‹ Guerre de la SécessionChapitre 34 sur 38 · IJ · texte numérisé non relu

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tils de ptonnier manquant^ on se servi! de tonl inalra* ment sasoeptible de renoer ud imq de terre, de sabres,

de baïonnettes, de leviers, de haches, de grossièr^à pelles et pioches improvisés avec des planches ou des branches d'arbres.

Gela safflt, avec l'activité et ie savoir4àire epéeiaiiK des soldais amérieuiis dans ce genre de eerriee, pour donner avant la nuit une ligne d'oovrages offrant déjà une réelle

force fie résistance. Une tentative des confédérés, vers 9 beuies do soir, pour s'emparer des abatis sur le frool de Wright fut refoulée.

Les mêmes scènes se renouvelèrent dans la journée suivante du dimanche 5 juin, ainsi qoe dans celles da lundi et (^n mardi, tonjoars sur le méaie terrain. Tontefois les tirailleurs confédérés recolèreni un peu sor leur gauche, devant l'église de Belhseda. A son extrême droite» Lee concentra quelques forces autour du pont de Bottom, qui s'y fortifièrent sur les deux rives du Cliickafiominy. Gela voulait bien dire que si Grant recommençait sa valse pour s'avancer sur Bichmond, il serait encore prévenu sur le Ghickahominy.

C'est en effet ce qui s^était préparé au sein des états* majors pendant ces quatre Journées relativement paisi* bles. Biais auparavant on avait senti de part et d'autre le besoin de qnelqueeiDStants de répit Une sorte d'armistice tacite s'étiit établie, le Inndi et le mardi, entre les deux lignes d'avant-postes, si rapprochées d'ailleurs en quelques places, que maintes conversations plus ou moins lioulloiines s'engagèrent de l'une à l'autre. Le mardi soir à G heures, la trêve tacite fut transformée eu un armistice légal de 2 heures, à la demande du général Grant, pour le soin des morts et des blessés qui gisaient sous les yeux des deux combattants. Le personnel sanitaire et d'enterrement, avec les bonmies de corvée» pat seul drcuier sur le terrain neutralisé par les drapeaux blancs; en revan-

die, tes soldais lédéraoi et confédérés garoirent les crèles de leurs retrancbemeots pour assister au douloureux

spectacle et se regarder une fèis sans danger. Les riflepib adverses étaient ça et là à moins de cinquante pas les uns des autres. On en pioiità pour échanger des paquets de tabac, du café, des journaux. Dès que ies diapeaiix parlementaires furent rentrés, les carabiniers recommencèrent à faire siffler leurs balles. Ce zèle de fusillade, du mte, avait moins pour but de rouvrir la bataille que de montrer qu'on était de nouveau en état de guerre. La nuit suivante, plus amicale que d'babitudé, ne lût signalée d'aucune grande alerte. Il en fut à peu prés de mémo le lendemain et jusqu'au dimanche î% juin. Des reconnais* sances, des escarmouches d'infanterie sur le front, de cavalerie sur les ailes furent les principales affaires, au milieu desquelles les deux armées tendirent visiblement à se porter plus k l'est.

Le général Grant avait di^ i econnaître l'impossibilité pour le moment de pénétrer sur Richmond ou d'entamer plus sérieusement l'armée de Lee, soit de front, soit sur l'un de ses flancs. Son mouvement tournant parla gau* che contre l'armée de Lee comme objectif ^édal ne pou* ▼ait pas durer éternellement Haintenant d'ailleurs, Lee était si rapproché de sa base quil avait tous les avanta* ges de son côté; on ne pouvait plus l'en séparei, surtout en devant pour cela franchir le Chickaliomi uy de vive force. Tourner par la droite aurait pu être essaye sans doute; mais c'était abandonner les bases si commodes des 'fleuves pour reprendre une longue ligne d'approvisionnements sur Richmond par Fredericksburg ou par GordoD&viile,ou par iaShcnandoab,qui serait fort exposée aux coureurs confédérés. Tenter un assaut en forces était contre toutes les données du. bon sens avant d'avoir tout le monde possible et en premier lieu rallié Butter. Grant se décida donc à cette dernière alternative, à mener son

armée sur le lames-River, avanl de tenter autre chose contre Lee oa contre Richmond.

Le 7 juin des diversions furent ordonnées sur la droite. Slienihin s\v iiort i avec deux divisions de cavalerie. Il devait détruire les chemins de fer et chercher â se réunir aux troupes fédérales de la Shenandoab, qui venaient de remonter la vallée. *

En même temps le général Butler fût avisé de reprendre l'offensive, de s'emparer de Petersburg, de détruire les ponts de PAppomatox, pour couper les communications avec Ricbmond. Le 48« corps loi fut renvoyé en renfort par la même route des fleuves qu'il avait prise pour venir. L*arrière-frarde de Smith devait replier et emharquer les rails et le mat*'nel du chemin de fer, ncnilihMncnt rétablis depuis quelques jours, entre Wbite-Uouse et Tarmée.

Enfin, le 12 au soir, le gros des fédéraux s*ébranla pour marcher vers la gauche et passer le Ghickahominy aux ponts de Long-Bridge et de Jones-Bridge, à 7 et II milles en dessons de Bottom-Bridge, où se trouvaient la droite des confédérés.

Le mouvement, bien masqué et parfaitement conduit, réussit à souhait. Dans ia nuit du 42 au 13 toute Tarmée se mit en marche et elle attei{înit successivement le Ghickabominy aux points sus-indiqués, s'y installa sur les deux rives» puis passa en deux colonnes sans éprouver de contre-temps sérieux ni de résistance. L'avant-garde, composée de la division de cavalerie Wilson et d'une portion du 5« corps, avait occupé solidement Te Long- Bridge, et s'était portée au-delà du grand marais de White-Oak pour en couvrir les défilés. Le soir du 13 elle atteignit le James-River et s'établit à Wilcox et àCharles- City-Courl-House-Landings. Le (i« et le9« corps, le 43 au matin, continuèrent à s'avancer, passèrent le Chickabominy à Jones-Bridge et se portèrent ensuite sur

Charles-Cily-Court-House. Les i*" et 5^ passèrent le Long- Bridge, ei se portèrent sur Wilcox-Landing. Le mardi 14 juîD loQte l'armée était réaDiesar la gaadie da lames- IMw, et le passage commença aussitôt sur des bateaoïbacs et sur un loDg pont de pontons établi par le général Butler. Le IG la masse des dcu)i armées du Potomac et du James était réunie sur la droite du fleuve dans les lignes de Bermuda-iiundi ed et de Gity-Point, des deui côtôs des bouches de l'àppomatox.

Mais ià et à ce moment elle ue se trouva guère plus avancée que si elle y fût tranquillement arrivée par la voie des fleuves. La gloire qu'elle en avait de plus ne compensait pas les hommes qu'elle avait de moins. Puis pour qne le nouveau changement de base eût toute son utilité, il aurait fallu pouvoir déboucher immédiatement de cette base et entreprendre uiie opération décisive.

Par malheur cela devenait difficile, le premier pas à faire pour cela, la prise de Petersburg, espérée par le général Grant, ayant échoué.

Le général Butler, conformément aui ordres mention* nés plus haut, avait fait attaquer Petersburg, le 10 juin, par les généraux Gillmore cl Kautz. La cavalerie de ce dernier enleva quelques ouvrages fraîchement élevés du côté du sud. Derrière i eux-ri et tout autour de la place s'en trouvaient d'autres formidables. Gillmore, qui s'y connaissait, ne crut pas devoir risquer d'assaut et il revint à Bermuda-Hundred. Grant apprit par lui qu'il aurait à faire deui sièges au lieu d'un, et que la place de Bichmond se trouvait maintenant flanquée d'une place non moins redoutable vers le sud.

Ainsi cette campagne, après quaii e sanglantes séries de batailles, à Wilderness, à Spottsylvaiiia, à rsorili-Anna et à Cold-Arbor, finissait par amener le i^ros des forces fédérales au point môme où la campai^ue de 1862 s'était terminée, au point d'où le général Mac-Glellan l'aurait

reprise en juillet 1862 en avail élo libre, et où Butler avait pu commeocer la sienoesans perdre un soldat. BUe coûtait aux fédéraai one cinquaataine de mille hemm«8.

Elle avait montré la hante bravoniB des tnmpes^ la tenaeitft plos remarquable encore du général Grant; mais elle n'avait pas procuré d^otres avantages. Grant était toujours séparé de Hichmond par toute l'épaisseur de l'aniK c (le Lee, d'autant plus forte qu'elle était plus pn s de sa Itase, et qui s'était montrée plus manœuvrière, plus active encore et non moins tenace que celle du Potomac Ayant combattu presque toujours à couvert, ses pertes ne montaient pas à la moitié de cdles de son adversaire*

On poarrait reprocher pent-étre à Lee de s^étre trop confié à la pioche et à la pelle et pas assez à la bayonnette, de n'avoir pas cherché à battre Grant an moment d'une de ses marches favorites par la gauche. Assaillir en forces le flanc des fédéraux, au lieu de se borner à les prévenir de front, eût été à la fois plus simple et plus profitable, comme l'attaque du seul corps d*£w6ll» le 19 mai, le montra suffisamment.

Opérations dans la Shenandoah. — Etablissement des fédéraux à Gity Point. — Poeitions des confédérés à Riclmiond et Petersburg. — Premières tentatives de Grant contre Petersburg. (Juin et juillet 1664.)

Les opératioDS dans les vallées de Kanawha et de Shenandoah, qui devaient se relier à celles des armées du Polomac et du James, avaient aussi commencé en temps votthi, soit le mai.

Le général Crook, dans IaKanawlia, répartit ses forces en deux colonnes, une qu'il diri<ïea lui-même, et l'autre, composée seulement de cavaliers, su us le général Avcril!. Ceux-ci traversèrent les montagnes par différentes routes, détruisirent le chemin de fer Tennessee-Virginie en plusieurs endroits près de Whyteville, le iO mai, et, s'avançant vers New-River et GhrisUanhurg, ils entamèrent encore la voie, coupèrent et brûlèrent plusieurs ponts et stations^ y compris le grand pont de New-River; ils ratiièrent enfin Grook le 15 mai à Union.

Le général Sigel rencontra Brcckinridge à New-Market, comme nous l'avons déjà dit, et y éprouva un échec. Quoiqu'il eut été en cela [ilns malheureux que fautif, on profita de l'occasion de se débarras^ier de ce général, qui, comme ancien officier allemand , fort aimé et appuyé de ses compatriotes^ avait attiré sur lui des jalousies, qui ne sont pourtant pas familières aux Américains. Le général

Graot le fil reléguer à une division de réserve et remplacer |Nir le général HoDler à la léle de Tanoée de Shenaodoah.

Gelai-ci reçut pour înslradion de remonter de non* veau la vallée et de mareher sur Stanotoii, GordonsnUe, Gharlottesville, Lynchborg, sll ne rencontrait pas trop d'opposition; de détruire tons les canaoi et chemins de

fer qu'il pourrait; puis de prendre sa retraite sur sa base primitive, ou bien en rejoig^nanl l armee du Potoniac, depuis les environ^ de Gordonsville.

Tout de suite après la réception de ces instructions, îe général Hunter se mit en route; il rencontra renoemi à Pîedmont, le 5 juin. Une bataille s'engagea, dans laquelle ce dernier subit une complète déroute, perdit 1500 prisonniers, 3 pièces d'artillerie, et 2 à 3 mille tués et blessés. Poursuivant sa route et ses succès, Hunter arriva à Staunton, le 8 juin, où il rallia les corps de Croock et d'Averill. De là il se dirigea sur Lynchburg par LexingtOD, place qu il atteignit et investit le 16 juin. Un corps de 7 à 8 mille hommes détaché de l'armée de Lee venait d'y entrer, ce qui nécessita des combats auxquels Hunter ne s'attendait pas à ce moment. Après deux jours de tiraillerie, les 47 et 18 juin, il se trouva à court de munitions, et n*08a entamer dans ces conditions une affaire décisive. Il ne lui restait plus qu'à se retirer, et cela par la voie sur laquelle il aursût le moins de lutte à prévoir. Ce ne pouvait être que par la vallée de Kanawha, ce qui le menait dans une direction excentrique et l'éloignait toujours plus de l'année du général Meade, qu'il aurait dû rejoindre. En outre, il laissait à découvert la vallée de Shenandoah.

