclaient {jas iudispensables à la garde de ses lignes. Ensuite de cela, le corps de Smith était entrain de rejoindre, par la voie du York-Biver et de White-House.
Le soir da lundi, 30, comme le corps de Wanen, en tète et à gaiicbe, marchait sur la ronte de M ecanicsfille, il tat subitement assailli par des forces snpérieures de Ewell près de Shady-Grove-Church. La division Crawford fut rejetée en arrière en désordre. Les autres divisions accoururent à son secours, ainsi que le corps de hmeock. Le général Meade avait ordonné d'attaquer sur tonte la ligne, mais les deux corps de WHght et de Burnside ne purent se mettre en position, ayant reçn leurs or* dres trop tard dans la soirée. Malgré cela l'ennemi fut repoussé.
Le lendemain , mardi 31 , Sberidan occupa Gold-Harbor avec les deux divisions Gregg et Torbert, après un vif combat contre la division de cavalerie Fritx Lee. Le corps de Wright et le corps de Smith, qui venait d'entrer en ligne, furent envoyés rejoindre Sheridan. Sur l'autre aile, !a division de cavaieiie Wilson avait opère des diversions utiles, défait la brigade Young, du corps de Wade- Hampton et détruit les ponts du chemin de fer sur le South-Aona.
Le mercredi, l*' juin, les combats d^ cavalerie et d'artHIerie recommencèrent sur les deux ailes, et l'on eecar-
moucha sui ioule la ligne. Vers quatre heures du soir, les corps de Smith et de Wnglit relevereui Sheridan et
essayèrent d'enievâr les ouYjrai;es qu'iU avaient devant
eux. Ils s'avancèrent en bon ordre; à la droite» les trois divisioiis Martiodale, Brooks et DeTess» da W corps; à la gattche, les diTisions RickeCt, Rnssell et Neil» da 6«; en réserve , les divisions de caTalerie Torbert et Gregg, en
majeure part à pied. Le corps de Longstreet tenait cette portion (les ouvrages. L'attaque, quoique reçue par un feu très vif, iinit, à la nuit, par déloger les confédérés de leur première ligne de rifle-pits. Vers minuit, ils cherchèrent à la reprendre par surprise; mais ils furent repoussés*
Cette aflàire coûta aux fédéraux environ SOOO hontoies» et aux confédérés I millier^ dont 600 prisonniers» eaptorés en msyenre partie par le 18* corps. Le brave Smith faisait donc une bonorable rentrée dans l'armée dn Potomae, où il avait déjà servi aveîs distinction comme divisionnaire, en 1862, sur ce même terrain.
lia journée du lendemain, jeudi 2 juin, ne vit que des engagements d avant -postes. Le général Meade fit porter sar la gauche le corps de Hancock, qui était à la droite, vers l'église de Bethseda, afin de tenter un assaut des lignes de Gold-Harbor, qui refoulât Pennemi au-delà du Ghickabomlny et procurât un point de passage sur ce cours d'eau historique. L'attaque, contrariée par un fort orage, ftit ajournée au vendredi.
Ce jour-là, dès quatre heures et demie du matin , la lusiliade et la canonnade commencèrent. Les fédéraux, resserrés vers la gauche, offraient une ligne régulière et compacte de 5 à 6 milles de front, Burnside à la droite, puis Warren, Smith, Wnght et Hancock. La gauche de celui-ci était prolongée par les divisions de cavalerie Gregg et Torbert jusque prés du pont de Bottom.
Les confédérés, prêts aussi à la bataille, avaient a leur droite le corps de Breckinridge, au centre ceux de Beauregard et de Longstreet, à gauche biweli , et en réserve UilL
Vers six heures du matin» l'action était vivement en-
gagée sur tout le front. Hancock, à la gauche, hinra à l'assaul des redoutes du carrefour de Gold-Harbor * tes ^naum Gibbon et Bariow. GdUes-ci, marchant trôs bratment, délogèrent les troupes de Breckioridge d'afte petite crèle coininandant la route do sud et tinrent tous les premiers ouvrages. Maïs des renforts arrivèrent à Breckinridge, avec lesquels il repoussa les divisions de Haucuck.
Sur le front des antres corps ce fut à peu près de même. Le 6* et le 8* canouuèrenl davantage: ils cfagneient en outre quelques centaines de pas de terrain favorable» après quoi ils s'arrêtèrent et se retranchèrent à mi-portée de fusil des positions ennemies.
A. la droite, les 9* et 5* corps firent aussi des progrès sur les avant-postes; une charge plus en avant de la division Griffin fut repoussée.
Veii le soir, toute la ligne fédérale s'était approchée jusqu'à une distance de cent k deux cents pas des ouvrages confédérés, et Ton s'y occupa sur tous les points coiivenabies à se couvrir d'abatis et d'épaulemeots. A la tombée de la nuit, les confédérés attaquèrent à leur tour en forces le coips de Hancock» qui finit par les repousser.
La fiisillade se continua pendant presque toute la nuit, et de grand matin, le samedi 4 juin, les troupes fui ent de nouveau sous les armes. Il manquait aux fédéraux près de 40 mille iiorumes, dont 4 à o mille, il est vrai^ se re* trouvèrent les jours suivants.
Tandis qu'une portion des troupes fut affectée au service des piquets» soit pour les soutenir par des masses en cas d'attaque« soit pour les renforcer de 'tous les bons - Uteurs dans la chaîna le reste fut remis auK ingénieurs pour travaux de retranchement sur tout le front Les on-
(1) La villê de C^-Harbor . conme l'appi llciit (]iit;lquet narraleurs euroji. yns , w eoaMte d'une wale oiisoa, vuttabetp, à tauoiate<ie4iainraBlwlaadiatiBrViriui»-ltoaiftiriiti *ar RkhoMMl à t'ooest . par Caiiie&-Mill, m DilpIICll'-SltflM «t BiNiM'ArMft M ml } «V
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