11 est vrai qu'à ce moment le général Lee ne pouvait pas avoir la prétention de profiter de ce déboiir.lié vers le nord. Il était lui-même serré de près par les armées réunies du Potomac et du James*

Dès que lo passage du fleuve fut en train, le 14, le général Grant se rendit sur un steamer au quartier-général de Butler a Bcrmu*la-Hundred, pour faire reprendre en forces l'opération échouée de Gillmore et attaquer immédiatemeot Pelersburg, avant que les confédérés l'eussent pourvue de nouTelles lignes d'ouvrages.

Les instructions données verbalement à Butler lai en* joignirent de faire partir dans la soirée même pour cette expédition le généra) Smith, avec toutes les troupes disponibles sans sacrifier la position du James. Lui, Grant, retournerait vers Parmée du Potunuic pour accélérer son passage, et il la ferait porter en avant sur Petersburg, division par division, aussi rapidement que possible. Une portion du chemin de fer Richmond-Petersburg ayant été coupée, les fédéraux pouvaient renforcer plus vite que les confédérés les troupes engagées devant Petersburg.

Le général Smith partit dans la nuit même et au point du jour il refoula les piquets ennemis. Divers retards dans la marche rempêclierenl toulelois d'être prêt à l'assaut avant le soir. Vers six heures seulement il assaillit ks ouvrages du nord-est de la place et il les enleva en capturant 15 pièces d'artillerie et 300 hommes. 11 ne crut pas devoir pousser plus loin ses progrès, vu qu'il aurait été menacé en flanc et à revers par d'autrea redoutes. Il lui aurait fallu pour cela un peu de renfort Hancock, qui le r^ignit vers les S heures du soir avec deux divisions» lui proposa d'avancer sur ia ville, qui ne paraissait pas être occupée en lurces, opération qui aurait le concours d'un beau clair de lune. Mais Smith, craignant ie désordre d'une attaque nocturne sur un terrain qu il ne connaissait pas, résista à ces suggestions, et employa simplement le 2^ corps à relever le sien, qui avait beaucoup souiïert.

Ualheureusement, pendant la soirée du 15 et dans la nuit du itf au 16, des troupes confédérées avaient marché

sans relâche du nord et du sud vers Petersburg, et le 46 au matin, quand le générât Grant rejoignit le front et qu'il toulut faire agir de nauveau, il trouta la place déjà bien garnie de défensenrs.

L'atlaque fût cepenrl int ordonnée pour le 4 G, à six lieures du soir, par les it ois corps réunis de Smilh, Hancock et Burn.^ide, ce dernier n'arrivant qu'à ce moment en ligne; elle eut lieu en bon ordre; Smith à droite» Hancock au centre, Burnside à gauche: Après une vive canonnade, pendant deux heures de temps, les troupes marchèrent à PassauL Toute la nuit on combatlit avec plus ou moins de ▼ivacité et beaucoup de confusion. Le matin du 17 les fédéraux se trouTèrent en possession des ouvrages qui couvi.iieiit la droite de ceux qu'avait enlevés Smith. Ouelques centaines de prisonniers et quatre canons furent aussi capurés; mais au prix d'environ trois mille hommés tombés de leur côté.

Pendant la canonnade d'autres troupee, de part et d'autre, a?aient marché au feu pour seconder celles engagées. Tout le corps de Beauregard s'était concciUré à Petersburg, et, du côté des fédéraux, le 5* corps, Warren, était entré en ligne. Le général Grant ùt renouToler Tassaut» le 17» après de meilleurs préparatifs.

Burnside défait agir le premier. M 10 heures du malin la df vimi PoUer, formant la droite du 0* eorps,

s'empara des ouvrages sur son front. Elle y trouva <> canons et 400 hommes, en fait de* trophées, ce qui pouvait compenser ses pertes, montant ;i 500 hommes. Après cela une canonnade et une fusillade modérées se prolongèrent Jusque dans l'après-midi. Vers 3 heures les dîTisions Wiloox et Leddiie iq(levèrent Potter, et réussirent» après un combat acharné, à déloger PennemI de deux autres -ouvrages, maie en perdant ellee-mémes environ deni mille hommes. A ce moment Burnside n'était plus qu'à

Qti mille 6l demi de la ville, et il la canouua vigoureusement.

Il espérait être bieoLôt soutenu. Mais sur le reste du front les autre:» corps se laissaient aller à des escarmouches pour leiir propre compte. Hancock blessé, avait» il est frai, dft remettre son commaDdement à fiirnej, et ce* Ini-ci, qaoîqae excellent officier, sabiasait les difficnltés inéritablee de mutations en de tels moments. L'action dn 2* corps, ainsi que do 9* à la gauche, ne consisU qu'à repousser l'ennemi. A la uuil celiii-ci fil un nouvel et considérable effort contre Burnside, qui dut tristement abandonner les ouvrages conquis et souffrit de graves peites dans sa retraite.

La ténacité de Grant n'était pas encore à bout. 11 fit recommencer l'attaque le 48 de grand matin et dans l'ordre suivant: à droite les divisions Martindale et HInks (nègres) du iS* corps; an centre le 2« et le 6" corps; à gauche le U' , plus à gauche et en réserve le 5^ L'assaut fut donné dès 4 heures du matin. Mais au grand élonnement des assaillants, les redoutes tant disputées la veille étjiienl presque évacuées. Les défenseurs s'étaient retirés dans des lignes plus intérieures, improvisées depuis les premières affaires devant la place. Les dispositions or« données n'étaient plus opportunes; il follut pousser des reconaaissances et recommencer divers préliminaires, ce qui eut lieu pendant une asses vive canonnade.

Vers midi les trois corps de gauche furent portés en avant. La division Gibbon et une portion de la division Mott, du corps, se lancèrent à l'assaut, tandis que tout ie reste du 2* corps faisait des diversion.^ sur les ailes. Les retranchements élevés près du chemin de fer Petersburg- City-Point forent courageusement issaillis de front et de llaiic Ce fut eu vain. Une fois à découvert, les colonnes d'attaque subirent un feu si meurtrier qu'ellee durent se retirer en abandonnant leurs morts et leurs blessés. Un

nouvel essai d*offensive, tenté dans Paprè9*iiiidi, ei eeUe

fois la division Motl en tète, un résultat semblable.

A j?auche du 2* covi^^. Hurnsido ne fut pa^ hiMucuup plus heuieux. i.a division Wilcox, avec la brigade Gurtin de la division Potier, fut lancée en avant sur le froot; entre le et le S« corps; la division Lediie, avee le reste de Potier, suivît en réserve. Toute la journée se passa en escarmouches sans avantage décisif. Vers le soir la ligne réussit à s'établir à cheval sur le chemin de fer Petersburg-Norfolk; mais deux batteries confédérées battant dès lors le terrain de front et d'écharpe empêchèrent d'aller plus loin.

A la gauche du 9«, le 5« s'êlail aussi mis en ligne, les divisions Crawioid à droite, rii iflin au centre. Cutter à gauche, Ayres en réserve. Après des escarmouches pendant toute la matinée, il attaqua résolument, à midi et en même temps que le 2* corps, le côté sud du chemin de Norfolk. Un feu concentrique et très vif de batterie ar« réta finalement la marche en avant des fédéntux sur ce point.

A la droite, les divisions Martindale du 18* corps et

Neils du 6* s'épuisèrent aussi jusqu'à la nuit en san* glants et stériles elïorls. En somme, la journée avait été mauvaise pour les fédéraux. Leur action, où la bravuui e n'avait certes pas fait défaut, avait souffert pat ioui du manque de cohésion ; ils le payaient d'une perte d environ cinq mille hommes.

Le lendemain, dimanche i9 juin et les jours soivanls, furent relativement tranquilles. La canonnade retentit sur tout le firont, en même temps qu'on travaillait aux retranchements de part et d'autre, surtout dans le camp des fédéraux. Leurs advei-saires essayèrent de les enlraver par deux alUiques sm le centre et sur la gauche, faites dans 1 après-midi et qui furent repoussees. La soirée fut consacrée, sous la protection des drapeaux parle»

mentaires, aux soins que réciaouuent les t)lessés et les morts.

fin regard des pertes déjà snbies et de U grandeur de la ttche qm restait à aeeomplir» les a? antages acquis étaient en somme fort minimes, liais on pourrait en profiter plus lard, poor serrer de plus près Pelersburg et mener une sorte de siège de tonte la position eonfé> dérée.

En allendant, Granl lil icprti(itlte son mouvement favori par la planche, puis d'autres sur la droite, pour envelopper le plus possible Petersburg, en évitant de se liLurter aux fortificalions, mouvements excentriques qui dénotaient autant d'incohérence dans les combinaisons stratégiques qu'il venait de s'en prodaire dans les der* nières actions tactiques.

Poar renforcer Petersbory, le général Lee avait fait retirw» le 16 join, une partie des troupes qai étalent en observation devant Berronda-Handred. Le général Butler s'aperçut, malgré les précautions des confédérés, qu'il était plus dégagé, et il en prit avantage pour se porter plus en avant, contre le chemin de fer Richmond-Petersburg. Le généra! Grant, informé de cet utile mouvement, se hâta de le faire appuyer par deux divisions du G*" corps, qui venaient de s'embarquer à Wilcox-Landing pour City- Point. Un tour de roue de plus au gouvernail mena' débarqner ces troupes à Bermnda-Hundred. Elles se portèrent anssilôt en avant et rallièrent Butler, le 17 au matin. Elles arrivaient fort à propos. Le général Butler, dans l*après-midi do 16, avait été arrêté par les confédéré, pais enfin refoulé par eux jusque dans la ligne d'ouvrages qu ils avaient abandonnée la nuit précédente. Malheureusement-le chef de ranriéè du James, par excès d'amour-propre, ne voulut pas employer immédiatement ce renfort inattendu; il le laissa s'arrêter en arrière de ses réserves.

-envers H heures dii soir, il fut de nouveau assailli en forces, et .ivuiil ti avoir pu s oi itMiîeret disposer ses troupes, ii fut délogé des positions qu'il avait conquises, et reoDemi réoccapa ses lignes de la veille. Le 6* corps ne fat pas même employé.

Le lendemain, toutefois, le général Batler reprit l'offensive, qui fut encore signalée par trop de largeur et de décousu dans les mouvements. La division Poster, du JO" corps, passa le James-River sur un pont de pontons préparé par le général Weitzel entre Aikens-Landinj? et Four-Mile-Creok. Fosler s'avança ensuite par la roiitii de Kingsland, chassa les conlédérés de leurs avant-postes el s'établit, dans la nuit du 20 au 21, à Deep-Bottom, à environ 10 milles de Riehmond. Là, couvert par les ca* nonnières, il se retrancha et repoussa plusieurs attaques.

Une autre partie des troupes de Butler, sous le général Smitb, fut au contraire portée, ce même jour, de Bermuda-Hundred sur Petersburg, à travers l'Appdmatox, pour des opérations que nous verrons tout à l'heure.

Sur l'extrême droite, le général Sheridan avait, dans ces entrefaites, effectué un raid aussi i)rillant qu'inutile. Parti de Cold-llarbor, on se le rappelle, en diversion vers la droite et éventuellement à la jonction avec Hunter, pendant que l'armée du Potomac allait prendre sa nouvelle base sur le James-River, Sheridan avait rencontré Pennemi, le 41 juin, à la station de Frevillan. Après un combat obstiné, il prit possession de ce poste, en faisant subir aux confédérés une perte d'un militer dMiommes, dont 400 prisonniers. Il commença ensuite l'œuvre, devenue presque réglementaire, de destruction de rails, de ponts, de gares, et de razzias, tout en se dirigeant sur Gonlonsville. Le 1^*, il attaqna un fort poste retranché, à environ 5 milles de la ville, et fut repoussé avec perte. N'ayant rien pu apprendre du général Hunier, il se retira, dès le 15, derrière le Nortb^'Anna, puis il

Mmmenca sa retraite sur White*Hoiise, où il rentra I0 19. Il y arriva joste au moment où la petite garde qui y

protégeait ses magasins et ses parcs, sous le général Abercrombie, était attaquée par une lorcc supérieure, et il refoula celle-ci. Il fit évacuer le dépôt et se dirigea sur le James-River, qu'il atteignit le 24, et après d'incessantes escarmouches, en face du fort Powhatan. Le 25, il passa le fleuve et rejoignit l'armée du Potomac.

Le 21 déjà» Grant avait repris l'offensive devant Petersburg en recommenç^int son mouvement à gaucbe. Cette fois la manœuvre était d'un mérite fort contestable au point de vue stratégique, puisque c'était du côté opposé, du côté de Richmond, que Petersburg recevait ses principaux renforts. Le but immédiat était de s'emparer du chemin de fer Petersburg-Weldon, qui servait d'appui à la droite confédérée, de le détruire eu tout cas sur une portion de son cours et d'envoyer la cavalerie en faire autant plus loin encore, sur la gauche, contre le che-

inin lie fer du sud.

Dans la nuit du 20 au 21, tout le gros de l'armée se mit en marche par la jïauche, sous la proieclion de nombreua tirailleurs escarmouchant sur le front. Vers midi, le mouvement de flanc était achevé, et toutes les troupes firent face à droite. La divisiou Barlow, du 2« corps, avec le 2* régiment de carabiniers, s'engagea la première et chassa l'ennemi d'une position avancée vers la route de Jei usaleiii, au milieu de 1 espace entre les chemins de ler de Norfolk et deWeldon. Bientôt cette division fut arrêtée par des ouvrages garnis de forces considérables. Elle dut se replier sur la division Gibbon , à s^i droite, dont les tirailleurs étaient aussi engagés. Une centaine d'hommes furent perdus dans cette affaire d'avant-garde, compensés par quelques prisonniers enlevés au 3* Garoliue du Nord, y compris sou commandant et son adjudant» Les eontôdé-

rés men;i<:aiit sérieusement k ieur tour la gauclie fédérale, le corps prit posîtion plus en arrière pour ta nuit, Bar* iow à gaii€be!i Molt aa oeoUre, Gibbon à droite; eo râierfo, GrifiiD, du 8* corps. Un peu plus tard» le 6* eorp» arriva de la droite de la position à la ganehe du 3*» et s'éteadil vers le chemin de fer de Weldon, ayant sa division Rie- ' kett appuyée à la gauche de Barlow. A l'extrême gauche, la cavalerie de Wilsoa escarmoucha encore toute U soirée, entr'autres aux environs de Davis-Farm.

Sur la droite» le 18^ eorps, renforeô de réserves tirto de Bermuda*iIondred, appuya à gaucbe dans les positions précédemment tenues par le 6*.

A ia nuit du il, les divers corps des années de Meade et de Butler présentaient l'étrange dislocation suivante, de la droite à la gauche:

La division Foster, du f 0* corps, au nord du James Ri*

ver, k Deep-Buttom, occupée à établir un poût de pontons sur ce point pour se relier à Bermuda-Hundred. Le reste du 10' corps à Bermuda-Hundred et environs. Au& retranchements à l'est de Petersburg, le iS" corps; à la gauche de celui-ci, le 9* et le tt* (sauf Griffin) formant le centre; enfin à environ deux à trois milles plus au sud, le S* et le 6^ corps, plus la division GriiBn du tt*, formant la gauche jusque vers le chemin de 1er de Weldon. A l'extrême gauche, cherchant à passer ce chemin de ler plus au sud, la division de cavalene VVilson. A Textrôme droite et encore détachées vers White-llouse, les deux divisions de cavalerie de Sheridan.

Celte dislocation, évidemment trop étendue et coupée

de deux grands cours d'eau, en face d'un ennemi concentré, aurait pu être fatale aux fédéraux, si celui-ci se fût moins rivé à un système passif de déiénse.

Cette mtaie journée du 31 fut marquée par nue visite

du préBideai Lincoln aa quarlîer-géûéral et sur le ttonX, où il fut vivement aedamé par les tronpes.

Le mercredi 22, le mouvomont par la gauche fut oontînuô en y eiaployaiit seuiemeut le tiers des forces qu'on aurait pu y affecter.

Les divisions de cavalerie de Wilson et deKautz, comptant environ 6 mille chevaux et 16 canons, furent lancées en avant dès le bon matin, pour opérer un grarul raid au sud de Petersburg et de Richmond, et détruire entre autres les chemins de 1er de Weldon et de Danvillc. Elles allèrent couper la première voie à une dizaine de milles de Fetersburg, à la station de Beams, qu'elles brûlèrent et détruisirent de fond en comble. Beaucoup de vacarme et de fumée, peu de profit. Elles ^élancèrent ensuite vers l'autre voie.

Le 2" et le 6« corps se nu i eut ciussi en mouvem rit sur les traces de la cavalerie. Le départ ayant été contrarié et mal ordonné, la marche s'en ressentit. Les deux corps s'attendirent l'un l'autre tour à tour. Le 6° corps, qui avait ep la veille une forte étape pour venir de la droite à la gauche de la position, se trouva en retard. Il en résulta que le seul 2* reçut d'abord tout l'effort de l'ennemi et qu li fut rejeté en ari iiTc par le corps de Uill dès les 1 1 Injures du malin. Pendant qu'il cherchait à se réorganiser, HiU pénétra dans l'intervalle entre le et le 6^ corps et fit subir de fortes pertes à la division Gibbon, prise en flanc et à revers. Dans l'aprèsomidi, le général Meade réussit à reprendre en main les deux corps avec Grifiin et il les reporta en avant. Une partie du térrain fût reconquise, mais les rcUciiichemcnts du chemin de fer Weldon bravèrent tmis les efforts des fédéraux. Ils durent renoncer à de nouveaux sacritices, cette joui iH * leur ayant déjà coûté environ 6 mille hommes. Le corps et particulièrement la division Gibbon payèrent le plus large

trilHif: h î)(^lle brigade l'iurce lut presque en eoiiercap* turée. Quatre caooDS furent aussi perdus.

Sar tout le reste du iroot il n'y avait eu peadut ce temps que de bruyantes caooDiuules et des dteoiistratîom auxquelles on aurait pu avec profit affecter beaucoup moins de mondel Si au lieu de quatre corps laissés à ce r6le secondaire, les 9* et corps au moins étaient venus seconder à temps les 2« et laissant l'œuvre des diversions aux. 10° el 18", et aux batteries de position, il y eût eu bien plus de chances d'enlever les ouvrages du chemin de fer et toute la position peut-être. Kesterait à savoir si l'inci'hérence qui s'était montrée avec deux corps seulement n'aurait pas été plus grande encore avec quatre, ce qui eût accru le nombre des victimes, mais non la valeur des résultats.

Pendant que le gros des corps s'établissait devant Felersburg, cherchant à miner les ouvrages ennemis et que la cavalerie de l'aile gauche courait plus au sud, le général Grant imagina encore une expédition sur l'extrême droite, une nouvelle diversion excentrique. Le 26 juin, deux divisions de cavalerie et le corps, ce dernier contremarchanl de la gauche à la droite, furent envoyés rejoindre les forces de Butler à Deep-Bottom pour menacer de là Richmond. Le 27, les piquets confédérés furent refoulés et le lendemain les fédéraux s^avancèrent sur la route de Deep-Bottom àNew-Market Gomme ils étaient en marche, ils firent attaqués par Longstreet» arrêtés^ puis refoulés après un combat acharné où de partetd'au* tre on subit de graves pertes.

Sué ce point, Grant avait espéré surprendre Pennemi, car la résistance qu'il avait rencontrée vers lechemm de fer de Weldon l'avait induit à penser que les confédérés seraient d'autant plus dégarnis à leur gauche. Ses prévisions, quoique rationnelles^ s'étaient trouvées fausses. £n conséquence, il voulut au moins utiliser cet échec comme dî-

venioo. Espénot que l'offensive de Botter attirerait oo retieodrait au moios des forces ooDfédérées importantes vers Riebmcnd, il loi donna l'onfre, le soir du S8, de

pousser encore une vive pointe, après quoi il se rabattrail sur Pelershurii. Il ordonna aussiàMeade de recommencer uo mouvemenl générai contre Petersburg.

Dans la nuit même du SB an S9, la a* division du V corps fit ane nouvelle contremarche pour se replier de l'extrême droite et aller de Dee[)-Bottom dans les positions en arrière du 18* corps. Dans la nuit suivante, les deux autreoi divisions du S' corps et la cavalerie de Sheridan re[)assèi ent aussi le lleuve pour revenir sur le front de Petersburg. Le 30 de grand malin, on flt jouer la mine creusée sous un des ouvrages, en face du 9« corps, et chargée de 8 tonnes de poudre. L'explosion se fit à souhait. Toute une batterie avec deux cents hommes sauta en l'air, ne laissant qu'on affreux cratère à leur place. Les colonnes d'assaut du 9* se logèrent aossitôi dans cette large brèche avec une ligne de tirailleurs se développant à leur droite et à leur gauche. Mais une crête plus en arrière était garnie fie nouveaux épauleraents pour artillerie et pour tirailleurs. Les troupes de Burnside ne purent les enlever. Les autres corps perdirent aussi du temps à se mettre en ligne ;^ cela permit aux défenseurs de se remettre de leur sarprise, qui pourtant avait été complète, de se rallier, de recevoir des renforts et d'attaquer à leur tour. Vers le soir, les fédéraux durent abandonner les ouvrages capturés, ce qu'ils ne lircut pas sans de rudes pertes sous le feu convergent des redoutes voisines. Ainsi l'heureux assaut du 30 juin au matin se termina en désastre, coûtant aux fédéraux U à 7 mille iiommes, doot 3 mille prisouuiers.

An même moment le gros de la cavalerie de l'aile gauche rentrait exténué et abfmé de son hardi raid au sud de Richmond. Wilsoo, après avoir détruit le chemin

de fer de Weidon à Keams, s'était, comme bous l'aTons dit d-dessas, porté plus loin, el il avait eoorageasemetil atteint le chemin de fer Richmoiid4>aDville à Btirlcesvine, à sa jonction a?ec le ebemin de fer Petersbnrg-Lyneh-

burg. Tout en faisant détruire ces diverses voies, il avam a son gros au sud vers le pont du Roanoke. Ayant trouvé l'ennemi en forces vers Roanoke, Wilson revint sur ses pas. il comptait que l'infanterie s'avancant derrière lui aurait occupé les passages des rivières Stony-Greek et Noltoway. Mais on a vu comment les 2« et 6« corps avaient été arrêtés dans ce projet. Au lien de fédéraux, ce furent des confédérés que Wilson trouva à ces postes. Les milices locales s^étaient levées en masse et, secondées de quelques troupes, elles s'étaient mises en mesure de lui couper tout retour. A Stony-Creek, au passage du chemin de fer de Weidon, la cavalerie fédérale eut uu vif engagement sans parvenir à se faire jour. Elle lit un contour par la gauche pour gagner la station de Reams, où elle espérait cette fois trouver des siens. Ce poste était au contraire tenu parles confédérés plus solidement que le précédent, avec des troupes de cavalerie et d'infanterie.

Une rude action s'engagea, dans laquelle les fédéraux furent repoussés et vivement entamés. Une portion des forces de Rautz parvint à se faire jour el à rentrer dans les lignes fédérales devant Petersburg, le 29 juin. Le reste fut an contraire rejeté sur la droite et plus au sud. Après avoir couru la campagne çà et là, il put Irariciiir le Nottoway à une trentaine de milles au sud de Fetersbui^, et rallier, par un grand détour, la gauche et les revers de l'armée vers Suffolk. Wilson avait perdu toute son artillerie, |es trains, son butin, y compris deux ou trois milliers de nègres et environ 1^00 hommes.

Les dégâts des chemins de fer quHI avait foits, quoique devant exiger plusieurs semaines de réparations, ne pouvaient pas compenser de telles pertes.

AiMrès cela le général Grant, caniûilérableiAent aflaibli par ces écbecs redoublés» ainsi que par la fitigiie, par

les grandes chaleurs et par les maladies qui eo résal* lèreul, n'eut autre eliost; a faire qu'à se mettre ea défeosive, pour se préparer a des operaliuus plus métiiodiques, à une sorte de siôge de ceUe vaste et solide position.

Eu somme la campagne» qu^rique non sans gloire par l'acharnement de la lutte, était manquée dans ses résultats militaires. Après deux mois de marobes et de combats incessants l'armée fédérale n'avait gagné en réalité que quelques pouces de terrain contre Richmond. Elle avait eu beau tourner de droite et de gauche les positions de l'armée de Lee, elle avait toujours trouvé celte dernière dans des positions nouvelles et plus fortes, lui barrant constamment le passage direct sur la capitale confédérée. La rapidité» souvent grande des mouvements de Grant n'avait été surpassée que par la rapidité plus grande encore avec laquelle Lee avait su improviser d'immenses réseaux de fortificatloos de campagne et y disposer ses forces.

NoD-âeulement les fédéraux de Grant se trouvaient réduits à peu près aux positions obtenues sans conteste par Butler, mais ils avaient perdu» par quelque mécompte du service de l'ordnance, une des lignes d'opération les plus importantes entre les deux centres belligérants» la ligne de la vallée de la Sbeoandoab.

On se rappelle que le général fédéral Hunter, par défaut de munitions, avait dû se replier de Lynchbur^' sur la vallée de Kauavvha. A cette nouvelle le général Lee jugea sagement qu'un des meilleurs moyens de dégager son gros de nouvelles tentatives de Grant était de profiter de l'ouverture de la vallée de la Shenandoab pour renouveler l'opération de W% si bien conduite par Stonevrall Jackson et si bien réussie qu'elle avait eu pour

résultat de faire retirer dur Washingtoa rarmée établie sur le JaneS'^River.

Le géaérfl canfédéié Barly fat chargé de l'opération, n eut pour cela PaneieD corpe de EwetI, comptant ane vingtaine de mille hommes, sons les généraux Breckinridge, Rodes, Goidoti et Hamseur. Le "2 juillet il apparut dans le bas de la v iliée de SheoaDdoaii, rr ayant pas rencontré d'opposilion.

Les forces de Hunter laissées dans ces parages se bornaient à trois petites divisions, celles de Sigel à Maitiosbarg, avec m vaste dépôt d'approvisionnements, de Kelly à Gomberland snr le Hant-Potomac, et de Weber i Har-

pers-Ferry.

Le général Hunter, arrivé à < m omenl sur la rivière de Kanawha. fut avisé des nouveaux dangers de son d»îpartement par le général Grant, et reçut Tordre d'acconrlr aussi rapidement que possible à Harpers-Ferry par la rivière et par les chemins de fer. Mais le peu de hauteur des eaui à cette saison et les dégâts soufferts par les voies ferrées ne lui permirent pas de cheminer bien lestement. En attendant (|U'il pûl'arrWer, il fallul prendre d'autres mesures pour parer à la nouvelle invasion qui menaçait le Maryland et la Hensylvanie. Le général Grant décida que le 6« corps d'armée, général Wright, partirait de Petersburg pour Washington; il fut joint encore à ce corps le 19* corps, général Emory, qui venait d'arriver dans la baie de Hampton du département du Golfe.

Avec les réjîimeiits de grosse arlillprie, les vétérans et quelques milices maryiandaises formant les garnisons de Washinp^on sous le général Augur, de Baltimore sous te général Wallace, de Pensylvanie sous le général Gouch, plus une trentaine de mille hommes de cent jours demandés, le 5 juillet, par le président aux états de Pensyl"

tanie, New-York ét Uumhmm, ce «erail soffisaot pottf tenir tAle à Early, même s'il devait être plos tard renforcé par des effeetiii» considérables. Onnt pensait avec

raison que tant qu'il maintiendrail le gius du ses forces devant les positions de Richniomi et de Pelersbursr, Lee n'oserait entreprendre que des pointes sans importance SQr le Potomac et au-delà. Si les confédérés faisaient mine de trop dégarnir Riebmond, lai, Grant, en profiterail ponr enlever la place. Il ne s'effraya donc pas trop des mouvements d'Early, après y avoir paré par les mesures sus-iodiquécs.

Le dimanche 3 juillet, Sigel, comme il était en train d'évacuer ses magasins, fut attaqué à Leeto\vn par des forces très supérieures, et forcé de se replier sur Uarpers- Fenry et snr les Maryland-Ueights» ce qu'il fit en bonne contenance. Toute la contrée an sud du Potomac se trouva aux mains d'Early dès le 4 an soir. Cette nnit-là un de ses corps de Lniérillas, sous Mosby, traversa le fleuve vers Pomt-ol-Rocks, s'empara de cette place, détruisit des magasins, une portion du chemin de fer et du canal. Le 5 juillet Hagerstown en Maryland fut occupée et pillée. Les confédérés y levèrent en outre une contribution de mille dollars payés sur-le-cbamp. Les fédéraux qui occupaient Hagerstown se replièrent sur Greencastle, puis sur Chambersburg.

Le (i Early marcha dans la direction de !'*st, sur Washington par Frederick. Le vendredi malin, 8 juillet, la ville de Frederick fut occupée et traitée comme Hagerstown. Le général Wallace, qui s'y était avancé de Baltimore, l'avait évacuée le matin même, pour prendre position derrière le Monocacy. Là il venait de recevoir le renfort de la division Hickett du (ï corps arrivée par Balti more.

Dm la matinée du 9 la bataille s'engagea; les troupes

de Wallacc, la plupart de recrues ou de bandes iodisciplioées, sauf la division Rickett» furent complétoneat ballues. Pressée» de front el sur lear droite, elles m nipliAreat en désordre sur la roate de Batliniore, Ti? meot

poursuivies par Early jusque vers Ellieotts^Mill.

K la nouvelle de cet échec les villes de Washington et de Baltimore forent tris agitées. On y sonna le tocsin ; tous ies hommes validas coiinnvnt anx armes; on (nvanisa de nouveaux bataillons; ou barricada ei arma ies débouchés des principales rues.

Gela n'empêcba pas Early de baUre à plaisir la campagne pendant toute la journée qui suivit la bataille, dimancbe 10 juillet Un détachement de cavalerie lit une rassia à Darnestown, à une vingtaine de milles de Was> hington, pnis le lendemaiii a ftockvillc. D'autres en firent autant à Westmmster et à Reistertown sur le chemin de Baltimore. De là s'avançant plus au nord, ces derniers pillèrent aussi Cockejnville et Texas; détruisirent, à Ashland, le pont, le chemin de fer, le lélégnapbe. Le lundi 11, le chemin de fer Nord-Gentral fut détruit el brAlé sur an long parcours; le trajet dut y être suspendu. Les ca< valiers confédérés passèrent ensuite au chemin Philadelphie-Ballimore-Wiimington, qu'ils traitèrent de même. La station de Magnolia euit .lulres, k 17 milles au sud de Uàvre-de-Gràce, fut capturée avec plusieurs trains, et le tout fut brûlé. Dans l'un de ces trains fût lait prisonnier le général Franklin, quoique en tenue civile, qui plus tard parvint heureusement à s'échapper.

Le gros des confédérés se rapprocha, le 11, de Washington. La maison du gouverneur Bradford, à cinq mil les de la ville, sur la route de Charles-City, fut brûlée par leurs coureurs. Le soir ils campèrent à 7 à 8 milles de la ville, un peu à Touest du prolongement de hi 1* me.

Dans la nuit du 11 au 13 Early rassembla ses généruix

en conseil de guerre, et décida avec eu:^ de tenter Tassaut des OQvrages le leodemain. Il les croyait faiblement ocoopée; niais» uo peu plus lard, il apprit qne deax eorps de l'année de Grant de?aient y être entrée et que d'avtres

s'y acheminaient encore. Il changea son plan d'assaut en celui (le recun naissances préalables contre les forts de l'est sur la route de Georgetown, et contre ceux du nord à l'ouest de rhdpital des Invalides.

Ces reconnaissapees, fort g6nées d'ailleors par la vigie du clocher de I*h6pital, dominant un immense et magnifique horizon, rapportèrent que l'ennemi était partout snr ses gardes et en forces. Une escanaonclie qui eut lieu devant le fort Stevens ou fort Massacliusspfs, situé à 5 k 6 milles au nord do Patent-Office, entre les forts Slocum et PensjlTanîe* prouva la vérité des rapports des patroaille&

A ce moment-là en effet Washington était complètement à l'abri d'un coup de nuiin, et aurait bravé des forces triples de celles d'Early. Le 6^ corps était arrivé en entier: le td" sous Emory on partie» ainsi que le 8* placé sous le général Gillmore. fin outre les vétérans-réserves» beau et bon régiment dinvatîdes convalescents on rétablis, le» régiments de grosse artillerie, les employés des diverses administrations et les marins du Navy-Vard embataillonnés, donnaient, avec les nouvelles levées, uo chiffre d'une vingtaine de mille hommes.

A Ëarly il ne restait au contraire de disponible qu'une dizaine de mille bommes avec 40 pièces de campagne. Sa situation n'était donc rien moins que riante. Il avait devant loi nn camp retranché tenu par nne quarantainé de mille hommes; sur ses derrières les défilés des Montafrnes-du-Sud et un large fleuve, où il n'avnii pu laisser que de faibles postes, et qui allaient être menacés de la Peosylvwie par Goneh, avec 10 à 45 mille hommes, et de

î*oaest et du Haut-Polomac par Hunter avec 20 mille hommes. Ce dernier arrivait à tire d'aile, et ses avaotgardes commeiiçaieDl à rallier 1m iroopw du HauV-Potomac*

Early, ayant oonseienee platOt qm eonnaiMaiioe exacte

de cet état de choses et estimant avoir suffisamment rempli sa mission, décida de se replier. Il en dunua l'ordre dès le 12 à ses divers. delactiLmentb, leur enjoi- }(nant d'évacuer immédiatement leur hutio de l'autre côté do Polomac.

Dans cette même jouroée da 12, le général Augor af ait résolu de prendre PolfensiTe pour dégager les environs

de la capitale, et, dès le soir, il lança en avant dans ee but une brigade tl uifanteric par la septième rue. Les vétérans-réserves qui marchaient en lête, derrière un détachement de cavalerie, attaquèrent vigoureusement les piquets confédérés, vers Silver-Spring, non loin du fort SIevens, et les refoulèrent en leur infligeant une perte de deux à trois cents hommes* Les fédéraux en perdirent de leur côté 380.

Le lendemain 43 Early avait disparu. Il avait eu des nouvelles de plus en plus menaçantes de ses derrières, et il avait accéléré sa retraite sur Edwards-Ferry.

Par ordre lélégraphique du général Grant, le général Wright avait été chargé la veille de prendre le commandement de toutes les forces disponibles en dehors des lignes retranchées^ d'entrer en campagne contre Early» et de le pousser sans relâche. Dès le 13 après midi le général Wbrîgt, disant honneur h cette mîs^on, commença la poursuite. Il suivit pendaul plusieurs jours les traces d'Early en loi enlevant de nombreux traînarde. Le t8 enfin il entama plus vivement son arrière-garde au-delà du Potomac à Snickers Ferry sur la Shenandoah. D'autre pari» le lendemain et le 30 juillet, la cavalerie du général

Averill livra à une autre arrière-garde une chaude action devant Winchester, dans iaqaelle il captura aux confédérés â90 hommes et quatre caDons.

Le gros d'Early continiia sa retraite sur Slaunton et Lyucbburg pour rejoindre Lee et en emmenant un immense botin de chevaux, mulets, bétail gros et petit, chars, effets jijiiitaires, approvisionnements divers, plus quelques centaines de mille dullars pn^levés sur h > villes occui>ées.

La ville de Wasliiiiglou, qui ci(»\ail avoir écliappc à un grand danger, reprît ses sens et sou aspect habituel. Il faut dire, à la louange du gouvernement, qu'il n'avait pas montré en cette circonstance les terreurs auxquelles les invasions précédentes l'avaient mis en proie, et que ses mesures témoignèrent que lui aussi devenait vétéran et se familiarisait avec Todeur de la poudre. Il pouvait toutefois faire encore quelque piogiès à cet égard.

Opérations offMUilves des fédéraux dans la Shenandoah sous le général Sheridan.— Nouveaux assauts de Petersburg (août, septembre et octobre t864). — Description des lignes belligérantes devant Richmond et Patarsburg à la fin da l'été 1864.

En apprenant la relraito d'Early vers le haut de la Shenandoah, le général Graot apprenait anssî qall allait avoir de nouTelles forces sur les bras devant Richmond,

et que les affaires qui y avaient un peu chômé pendant

les dernières semaines allaient y reprondi u plus d'activité. En conséquence, il se hâta de donner l'ordre au général Hâlleck d Washington de lui renvoyer le et le i9« corps et de faire tenir Ifi front de îa capitale et la Shenandoah par l a i niée de Hunter» qui resleraii pour le moment en défensive.

Le gouvernement ne partagea pas cette manière de voir et fit excepter le I9« corps de la mobilisation sur le James. En revanche, le 6* corps se mit aussitôt en route pour . son ancienne destination. Il était occupé de son embarquement à Washington quand on apprit, le ^4 juillet, que Pennemi redescendait la Siienaudoab. Le 6« corps fut renvoyé à Harpers-Ferry.

Malgré cela les confédérés continuèrent leur offensive. Un corps de leur cavalerie franchit le Potomac vers Wiliiamsport le 28 et se dirigea sur la Pensylvanie. La ville

-Sade GItambersburg fat de nouveau occupée le 20, ran- CODoée^pais brûlée. La cavaierie fédérale du général Kelly n'y arriva que pour en voir déloger l*arrière-garde ennemie. Redoublant de vigaeur, elle les talonna et les repoussa sur Gumberland, où elle les défit et les força de s'échapper en désordre par les montagnes de la Virginie occidentale. Le gros des confédérés resta concentré aux environs de Winchester; les fédéraux sons Hanter l'étaient derrière le Monocacy. De forts avant^postes des ans et des antres se trouvaient sur les deux rives dn Potomac.

Ce raid et quelques autres de Mosby sur le Bas-Potomao, qui cuufit'n nf ;î plusieurs reprises les fils téléjrrapliiques entre Wasliinglon et City-Pninl, eurent le prodigieux, succès d'entraver la mobilisation de deux à trois corps d'armée, de prolonger le chômage des opérations au point décisif sur le James et d'amener ane réorganisation générale des forces et des états-majors.

Le lieatenant'général Grant avait eu la singulière prétention, fondée dn reste sar son droit hiérarchique, de diriger de City-Point les opérations de Washington et des environs. Tant qu'il avait eu le télégraplie .i sa sûre disposition les choses n'en avaient pas plus marché; les ordres n'avaient rien pn perdre en étant interprétés par des officiers tels queHalleck,Âagur, Wright, Hunter» pouvant juger par eux mêmes de ce qui se passait Mais le télégraphe ayant cessé de jouer, les communications entre Washington et le grand quartier-général devinrent plus lentes et plus compliquées. Il fallut jusqu'à éio iicuies pour des échanges d*' di pêciies qui, le jour auparavant, étaient l'affaire de 5 minutes. On se figure iaciiement le désordre que de tels accidents, minimes en apparence, peuvent Jeter dans une combinaison en cours et dans les services les plus importants. Le général Grant voulut néanmoins continuer à exercer en fait son commandement suprême à Washiaglou, d où ii résulta un croisement

d*ordrM at àe rapporta» de contr'ordres et de rapports sappiémentaires^ souvent en contradietion les uns avec les autres oo n'étant plus d'aucune valeur au moment de leur réception. Dans ces conditions, l'embarras des subordonnés et des supérieurs (levinl si grand (luo la direction de l'armée devint nulle en réalité et que la confusion rej^na seule et sans partage.

Daoâ son rapport ofiiciel le général Grant confesse très franchement le mal, sans dire» il est vrai, qu'il en était lui-même la première cause, et il eut l'idée d'y parer en créant un nouveau et grand commandement, qui, sous le nom de dwinonmiiUaire du emtire, compreu^ drait les départements de Washington, avec le baat et moyen Potomac et le front du nord de ta Virginie, celui de la Virginie occidentale et celui de la Susquelianna. Sheridan parut à Grant l'officier le plus qualifié pour un tel poste, et dans ces vues il le fit partir le 2 août de City-Point pour aller prendre en personne les ordres du général Halleck, à Washington.

La combinaison du général Grant était fort bien entendue. Du moment qu'il voulait être lui-même en campagne avec l'une de ses armées, il avait besoin d'avoir sur chaque zone susceptible de devenir un théâtre décisif de lutte, un officier de confiance et apte à commander en chef une armée principale d'après des instructions générales, il lui était indispensable d'avoir sur le front de la capitale un autre bras droit, semblable à celui qu'il avait trouvé on Shennan pour les opérations de l'ouest. Un cliel d etat-major, avec trois ou quatre .subordonnés, ne lui semblait pas suffisant, le service de ce chef d'étatmajor, même dans les habiles mains de Uaileck, étant d'ailleurs accablant par son poids et par son étendue. Malgré ses avantages^ le projet du général GranI rencontra quelques obstacles à Washington, qui tenaient surtout k la persûiinaiilé du iulur élu. Le geiieial Siieiidan, âgé

seulement de 35 ans, était un des plus jeunes majorsgénéraux (le l'armée, et si ie général Granl, qui avait pu |e suivre de près dans l'ouest et dans l'est, savait à quoi s'en tenir sur ses brillants mérites^ si le nom de Sheridan, depais ses derniers raids, commençait k être à la mode, sa rôpotation n'était pourtant pas. encore fondée ans yeux de tons de manière à lui faire donner un commandemeiil en clicfa.a dclnmeiit d'officiers plus anciens que lui et ayant rendu d'éclatants mais moins récents services.

Pour avancer les choses à cet égard, autant que pour se renseigner exactement de la vraie situation des forces belligérantes en présence sur le Potomac^ Grant partit aussi pour Washington. Il y arriva le K août au soir, et

dans la iiuiL même il se rendit au quartier-général de Hunlor, à Monocacy-Bridge. Là il se fit rendre compte des eiïeclifs et des dislocaiions, et délibéra longuement avec le général Hunter de la situation militaire, ainsi que des opérations à entreprendre à nouveau. Dans le cou* rani de la conversation et à l'occasion d'une divergence de points de vue, le général Grant ajaM laissé entrevoir, avec une grande courtoisie du reste, qu'une réorganisation des étals-majors de l ai mee de la Slienandoah ne lui déplairait pas trop, le géueral Hunier, non moins comtois, s*empressa d'exprimer le désir d'être relevé de son commandement. Un télégramme lut aussitôt expédié à Washington pour en faire venir le général Sberidan, qui

tenait tout prêt en réserve, et celui-ci y arriva le 6 au matin. Le général Grant lui expliqua ses plans» lui donna ses insbructions, après quoi il repartit pour Washington et pour Gity-Point. Le 7 août la division militaire du centre fut officiellement constitutée et annoncée par décret du gouvernciiient.

Cette petite opération du général Grant, dont la réussite indiquait une notable amélioration sur les temps de tiraillements de mi et 1802, avait toute la valeur d'une

heureuse campagne. Restait au général Sheridan le soin d'en niuUrc les fruits en évidence el de justifier la haute contiance dont il veaait d'être revêtu.

A cela 800 zèle et sod actiTitô oe firent pas défaut. Dès le 8 août tout était eD moa? ement dans ses états*iiu]ori pour la réorganisation de sa nooTelle année.

il ne s agissait pas, pour le moment, de prendre immédialenicnt l'offensive. Les instructions du général Grant portaient an contraire de rester en défensive ou plutôt en vigilante observation, concentré vers Harpers-Ferry* de ne pas perdre Tennemi de vue, s'il marchait an nord» après afoir franchi le Potomao, de le snîTre et de l*attaqQer partent où on le poorralt» s'il se retirait an snd; de l'y suivre aussi longtemps que ce ne serait pas trop périlleux. En s'avançant dans la vallée de Shenandoah, ce qui aurait lieu tôt ou lard, l'armée vivrait du pays; non-seulement elle en tirerait tout ce qui lui serait nécessaire en fait d'approvisionnements, mais elle y détruirait tout le reste, afin que renneuii n'eiU plus rien à gagner d'y revenir fourrager. On respecterait les habitations, mais les habitants seraient informés qu'aussi longtemps qu'une armée pourrait subsister parmi eux, dee raids y étaient possibles» et qu'on était décidé à empêcher ces raids it tout prix.

Le général Sheridan, en attendaul du renfort annoncé, et entr'autres celui de ses divisions de cavalerie Torbert et Wilson, qu'on devait lui envoyer de l'armée du Potomac, se borna à rénnir et à former ses forces aux environs deBerrysville, en fiiisant battre soigneusement la campagne pours'éelairer sur les mouvements de l'armée confédérée.

Celle-ci s'était resserrée sur la rive occidentale de l'Opequan-Creek , couvrant Winchester et lançant des cou reurs de droite et de gauche. Un mouvement en masse de l'une ou de l'autre des deux années aurait imman-

qoablemen amené mie bataille décisive, qoe personne ne paraissait pressé de livrer.

Le général Grant s'était réservé de donner lui-même Tordre du monvemcut en avant, si les circonstances ne l'imposaient pas elles-mêmes, et il hésitait à risquer une action qui pouvait avoir pour résultai d'exposer de nottveau le Maryland et la Pensylvanie à l'invasion. Cependant, au commencement de septembre, la possession par les confédérés du chemin de fer Baltimore-Obio et du canal devint si gênante pour Washington, en même temps que si blessante ponr Tamour-propre de tout le nord» qae le gouvernement insista pour que l'Offensive sur ce point fût reprise. Grant, n'en voulant pas prendre la responsaliiiité, ni en donner l'ordre sans avoir pu juprer en personne de l'état des choses et conférer avec Sheridan, partit de City-Point le 15 septembre pour se rendre au quartier-général de son lieutenant, à Gharleston» en Virginie. Là Sheridan loi fit un exposé si net et si juste de la situation de chaque armée, et de ce quil pourrait entreprendre contre l'armée ennemie, que Grant n'eut qu'à lui dire : < Fartez. »

Le départ eut lieu dès le i 8 au soir, et, le 19 au matin, Sheridan attaqua la position d'Early, sur l'Opequan. Une chaude bataille s'ouvrit, qui dura jusqu'à 5 heures â^résmidi. Toute la position resta aux mains de Sheridan, avec prisonniers et quatre canons. Early, replié sur une autre forte position à quelques milles en arrière, à Fis* hers^Hill, entre les deux branches de la Shenandoah, (ùt de nouTeau attaqué le lendemain et délogé avec de fortes pertes. Sheridan le poursuivit &uis irt ve ni repos à travers Harrisonliuru et Staunton, jusqu aux colsdesMontagnes-Bleues, apiès quoi il fourragea complètement le haut de la vallée et redescendit prendre position à Stras* borg et sur la rive septentrionale du Gedar-Greek.

Le général Early n'avait toutefois pas abandonné la

— bipartie. Après avoir rallié des retiforb de l'armée de Lee* il descendit de Dooveaa la Sbenandoab aoeonmeiioemeiit d'octobre, et «t cavalerie s'engagea» le % octobre» avec celle de Sheridan devant Strasbnrg. Sa déflute Ait comploie. Il ilul se replier en laissant aux mains des fédéraux onze canons et 330 prisonniers. Ne se tenant pas pourbâltu, Karly résolut de tourner la position de Sheridan , trop forte pour être attaquée de froot. Â cet eifet» dans la nuit du 18, il francbit les montagnes de Fisbers- Hill, puis la brancbe septentrionale de la rivière de Sbenandoab, et le 19, de grand matin, sous le couvert de l'obscurité et du brouillard, il surprit le flanc i^uuche et les revers des fédéraux, deux-ci, commandés inlérimai-

rcmenl par le j^énéral X , en l'abbeuce mumen-

tanéede Sheridan, alors à Winchester, se replièrent en grand désordre, et sous un feu meurtrier, qui leur infligea de rudes pertes. Ce ne fut qu'entre Hiddletown et Newiown qa*on put finalement les rallier. Là, le général Sberidan, accouru de Wincbester, les rencontra, les reforma en ligne de bataille, repoussa l'ennemi qui effectuait une poursuite désordonnée, et prit à son tour l'offensive. Les troupes d'Early furent alors maltraitées autant que les unionistes l'avaient été le malio; elles perdirent non seulement les pièces qu'elles avaient capt irées au début, mais presque toute leur propre artillerie et d'immenses trains. Le reste se replia pendant la nuit sur Staunton et Lyncbburg, poursuivi de près par Sberidan jusqu'à Mounl-Jackson.

Cette belle campagne de Sheridan, uù le Jeune général avait montré autant de facultés de combinaison que de promptitude et de talent d'ejLécution, justifia baatement la faveur dont il avait été l'objet et mit fin mil velléîlés des confédérés d'opérer en forces dans la vallée de la Sbenandoab. Laissant désormais cette zone aux coureurs

et aux guérillas seulement, Lee rappela à lui m débris dès la fin d'octobre.

De SOD c6lé« Grant déeîda on DOQ?el et ptas actif emploi des forces de Sheridan. Il rappela le 6* corps à City-

Point, une des deux divisions de cavalerie à l'armée du Juaies, el envoya l'autre division en Géorgie pour seconder de brillantes opérations, dont nousaurOQS à parler en détail dans uo prochain chapitre.

Pendant tout le Il'ui [is de cts événements militaires sur le front de Wasl)ington et dans la Shenaudoah, les armées principales avaient maiolunu leurs positions devant Rich* mond et Petersburg, sans se livrer de guerre bieo actîTe. Le général Grant avait pu, on l'a vu, venir deux fois à Washington sans que Parmée se fût repentie de son ab« sence. On s'était occupé, sous chaque drapeau, à augmenter et à perfectionner les ouvrages; deux immenses camps retranchés se trouvaient maintenant en face de deux autres de même taille. Citv-Point et Bermuda-Hundred , avec les lignes qui les couvraient, ue ie cédaient en rien a Hichmond et k Petersburg, munis de leurs liens d'ouvrages avancés.

Pour l'intelligence des opérations qui vont suivre, nous devons k nos lecteurs quelques détails de plus sur ces

importantes positions des deux belligérants.

Riclimond est situé sur les deux rives du James, ou plutôt la ville principale se trouve sur la rive gauche, tandis que les grands faubourgs de Manchester et de Springhill sont sur la rive droite. Trois ponts, dont deux de chemins de fer, relient les deux portions de la ville. Cette grande cité était couverte d'une triple ligne d'ouvrages. La plus intérieure était une suite de redoutes fermées, (dus ou moins bastionnées, en terre, ii forts refiefs, soigneusement construites et battant les abords des pnocipaleii routes aboutissant à Aichmond. Ces voies sont au nombre de douze sur la rive gauche, et de six sur la

rive droite, saDS parler de la voie du Aeuve lui-même. Bon nombre de ces redoutes pouvaient, au moyen d'anneies, battre deux, ou trois routes, U y avait quatorze redoutes ou forts sur la ri? e gauohei el cinq sar Ut me droite. La distance moyeDne de cette ligne intérieure au centre de la ?iile était d'eoTiron deux milles. Deux foils seulement étaient à trois milles sur la rive droite; deux autres à un mille.

Les hauteurs de Ghimborazo, de Cburch-Hill, d'Union- HiU, sur le James*River, à l'entrée el en a?al de la vUle, auraient été assez naturellement indiquées pour servir de citadelle à l'ensemble de la position. Mais les ingénieurs

confédérés ne s'étaient pas donné ce souci. I\' appréciant * ces collines centrales et dominantes qu'au point de vue de rbygiène, ils y avaient humainement établi leurs hôpitaux. Au pied de Gburch-Hill, vers le fleuve, se trouvaient la fameuse prison Libby, pois la gare du Sud, d'immenses magasins et les principaux arsenaux.

La seconde ligne d'ouvrages était à une moyenne d'environ deux milles en avant ds^ la précédente, et seulement sur la rive gauche. C'était une suite de parapets irréguliers^ en crémaillères» de batteries, de palissades» d'abatis, formant une enceinte à peu près continue, et rènlorcée en quelques points d'ouTrsges fermés et résistants. Gà et là, suivant le terrani, se détachaient des rayons perpendiculaires ou brisés, servant de flanquements. Le tracé général de l'enceinte dessinait approximativement un triangle dont le fleuve formait la base, entre Armstead en amont et Randoipb en aval. Le sommet du triangle se * trouvait vers la ferme Morris, sur la grande ropte de liecanicsville. Aux passages de cette route, ainsi que des trois chemins de fer, la ligne était renfbrcée de redoutes bastionnées.

£Ue était couverte par une autre ligne plus avancée et

fort irréguUère, âuite de redoutes el d'épaulcmentâ courant des escarpemeots du mont Olivet, au nord , le long du firook-Run à l'est»- puis le loog du GhikaboiniDy vers lesod-est; pois aoeod» depoîs le New*Brulge josqae vers la route de Laurel-HUI; puis à Pouest jusqu'au James-River, en face du fort Darling. A ee dernier eoude elle dclacLaiL plusieurs ramifications formant deux lignes de défense successives contre la route remontant la rive gauche du James, et une autre ligne parallèle au fleuve, depuis Mount-Castle en aval jusqu'au point de départ de la seconde ligue, Raudoipb eu amouL

De Pautre e6i du fleuve le fort Darling et ses proches

annexes, appelés aussi lignes de Drurys-Bluff, étaient le centre de tout un système de fortifications, tendant, d'un côté à commander les eaux du James, et de l'autre à relier les ouvrages de Manchester à ceux du Bas-Àppomatox , par couséquent à relier les places de Richmond et de Pelersburg. A cet eflét, une ligue contiaue, renforcée de redoutes bastîonnées, s'étendait au nord le long du che« min de fer et des ravins du Falling-Creek, et au sud aussi le long du chemin de fer et des rivières Proctors, Ashtou, Swift et Old-Town , avec quelques ouvrages longeant les coudes saillants du James.

Quatre redoutes et des crémaillères entre le Swift et rA[ipûmatox, reliaient les lignes de Petershuro: au système du fort Darling. Les autres défenses de Petersburg * étaient situées, ainsi que la ville elle-même, eu presque totalité sur la rive droite de i'Appomatox, cours d'eau par lequel d'assez forts bâtiments arrivent jusqu'au sein de la ville. Elle n'avait d'abord été couverte que par quelques redoutes sur les fronts de l'est et du sud, battant enlr'autres le chemin de fer de City-Point et celui do Norfolk, qui viennent se rejoindre à l'entrée de la ville du.côté de l'est.

Ces redoutes avaieotété peu àpeu aagmeotôes el étaient devenaes deux fronts, comptant en tout quatorze ouvrages détachés* Le frout de Test allait do l'Appomalox à la route de Jérusalem ; le froot du sud. de cette route ai chemin de fer de Weldon. A moins d'un mille en moyenne plus enayaiiL lut coDstruile iiiic enceinte continue qui dessina trois fronts assez réguliers, lormanlavec l'Appomatox nn rectiii!L;!e d environ cinq milles de longueur de Test à l'ouest, sur trois et demi milles de largeur du nord au sud. Le front de Test était aussi compris entre le Bas- Appomatox, depuis une ferme appelée Fage*House jusqu'à la route cordnrée de Jérusalem, en couvrant une honne portion du chemin ferré de Norfolk. Le front du sud s'étendait depuis la route de Jérusalem jusqu'à la route cordurée de Boydlon, au-delii du chemin de fer de WeldoQ. Au point de la roule de Boydton, appelé Toll-Gale, la ligne se repliait vers le nord et allait se terminer par une redoute sur le chemin de fer du sud et sur les berges de i'Appomatox. Ainsi, les avenues sur Petersburg étaient battues par deux lignes d'ouvrages principaux du. côté de l'est et du sud, et par une du côté de l'ouest où il y avait moins à craindre.

Les routes principales débouchantsur Petersbarg étaient au nombre de neuf, à savoir :

La route longeant la rive droite du Bas-Appomatox, des bouches du Svrift jusqu'à la route de Gity-Potnt, d'un parcours d'environ 5 milles.

Un peu plus au sud, la route ordinaire deCity-Pointà Petersburg, d'un parcours d'environ 12 milles, et recueillant îa précédente à 3 et demi milles de Peter-sburîr.

Le chemin de fer de Gity-Point à Petersburg, d un aiille environ plus directque la roule ordinaire, coupant celle-ci à deux reprises, puis la longeant dès les maisons Page, à un mille et demi de Petersburg.

La grande route de Petersburg à Suffolk, appelée aussi

route de lâ poste on route des télégraphes» passant à Gounill, à Prince Geoif es^Gourt-House, à Dann-Hoose et venant rejoindre les de» précédentes à Page. De Gox-Mill, on prolongement de cette roote continoant à longer la rive

droite du James-River va rejoindre les voies de City -Point, à enviion ;i milles en avant de cette place. De ce prolongement se détache vers les fermes D' Eppes-Bland un rayon sur Petersburg, qui rejumt la précédente vei-s Dann-House, k environ 3 milles de l*elersl)urir. Prince- Georges-Cou rt-House est à 4 milles de Dann-ilouse» et Gox-Mill à 8 V, milles de Phnce-George^ourt-Hoase.

Le chemin de fer de Norfolk à Petersbnrg qui, dans le rayon qni nous intéresse» passe à lasiatioD de Disputanta à 13 Vi milles de Petersbnrg, à Baxter à -9 milles de Petersburg, où il coupe un cnemin transversal, menant ' ;t l'i ince-George-Court-liouse, àMac-Cann-Slation a t> milles dePetersl)urg. Cette voie entre dans la ville, après une large courbe vers l'est pour gravir les crêtes des environs de Petersburg, qui va la raccorder à celle de City-Point» à moins d'an mille des premières mes.

La roQtecorifurée de Jérusalem (Jerusalem-Plank-Road), 'presque paratiète à la précédente et entrant en ville à l 'angle sud -est, ;ni faubonrir deBltndlord-Hill.DeMc Cann- Station, un chemin vicioal lou^e à l'est le chemin de fer de Norfolk-Petersburg, puis le traverse au point où celni-ci commence sa grande courbe et va rejoindre la roQte de Jérusalem anx maisons Dann, à trois quarts de mille de la place.

Le chemin de fer de Weldon à Petersburg, courant du sud au nord en longeant la -route de Halifax et passant à Reams-Stalion k\0 milles de Petershur^', à Crop-Churchhoad t 7« milles plus au nord, k Uuin-liouse, i Rlide- Uouse, à Baglan-House, enfin à Tavern-Cross, un peu en arrière de Toll-Onte, à un mille de la place et qui entre en ville par Tangle sud-ouest. 11 rallie à Raglan-Uouse,

à près de 3 milles «le la viiin, ua clieinin venant de la direcUon du sud-ouest, ^ur un angle d'environ 45 degrés, appelé roule Yangliaii et rallianl lui-même oi grand nombre de ctattîM Tieiaaox, entre antres tmt de Squirrel- Level, de Daman, de Dabneys-nni, de Qaaker, de Ghiirch.

La nmte cordnrée de Boydton, Tenant dn snd-onest, passant à DinTiddie-Court-House, à W milles de Peter»burg, ;t Burges-Mill sur le Halcher-Huji , 10 milles plus an nord-osi, lalliant le chemin de SquirreM.eTel, puis celui de Weldon vers Tavern-Cross, traversant le chemin de fer de Weldon, pour entrer en ville un peu plus au sud. A Burges-Mill vient aboutir, de lîoaest, à 90 degrés, le chemin dn Ghéne*Blanc (White-Oak-Read'), eonrant parallèlement entre le Grafelljr-Rnn an sud et le Hateher-Knn an nord , et snr lequel se tronve la taverne de Five-Forks, carrefour de cinq chemins tendant, outre les deux directions du White-Oak, au nord vers le chemin de fer South-Side: au sud-est sur Dinviddie-Gourt-House, et au sud-ouest sur Butterwood-Cronk. Five-Forks, à 6 milles an nord-oaestdeDioviddie-Gourt-Honse, à 3 7» milles dn chemin de fer Sonth-Side, est à 7 milles de Bnrges-Milt, et à <tt de Petersburg.

Le chemin de fer de South-Side, ou de Lynchburg, courant directement à I ouest, et traversant à Burkesville le chemin de fer de Richmond Danville. Depuis Ayken-Staiion, à une douzaine de milles de Petersburg, il court à peu près parallèlement à FAppomatox, et est côtoyé et parfois traversé par la roule de la Rivière, ao nord, et par le chemin de Gox, au sud. Le chemin de fer entre en ville en longeant la rivière, tandis que les autres routes s'élèvent et aboutissent au milieu du front de Fou est.

D*o(i il ressort que deux sones étaient particnlîèrement imporlanles comme avennes snr la place» celle de Page à

DarîD, vers Veai, ei celle de Tavem-Gross à Toll-Gate, àa sud-ouest.

Sur ces deuz points, en effet, les crêtes qui entourent Petersburg, et qui dominent en favorables glacis tous les environs, oITi aient des dépressions nalurelles qui avaient été utilisées pour la construcliou des routes civiles.

Toute la contrée était en général très boisée. Les alentours immédiats de Petersburg, parsemés de riantes fermes» montraient de vastes et belles cultures faisant place à des forêts marécageuse et de plus en plus épaisses, à mesure qu'on s'éloignait vers le sud.

Les premières lignes confédérées s'allongeaient d'abord sur les collines séparant les bassins de l'Appomalox au nord et du Nottoway au Sud. Un grand nombre de petits ruisseaux ravineux, souTeni à sec en été, couraient tout autour de Petereborg. Deux traversent même' la ?ill^ et le plus orieotel la sépare du faubourg de Blandford; quatre a cinq autres, dont Page-Creek, munis de nombreux atlluents, pouvaient former des lignes de chicane du côté de l'est, et avaient naturellement été utilisés par les ingénieurs militaires.

Sur le terrain qui S'imposait aux fédéraux se trouvaient des cours d'eau plus importants et se répandant çà et là en grands et gênants marécages.

C'étaient, en partant de leur droite, le Nanley ou Bailey-Greek» venant du voisinage de Dann-House et allant se jeter dans le. James à un mille en-dessous de City- Point Ji formait à cette base un excellent front da côté du sud; en retancbe, dans la saison pluvieuse, il aidait à couvrir de mamis le terrain au nord de Prince Georges- Cou rt-House.

Le Blackwaler, sortant des environs de Raglan-House^ coulait aussi à Pest en formant des marais un peu au nord

de Me Cann-Station, puis tournant au sud avant d^attemdre Frioce Georges-Court Uouse.

Le seçoDd Swamp et le Harwick-Swamp, à peu près parallèles au précédent, et coupant à 3 et à 6 milles plus an sud la route eentrale de Jérusalem.

Plus k l'ouest le Hatcher-Run, venant des environs de Fords-SUiiion, sur le chemin de fer South-Side, coule a l'ei>l jusqu'à Buiges-Mill, but la route de Bovflton, au\ environs de laquelle il forme des étangs et des marécages, puis tourne au sud, et va traverser le chemin Doncan à ArmstroDg8-Mili,et le chemin Vaughao versKeg^-llouse, A en? Iron deux milles plus au sud» il reçoit du nord le Poplar-Spring, longeant et coupant le chemin Vaugban, et du c^tc de rouesl le Gravelly-Hun. coupant aussi le chemin Vau^han à Bioford-House, et la route de Boydtou vers Urgan-House.

A 8 et à 9 milles plus an sud-ouest et presque parallèlement an Hatcher-Run, coule le Stony-Greek, coupant la roule de Boydton à trois quarts de raille au sud de

Dinviddie-Court-House, et recevant, à un mille et demi plus haut, sur sa rive gauche» le Chauiberiain-Hed, venant de Five-Forks. . '

Le Uatcbes-Bun a une largeur moyenne d'une trentaine de mètres en tempe ordinaire, aux environs de la roule de Boydton. Dans la saison des pluies il douMe facilement de largeur en maintes places et devient très torrentueux à quelques auii * s.

Tel était le terrain sur lequel allait se continuer, jusqu'à ce qu'elle fût vidée, la lutte engagée entre les deux armées principales de Grant et de Lçe. On nous pardon* ncra par cette raison d'avoir jessayé de suppléer par qneU

ques détails, insignifiants et trop minutieux en apparence» à l'absence d'une bonne carte que nous aurions voulut pouvoir fouroir ià nos lecteurs. D'ailleurs eu coucenUraut

ki €6$ détails nous poorroos abr^ei d'aataot le récil des opéraliOQs sor ce même terraio*

Quand les fédéraux, an milieu de juin, s^étaient portés

contre Pelersburg, c'étaient les abords du front de Pesl, les hauteurs de Blanford, qu'ils avaient d'abord attaqués. C'est là que le corps de Smith avait remporté ces premiers succès qu'il n'avait pu poursuivre.

Quaud, un peu plus tard, les masses mêmes du général Grant s'aYancèrent contre la place, elles pressèrent encore le front de l'est» tout en cherchant à s'avancer par leur gauche, ce qui força les confédérés h se fortifier aux débouchés du chemin de fer de Weldou, cl a se créer tout un nouveau front de ce côté.

Arrêtés dans leur attaque, les unionistes s'étaient couverts des retranchements habituels, en les reliant quelque peu avec leurs magasins et avec la hase de Gity-Point.

Le 9 juillet ils avaient» par ordre du général Grant, entamé des travaux d'approche méthodiques, y compris le travail spécial de la grande raine sur le front du 9« corps, entrepris déjà à la fin de juin par le lieutenantcolonel Pleasants, du kS"^ Pensylvanie infanterie.

Après l'échec qui suivit l'explosion de la mine et l'assaut du 30 juillet» Grant renonça au système exclusif des travaux d'approche, trop lent et démoralisant pour une grande armée, et adopta celui d'une forte contrevallation défensive, couvrant solidement tout son fH>nt et ses réserves. 11 se ferait ainsi un camp reliaiiché, une base de manœuvre, aussi prés que possible de l'ennemi, dotée d'oTio foile artillerie et susceptible de lenir à la rigueur pendant quelques jours avec un nombre restreint de troupes. A un moment favorable il en déboucherait avec son gros pour percer ou pour tourner, suivant les circonstances, les lignes ennemies, probahlement pour les tonmer par leur droite, comme il l'avait constamment

liiit depuis le Bapidan.

tmm, 7

Dés les premiers jours d'Milt les ingénieurs et les pioDDiers fureot mis à l'œuvre, et ils ne tardèrent pas à montrer de nouveau de quoi était capable ce corps si distingué de Parmée des Etals-Unis, alors sous la haute

direction du savant général de Lafield, le chel bien connu de la niis>inti américaine en Europe lurs de la guerre de ' Crimée, et le constructeur des remarquables torts de New-York*

A la disette d'officiers spéciaux de l'arme do génie, il put assez facilement être suppléé par des ingénieurs

civils, entrepreneurs, constructeurs en divers genres, tirés des régiments de volontaires. D'anciens officiers étrangers, plusieurs Prussiens entr'autres servant dans les volontaires, parmi lesquels l'habile major Munther, furent aussi utilisés dans la circonstance et rendirent de bons services. Le générât Bentiam» à Gtty-Point, le général Michie sur le James, tes colonels Mîchler et Dnane sur le front de Pciei-sburg, tous réunis ensuite sous les ordres supérieurs du général Barnard, se répartirent la besogne et Tavancèrent U qui mieux mieux.

Au moment où le cours de notre récit nous ramène de la Shenandoah sur le lames et sur PAppomatox, leurs progrès étaient déjà fort marquants.

Une ligne d'épaulciaonts et de batteries, primitivement établie le long du Ras-Appomatox et abouliss^iiU vers Page, fut renforcée et appuyée à un solide ouvrage appelé fort Sedgwick.

Une autre ligne, déjà tracée en rifle-pits à la fin de juin, courut de Page vers le sud à travers le cbemin de fer de Norfolk jusqu'à la route de Jcnisalera. De là elle longea à peu près cette route en se repliant en arrière, puis la traversa vers Wiliiams-House. Les principales batteries, plus ou moins fermées, prirent les noms de forts Bice, Mickie, Norton, Uaskell, Steadmao, Mac Giivery,

déaomiiiAlioitt empmntéefl à des noms d^offlddrs, at qui, nalbeoreusement pour la eUrlé des opérations, furent

souveoi cticLugées par Tusage en d*autres noms d'ofiicicrs ou en noms de localités.

bans le courant de juiliel, après le départ du ij" corps, une ligne plus resserrée avait été prise sur le front, il afait folio abandonner les letrandiements de fteam- Station, et l'on avait dû penser, poor assarer la défensî? e, à convrir aussi la retraite dans la direction de Suffolk. A cet effet, une ligne avait été tracée allant de la route de Jérusalem à l'est jusqu'au marais du Black water, h travers le chemin de fer de Norfolk. Celle ligne fut conservée et renforcée. Une redoute fut construite entre le marais et cette voie, et une autre entre ceUen» et la route de Jérusalem.

Ces travaux étaient menés en même ttmps que les mouvements aetifli des troupes, auxquels ils se liaient intimement, te progrès des uns amenant promplement le progrès des autres.

Le 13 août, le général Grant avait repris pai tieliement Toffensive. 11 avait lancé Butler, renforcé du corps et de la division Oregg» sur Richmond, afin de faire une nouvelle reconnaissance des forces de la place et prévenir l'envoi de renforts an corps d'fiarly* Le bruit avait couru que trois divisions de Lee avaient été d^achées dans la Sbenandoab, ce qui eût permis, si le faû se confirmait, de tenter quelque chose de décisif contre la place.

Butler remplit sa mission avec vigueur, enleva une portion des lignes ennemies, y compris quelques centaines d'hommes et six canons. Il put s'assurer aussi que des trois divisions censées détachées eontre Washington, un seule, celle du général Kersbsw, l'avait été réellement.

Cette attaque ayant encore eu un bpn effèt coone diversion, par rapport au front de Petersburg, Grant jugea opportun de la faire suivre d'une entreprise sur Pail^

opposée, pour prendre possession du chemio de fer de Weldon. Le 17 août le général Warren reçut» dans ce bat» Tordre de se mobiliser dans la nuit Le 18 aa malin, le 5* corps s'empara» après de rodes combats» de ce cbemln de fer, s'y retrancba et repoussa les efforts ré-* pétés des confédérés pour le reprendre. Le corps avec la division Gregg, rappelé, lo 20, de l'extrême droite à l'extrême gauche, occupa aussi les abords de ce chemin de fer, on arrière de Warren. Il était occupé à détruire les râiis aux environs de Ueam-Station, le iîi août, lorsqu'il fut brusquement attaqué par les corps confédérés de Hampton el de Hill» venant de Dinvidie-Gourt-House, et mis en déroute avec une perte de cinq canons.

Néanmoins Warren tenait les positions de la même ▼oie plus en avant, et le 26 août l'ordre fût donné d'élever iiinuiidialement un système de forts ouvrages le long et aux environs de la voie ferrée pour la protection de Taile gauche de l'armée, et de le relier par une suite de redoutes au système du fort Sedgwick.

Les forts Dushaoe, Wadsworth sur le chemin de fer, Howard, Aleai. Uays, sur les emplacements dits Burnt- Gbtmney et Strong-House, furent aussitôt entrepris et presque terminés en une dizaine de jours* Des parapets d'infanterie et des batteries intermédiaires les rejoignirent aux ouvrages de la route de Jérusalem. Une autre ligne fut tracée, dans les premiers jours de septembre, pour couvrir la gaiicf^e et les revors de rarmée, à partir du fort Dushane, courant en arrière le long et à l'ouest du chemin de fer, puis se repliant à Test pour aller appuyer sa gauche au marais do Blackwater près du fort Bross. Les trois grandes routes de Halifax, de Jérusalem et de Norfolk furent ainsi fermées et battues par une suite de redoutes, commencées vers le milieu de septembre, et qui plus tard s'appelèrent torts Kelly; Blaisdell, Davison, Mc^ Hahon, Stevenson, La chaîne des ouvrages allait ainsi h ce

moment depuis TAppomatox, par le sud de Belersbuiv, jusqu'au chemin de fer do Weldon, couvrait une porlioû de celui-ci, et revenait en arrière jusqu'au Jamej^-River. Appuyant ses deux extrémités aux deux fleuves, elle encerclait toute l'année du Potomac sur uu développemeut de ?mgt*eiiiq milies.

Ed mèiiie tempe un rayon de eiiemin de fer fut établi entre tes deni lignes d'onmges pour le service spécial de Tannée, se détachant du chemin de Gity-Point à Banks-House, coupant celui de Norfolk près d*Havery- House, et atteignant celui de Wcidon vers Yellow-Tavern, sous les forts Wadsworth et Dushaoe. Le 2G septembre, grâce à un actif corps spécial de constructeurs civils attaché à l'état-major du quartier-maître de Tarmée, le chemin de fer put être terminé et ouvert; il rendit d'éminenls services. Une station fut établie derrière chaque quartiergénéral de corps d'année, et elles prirent ordinairement le nom du corps. La longueur du chemin de fer militaire était de f 8 % milles, parcourus ordinairement en deux heures.

A ces giganles(iues travaux les confédérés n'avaient i>as opposé moins d'activité. Chacune des redoutes et des lignes que les fédéraux élevaient sur leur gauche en vit bientôt une autre devant son front. C'était à qui remuerait le plus vite la terre, et les confédérés, sentant d'ailleurs que leur droite était plus spécialement menacée par le système favori d'attaque de leur adversaire» poussèrent aussitôt leur ligne de ce cèté jusqu'à la routé de Boydson, et au*delà. De foris ouvrages furent élevés sur le Hatcher- Run, aui environs de Bnrges-Mill.

Jugeant à cela que l'ennemi pourrait bien s'être négligé sur sa çfauche, le général Grant décida d'y faire une nouvelle teniaiive.

L'armée du James fut de nouveau chargée de s'avancer sur aichmond dans la nuit du 38 septembre. Le 29 au

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matin les doux corps, maintenant commandés, le ^O" par Birney à la place de Gillmore, et le 18* pur Urd, remplaçant Smith, s avancèrent par la rive gauche du James; ils onlevArent les ouvrages de Fort-Harrisoii , en dessous do la ferme Chapin, et les relrancliemenis de la route de New-Biarkei, y captarant quioze pièces d'artillerie. Après cela, pensant pou? oir enlerer de même les fertificaliODS de Ghapin et de Laarel-HUi , et partieiilièmMol le fort Gillmore, ils les assaillirent très braTenent, mais ils hi> rent repoossés avec de graves perles. La cavalerie de Kauiz, suivie par une biigade d'iofanterie, chercha à tourner les ouvrages [tar la droite; elle ne put triomj liar que de quelques rifle-pits» et dut s'arrêter devant les pa« rapets.

Tootefois la première position gagnée était avantagense, elle menaçait réellement Richmood, et le général Grant résolut de la tenir solidement, quoiqu'elle étendtt eneore davantage le front déjà démesnré de l'armée fédérale. Le

général Butler y lit coiislruire des épaulemenK derrière lesiiuels ses troupes repoussèrent plusieurs assauts de Tennemi.

En même temps, le général Grant ordonna au général Meade de tâter la droite des confédérés et de Tattaquer résolument» si elle avaitété affaiblie au profit des positions du James» Le 30 septembre, les reconnaissances de Heade «débouchèrent des ouvrages du chemin de fer de Weldon vers rouest et^emparèrent des retranchements de Poplar- Spring-Chorch. Quand elles voulurent aller plus loin, elles renconlicieiil 1 ennemi un forces et furent obligées de rétrograder, sous le couvert de la cavalerie Gregg qui fit des charges meurtrières sur les confédérés.

Le génie, aussitôt appelé à Poplar-Ghurch, y reconnut et traça de nouvelles lignes, sous les ordres du colonel Michler. GeltesHii consistèrent en un nouveau rectangle appliqué aux lignes se terminant sur le chemin de fer de

Weidon et courant droit à l'uuôdl. Ûaze ouvrages fermés et plosieufs batteries en foruièFeot le corps; les premiers» baptisés des ooms de braves officiers récemment tués, s*appelàreDlfortsR66iie,Uniistoii«Gawake^,Flsher,Welch, Gregg, Gommings^ SampsoD, Emory, Leibert, Clark. Gela allongeait la ligne de 7 milles et portait le nombre total des ouviagcs 'd 44 forts, y compris 8 à Gity-PoiiU, et 5') batterins, sans parler des parapets d'infanterie» des casemates, des magasins.

Les 7 milles de nouvelle chaîne, dont les 11 forts susmentionnés furent tracés les !2 et 3 octobre» et le 8 octobre déjà ils étaient terminés. L'activité de leurs constructeurs, fournis essentiellement par le brave 50* du génie de New-York, sous le lieutenant*colonel Spauiding, n'aurait certes pu être plus grande.

En même temps, it? gênerai Benham avait couvert City- Point d'une liiîne continue de solides parapets, tendant de Bailey-Creek au sud jusqu'à t'^ppomatox au nord, sur un parcours d'environ 3 milles. La ligne était renforcée de huit redoutes» dont une grande» le fort Maria, battant les abords du chemin de fer. Toute l'armée à la rigueur aurai i [)u aisément se réfugier dans l'immense espace entouré par les lignes do général Benham et y avoir un solide abri. Le fort Maria se reliait par cinq antres, dont trots seulement furent achevés» à la chaîne du front de l'armée.

Les batteries furent armées de calibres divers, pour la plupart de Parrott, de M et de 30 livres. Quelques 100»

200 et 300 livres furent aussi mis en position sur le front, pour battre les ouvragesde Petersbu rg et bombarder fa ville, et sur le James. En automne i86'i, environ "200 bouches à feu étaient en batterie, sans couii)ter les pièces de campagne. Une cinquantaine d'autres couvraient les positions du James.

Un ordre général du SI septembre prescrivit que Tar-

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mement et les garnisons aifeclés aui divers forts doTaient être considérés comme permanents et ne poufaient par conséquent être mobilisés qne sar an ordre spécial. Chaque semaine les commandants de forts» ainsi qae les officiers du génie et de rartillerie avaient à présenter un rapport sur l'état des fortifications, des travaux, de Tarinement, des munitions, des effectifs.

Le rapport hebdomadaire du génie du Si octobre in* forma le général en chef que toute la ligne était établie, qu'elle se trouvait en bonnes conditions de résistance, qu'il ne restait plus qu'à la perfectionner de défenses accessoires, telles que fraises, palissades, réseaux de lil de fer, etc., à tendre entre les abatis, ce à quoi l'on travaillerait chaque nuit.

A part ces travaux et les engagements que nous avons mentionnés» le temps se passait encore en canonnades plus ou moins régulières sur tout ou partie du fh>nt^ fournissant matière, par les éclats d'obus, à des études très variées de concologie, disaient lus soldais, ou bien en mutuels raids contre les communications. Un de ces raids opéré par les cavaliers confédérés de Hampton, le id septembre, fut aussi hardi que profitable. Us tournèrent sans bruit toute la gauche des fédéraux pour aller capturer, sur leur extrême droite et sur leurs derrières, à Sycamore-Gtaurch, un troupeau d'environ trois mille bœufs concentrés là pour les besoins de l'armée do Potomac. Ils parvinrent à amener presque en entier ce précieux butin dans leurs lignes, où il fut reçu avec de grandes ovn lions.

L'événement fut célébré de toute fagon pendant plusieurs jours et les piquets confédérés eU narguaient plaisamment leurs adversaires par de bruyantes imitations de beuglements et par les cris mille fois répétés de « beefsteck • et « rosbeef. » En réplique les fédéraux

leur criaient « Atlanta », allusion a de brillants exploits de l*armée dâ Sbermao doot nous parleroos tout à rtieore.

La général Graiil ii*aYail atlendii que le rnooient où l'armée seiaît inslailée dans des lignes solidee d'oovra* gea et de parapets» pour r'ouvrir la campagne active a?aDt la mauvaise saison et faire reprendre ua nouveau mouvement par sa gauche. Dans celte prévision il avait ordonné des divei^ions préalables sur la droite et cellesci procurèriMiî des escarinuaches pendant tout le mois d'octobre sur le front de Richmond. Il y eut parfois plus que des escarmouches» La cavalerie du général Kautz livra le 7 octobre, aux environs de sa position avancée, un combat qui finit par lui être très fatal. Dans sa retraite, elle perdit toute son artillerie, huit à neuf pièces. L'ennemi ayant ensuite voulu attaquer les retranchements de rinfanterie, il liit à son tour relbulé avec grandes pertes. Quelques jours après le général Butler délogea les confédérés de nouveaux ouvrages qu'ils étaient en train de construire, mais en devant livrer plusieurs assauts qui furent meurtriers à ses troupes.

Le â2 octobre, au matin, ud vif duel d*arliUerie s'engagea sur le James entre les batteries fédérales de Boulwar-House et de Signal-llill et quatre canonnières confédérées, dont deui cuirassées le t Virginia > et le c Fredericksburg» qui cherchaient à descendre le fleuve. Celles-ci furent arrêtées par le tir bien ajusté d'une dizaine de Parrott, dont deux de 200 livres. L'appui de la batterie confédérée lirook lançaul de puissants wiihworth contre Signal-Hill augmenta le bruit sans aider la flottille, qui dut se retirer après quelques avaries, particulièrement au « Fredericksburg. •

Avant de commencer son mouvement* qu'il avait fixé au 26 octobre, le général Grant ordonna encore au génie Pétablissement d'un grand hôpital central à Gity-Point,

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qui fui entrepris dès le 20 octobre sur les bluffs entre le chemin de fer et le Bailey-Greek, et la coosIruclioD de deiu Douvelles redoutes sur le frout» commandant les antres ouvrages; une entre la route de Norfolk et Arery- House, l'autre près de Friends-Honse. fl fallut aussi augmenter quelques défilemenls puni injeux couvrir le chemin de fer militaire, qui en quelques points était allpinl par les gros projectiles ennemis. Tous ces préliminaires étant en bonne voie d'exécution le général Grant donna ses ordres de mouvement le 35 au soir. Toute Parmée devait s'ébranler le 26 au soir pour marcher par la gauche et en arrière vers le sud ouest, en ne laissant aux ouvrages que leurs garnisons et quelques détachements d'infanterie de chaque corps. En tête marcheraient Li cavalerie Gregg et le 2*' corps, Hancock, qui feraient un hrg^a mouvement tournant sur les revers des confédérés. Les 5« et 9« corps iraient moins au sud, et se rejoindraient au 2* sur le Hatcher-Run aux environs de Burges-MilL Après cela le 2* corps et la cavalerie pousseraient jusqu'au chemin de fer South-Side.

Le 26 après-midi, ranimation fut grande dans tous les camps. Les malade^;, les bagages, les parcs furent évacués sur City-Poinl. La cavalerie se munit de rations pour trois jours et rinfanterie pour quatre. La longue ligne des retranchements fut laissée à la garde de la division Mile du 2* corps et do la brigade Baxter du 5«, avec la plus grande partie de l'artillerie de campagne, de minime emploi dans les épaisses forêts où Tannée allait s'engager.

Le i7, à ii heures du matin, la division de cavalerie Gregg et les deux divisions Ëgan et Mott du corps, partirent de leurs bivouac^ la cavalerie droit en arrière sur Ream-Station, d'où elle ferait tète de colonne à droite, le S* corps par la route de Téglise, puis par la route Vaugban. Quelques heures plus tard les deux autres corps

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qui avaient lieaucoup moins de (rajel à parcourir s'é* branlèrent aussi.

A la pointe do jour déjà Gregg rmonlra des f edeltes de laeaYalerie de Hampton gardant les abords du Hat* eher^Ron, puis, un fort poste sar ee cours d^eau ; malgré toutes les précautions de discrétion dans les préparatifs et de silence dans la marche, le secret avait été vendu et le mouveiiienl évente. Des espions étaient parvenus à en renseigner le générai Hampton qui avait aussitôt prévenu ses collègues» et étendu sa cavalerie sur le Bas-Uatclier-

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